Laurie, 14 ans : Mon copain insiste pour avoir des relations sexuelles
14/2/2026

Laurie, 14 ans : Mon copain insiste pour avoir des relations sexuelles

Cette question arrive fréquemment dans mon cabinet de psychothérapie, posée avec une inquiétude légitime qui mérite toute notre attention. Lorsque tu te demandes si tu devrais céder aux insistances de ton copain, c'est déjà un signal important : quelque chose dans cette situation ne te semble pas juste. Et tu as raison d'écouter cette petite voix intérieure.

Table des matières

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Note importante : Cet article s'adresse aux adolescentes confrontées à cette situation. Si tu as moins de 15 ans, sache que la loi protège ta sexualité et qu'aucune relation sexuelle ne devrait avoir lieu à ton âge, quelle que soit la pression ressentie. Si tu te sens en danger ou perdue, n'hésite pas à en parler à un adulte de confiance, à appeler le 119 (Allô Enfance en Danger) ou à consulter un professionnel.

Quand l'insistance révèle un vrai problème

Commençons par une vérité essentielle : dans une relation saine et respectueuse, personne n'a besoin d'insister.

Le désir partagé émerge naturellement quand deux personnes se sentent vraiment prêtes, en sécurité, et connectées émotionnellement.

L'insistance, quelle que soit sa forme (culpabilisation, reproches, comparaisons avec d'autres couples, menaces voilées de rupture, bouderies), n'est jamais un signe de respect ou d'amour authentique. Quand ton copain insiste malgré tes réticences, il place ses propres envies au-dessus de ton confort, de tes émotions et de ton rythme personnel.

Cette pression peut créer ce qu'on appelle en psychologie une "zone grise du consentement", où tu pourrais finir par céder non par envie réelle, mais par fatigue, culpabilité ou peur des conséquences. Et cela peut laisser des traces émotionnelles douloureuses.

Ce que dit la loi : ta protection est non négociable

Avant d'aller plus loin, il est essentiel que tu connaisses tes droits. La loi française te protège, et cette protection n'est pas négociable.

L'âge légal du consentement sexuel

La loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l'inceste a considérablement renforcé ta protection. Voici ce qu'elle dit :

Si tu as moins de 15 ans :

  • Toute relation sexuelle avec un majeur (18 ans ou plus) est automatiquement considérée comme un viol (article 222-23-1 du Code pénal), même si tu penses avoir consenti
  • La loi considère qu'avant 15 ans, tu ne peux pas consentir légalement à une relation sexuelle avec un adulte
  • Peine encourue : 20 ans de réclusion criminelle pour l'adulte
  • Exception ("clause Roméo et Juliette") : si la différence d'âge entre toi et ton copain est de moins de 5 ans ET qu'il n'y a ni violence, ni contrainte, ni inceste, la situation est différente (mais l'acte reste problématique d'un point de vue du développement)

Si tu as entre 15 et 18 ans :

  • Tu peux légalement consentir à des relations sexuelles
  • MAIS le consentement doit toujours être libre, éclairé et révocable
  • Pas de relation possible avec une personne ayant autorité sur toi (professeur, entraîneur, beau-parent, etc.) : c'est un délit

Ce que la loi dit sur la pression et l'insistance

Voici un point crucial : l'insistance répétée, la manipulation émotionnelle, le chantage affectif peuvent constituer une "contrainte morale" qui annule juridiquement le consentement.

Concrètement, si ton copain te dit :
  • "Si tu m'aimais vraiment, tu accepterais"
  • "Je vais te quitter si tu refuses"
  • "Tout le monde le fait à notre âge, tu es la seule à refuser"
  • "Ça fait des semaines que j'attends, tu exagères"

...et que tu cèdes après des semaines de pression, de culpabilisation ou de menaces voilées, juridiquement ce n'est pas un vrai consentement. La contrainte morale est reconnue par la loi au même titre que la violence physique.

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Les infractions que la loi punit

Pour que tu comprennes bien l'importance de ta protection, voici ce que prévoit le Code pénal :

Viol sur mineur de moins de 15 ans (article 222-23-1) : tout acte de pénétration sexuelle commis par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans (avec au moins 5 ans d'écart d'âge)→ 20 ans de réclusion criminelle

Agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans (article 222-29-2) : toute atteinte sexuelle autre qu'un viol (attouchements, caresses intimes) commise par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans (avec au moins 5 ans d'écart d'âge)→ 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende

En cas d'inceste : ces infractions sont encore plus sévèrement punies, et l'âge protégé monte à 18 ans (articles 222-23-2 et 222-29-3)

Important : même si tu as 15 ans ou plus et que tu cèdes sous la pression, si le juge estime qu'il y a eu violence, contrainte morale, menace ou surprise, cela peut être qualifié de viol ou d'agression sexuelle.

Les statistiques montrent que 90% des agresseurs sexuels sont des proches de la victime, ce qui explique pourquoi il est si difficile de parler.

Ton droit de porter plainte

Tu as 30 ans après ta majorité (donc jusqu'à 48 ans) pour porter plainte en cas de viol commis quand tu étais mineure. Cette prescription longue reconnaît qu'il est souvent difficile de parler immédiatement, surtout quand on est jeune.

Les mauvaises raisons d'avoir des relations sexuelles

Maintenant que tu connais tes droits légaux, identifions ce qui ne devrait jamais motiver une première relation intime ou n'importe quelle relation sexuelle :

La peur des conséquences

  • Craindre qu'il se mette en colère ou te fasse la tête
  • Avoir peur qu'il te quitte ou qu'il aille voir ailleurs
  • Redouter qu'il te trouve "coincée" ou "pas normale"
  • Penser que le refuser rendrait la relation difficile

Les messages contradictoires comme 'Je t'aime mais si tu refuses je te quitte' créent une double contrainte psychologique qui génère confusion et anxiété.

Pourquoi c'est problématique : ton corps et ton intimité ne devraient jamais être le prix à payer pour maintenir une relation. Si quelqu'un te quitte parce que tu poses des limites, cette personne ne méritait pas ta confiance.

La culpabilité

  • Penser que "ça fait longtemps qu'il attend"
  • Croire que tu lui "dois" quelque chose parce qu'il est gentil avec toi, qu'il t'offre des cadeaux, ou simplement parce que c'est ton copain
  • Te sentir responsable de ses frustrations ou de ses "besoins"

Pourquoi c'est problématique : ton corps t'appartient entièrement. Il ne se négocie pas comme une récompense ou une dette. Personne ne "mérite" ton intimité, même après des mois de relation.

La pression sociale

  • Croire que "tout le monde le fait à mon âge"
  • Penser que c'est "normal" après X semaines ou mois de relation
  • Avoir peur de passer pour une "coincée" auprès de tes amies
  • Vouloir ressembler aux personnages de séries ou aux autres couples

Pourquoi c'est problématique : ces "normes" ignorent complètement ce que TU ressens, TES valeurs, TON rythme. Chaque personne est différente, et il n'existe aucun calendrier universel pour l'intimité.

L'évitement du conflit

  • Céder pour "avoir la paix" et arrêter les discussions
  • Dire oui parce que négocier est épuisant
  • Te taire pour ne pas créer de tension

Quand tu cèdes par épuisement après des semaines d'insistance, tu peux développer ce qu'on appelle l'impuissance apprise : un sentiment de résignation face à une situation toxique.

Pourquoi c'est problématique : cette stratégie abandonne progressivement ton intégrité personnelle et peut créer un schéma relationnel toxique où tes besoins passent toujours en second.

La recherche de validation

  • Espérer prouver ton amour à travers le sexe
  • Chercher à te sentir aimée, désirable ou importante
  • Vouloir "solidifier" la relation ou le retenir

Pourquoi c'est problématique : l'intimité forcée ou prématurée ne peut jamais combler un besoin d'amour ou de sécurité. Elle risque au contraire de créer un vide émotionnel plus grand encore.

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Les bonnes raisons de partager l'intimité (quand tu seras prête)

À l'inverse, une sexualité saine et épanouissante repose sur des fondations très différentes :

Le désir mutuel et spontané : tu as envie, ton partenaire a envie, et cette envie émerge naturellement de votre connexion, sans négociation, sans persuasion, sans pression.

Le sentiment profond de sécurité : tu sais avec certitude que ton "non" sera respecté autant que ton "oui", que tu peux changer d'avis à tout moment, que tes limites sont considérées comme totalement légitimes.

La connexion émotionnelle : vous vous connaissez vraiment, vous pouvez parler de tout (y compris de sexualité) ouvertement, sans gêne ni jugement.

Le respect de ton rythme : tu te sens prête émotionnellement et physiquement, sans précipitation, sans compte à rebours imaginaire.

La capacité de communication : vous pouvez discuter ensemble de contraception, de protection, de désirs, de limites, sans que cela soit tabou ou embarrassant.

La méthode C.E.R.T.A.I.N : comment savoir si c'est le bon moment et la bonne personne

Pour t'aider à y voir plus clair, voici une grille d'évaluation qui te permettra de vérifier si les conditions sont réunies. Si tu ne peux pas répondre "OUI" avec conviction à chaque lettre, ce n'est probablement pas le bon moment ou la bonne personne.

C comme CONSENTEMENT mutuel et enthousiaste

  • Teste-toi : Quand tu imagines cette intimité, ressens-tu de l'excitation et du désir, ou plutôt de l'appréhension et de l'anxiété ?
  • Signe positif : Tu as envie, sans qu'on ait besoin de te convaincre. Ton "oui" est clair, libre et joyeux.
  • Signal d'alarme : Tu te sens obligée, tu hésites beaucoup, tu te dis "bon, allez, de toute façon il faut bien que ça arrive un jour".

E comme ÉGALITÉ dans la relation

  • Teste-toi : Dans votre couple, vos deux avis comptent-ils autant ? Peux-tu exprimer un désaccord sans craindre sa réaction ?
  • Signe positif : Tu te sens son égale, tes opinions sont respectées, vous prenez des décisions ensemble.
  • Signal d'alarme : Il a tendance à décider pour vous deux, à minimiser ce que tu ressens, à te faire sentir "moins mature" ou "trop sensible".

R comme RESPECT de tes limites

  • Teste-toi : Comment réagit-il quand tu dis "non" à quelque chose (pas forcément sexuel) ? Respecte-t-il tes limites sans bouder ni insister ?
  • Signe positif : Il accepte tes "non" facilement, ne te met pas la pression, ne te fait jamais sentir coupable de tes choix.
  • Signal d'alarme : Il insiste, boude, argumente longuement, ou te fait des reproches quand tu poses des limites.

T comme TEMPS et maturité

  • Teste-toi : Te sens-tu réellement prête (pas "prête parce qu'il le faut", mais vraiment prête émotionnellement) ? As-tu l'âge légal (15 ans minimum en France) ?
  • Signe positif : Tu te sens mature émotionnellement pour gérer l'intimité et ses conséquences potentielles, tu connais ton corps, tu te sens bien dans ta peau.
  • Signal d'alarme : Tu te sens poussée par un calendrier externe, tu n'es pas sûre d'être prête, ou tu as moins de 15 ans (dans ce cas, la loi te protège et aucune relation ne devrait avoir lieu).

A comme AUTONOMIE et liberté

  • Teste-toi : Prends-tu cette décision pour TOI, ou pour lui faire plaisir, le garder, éviter qu'il parte ?
  • Signe positif : Ta décision vient de toi, pour toi, basée sur tes propres désirs et valeurs.
  • Signal d'alarme : Tu le fais surtout pour lui, pour la relation, par peur de le perdre.

I comme INFORMATION et protection

  • Teste-toi : Connaissez-vous tous les deux les méthodes de contraception et de protection ? Pouvez-vous en parler ouvertement ensemble ?
  • Signe positif : Vous avez discuté clairement de contraception et de protection contre les IST, vous savez comment vous protéger, vous êtes d'accord sur les précautions à prendre.
  • Signal d'alarme : Le sujet est évité, il refuse de porter un préservatif, ou vous n'avez jamais vraiment abordé ces questions concrètement.

N comme NON négociable (ta capacité à dire non à tout moment)

  • Teste-toi : Es-tu absolument certaine que tu pourrais dire "stop" ou "non" au dernier moment, même si vous avez commencé, et qu'il respecterait immédiatement ton choix ?
  • Signe positif : Tu sais avec certitude que tu peux changer d'avis à tout instant et qu'il arrêtera immédiatement, sans te faire sentir coupable.
  • Signal d'alarme : Tu as peur de sa réaction si tu changes d'avis, tu penses qu'une fois commencé "il serait trop tard pour reculer".

Que faire si tu ne passes pas le test C.E.R.T.A.I.N ?

Si tu ne peux pas répondre "OUI" fermement à chaque lettre, alors ce n'est ni le bon moment, ni probablement la bonne personne. Et c'est une information précieuse.

Parle-lui clairement

Exprime tes sentiments avec des phrases en "je" : "Je ne me sens pas prête", "J'ai besoin de plus de temps", "Je ne suis pas à l'aise avec cette pression". Observe attentivement sa réaction. Un partenaire respectueux acceptera ton rythme sans discuter.

Observe sa réaction

  • S'il respecte immédiatement ton choix, s'excuse de t'avoir mise mal à l'aise, et arrête totalement d'insister : c'est encourageant.
  • S'il argumente, insiste, minimise tes sentiments ("mais c'est normal d'avoir peur", "tu verras, ça va te plaire"), te culpabilise ou boude : c'est un signal d'alarme majeur sur sa capacité à te respecter.

N'hésite pas à chercher du soutien

Parle-en à un adulte de confiance (parent, grande sœur, tante, CPE, infirmière scolaire, psychologue), appelle le 119 (Allô Enfance en Danger, gratuit et confidentiel 24h/24), ou consulte des ressources comme le Planning Familial qui peut t'écouter et te conseiller gratuitement.

Le mot de la psy

Dans mon cabinet, j'accompagne régulièrement des jeunes femmes qui ont cédé à la pression et qui portent ensuite des blessures émotionnelles profondes : sentiment de trahison envers elles-mêmes, difficulté à poser des limites dans leurs relations futures, confusion sur ce qu'est vraiment le consentement.

Ta première expérience d'intimité mérite d'être belle, choisie, désirée.

Elle mérite de laisser un souvenir de connexion, de respect et de joie, pas de pression, d'inconfort ou de regrets.

Rappelle-toi : quelqu'un qui t'aime vraiment préférera attendre des mois ou des années plutôt que de te voir faire quelque chose dont tu n'as pas vraiment envie. L'amour authentique ne demande jamais de sacrifier ton confort pour prouver tes sentiments.

Tu as le droit de dire non. Tu as le droit de ne pas être prête. Tu as le droit d'attendre le moment où ton "oui" sera un vrai "oui" joyeux, libre et enthousiaste. Et ce droit est non négociable.

Ressources utiles :

  • 119 : Allô Enfance en Danger (gratuit, 24h/24, confidentiel, ne laisse pas de trace sur la facture téléphonique)
  • Planning Familial : 01 48 07 29 10 ou sur planningfamilial.org
  • Fil Santé Jeunes : 0800 235 236 (gratuit) ou chat sur filsantejeunes.com
  • En cas d'urgence : 17 (Police)

Références juridiques :

  • Loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l'inceste
  • Articles 222-23-1, 222-23-2, 222-29-2 et 222-29-3 du Code pénal
  • Articles 7, 8 et 9-2 du Code de procédure pénale (prescription)

FAQ : Questions fréquentes sur le consentement et les relations sexuelles chez les mineurs

À quel âge peut-on légalement avoir des rapports sexuels en France ?

En France, l'âge légal du consentement sexuel est fixé à 15 ans.

Cela signifie qu'avant 15 ans, un mineur de quinze ans ne peut pas légalement consentir à un acte sexuel avec un adulte majeur. Toute activité sexuelle (pénétration, fellation, ou tout acte de nature sexuelle) entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans est automatiquement considérée comme un viol ou une agression sexuelle, même en l'absence apparente de violence. Entre 15 et 18 ans, le consentement est possible mais doit être totalement libre, sans contrainte ni abus de vulnérabilité.

C'est quoi exactement le consentement sexuel ?

Le consentement sexuel, c'est un accord libre, éclairé et enthousiaste pour participer à une activité sexuelle.

Il doit être donné sans pression, sans manipulation, et peut être retiré à tout moment. L'absence de consentement caractérise les infractions sexuelles comme le viol ou les agressions sexuelles. Un vrai consentement signifie que tu as vraiment envie, que tu comprends ce qui va se passer, et que tu peux dire "non" ou "stop" à n'importe quel moment sans conséquences négatives. Si tu cèdes par peur, culpabilité ou fatigue, ce n'est pas du consentement.

Mon copain dit que si je refuse, c'est que je ne l'aime pas. Est-ce normal ?

Non, ce n'est absolument pas normal.

Cette phrase est une forme de manipulation émotionnelle qui constitue une contrainte morale.

Cette technique de manipulation où l'agresseur inverse les rôles porte un nom : le DARVO. Comprendre ce mécanisme peut t'aider à identifier quand ton copain tente de te faire sentir coupable de poser des limites.

L'amour authentique respecte tes limites et ton rythme. Quelqu'un qui t'aime vraiment ne te forcera jamais à prouver tes sentiments à travers des actes sexuels. Cette pression est une forme de violence psychologique contre laquelle la loi te protège. Le consentement de la victime ne peut jamais être obtenu par manipulation ou chantage affectif.

Qu'est-ce qui est considéré comme une agression sexuelle ?

Une agression sexuelle est toute atteinte sexuelle (attouchements, caresses intimes, baisers forcés, préliminaires non désirés) commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.

Pour les mineurs de quinze ans, la loi considère que toute atteinte sexuelle par un majeur (même sans violence apparente) constitue une agression sexuelle ou un viol selon la nature de l'acte. Les agressions sexuelles sont des infractions graves punies par la loi, avec des peines aggravantes si la victime est mineure ou particulièrement vulnérable.

Quelle est la différence entre viol et agression sexuelle ?

Le viol est défini par la loi comme tout acte de pénétration sexuelle (vaginale, anale, buccale avec le pénis, ou avec tout objet) ou tout acte bucco-génital (fellation par exemple) commis par violence, contrainte, menace ou surprise.

Les agressions sexuelles désignent toutes les autres atteintes sexuelles (attouchements, caresses forcées) sans pénétration. Pour un mineur de quinze ans, la simple différence d'âge de 5 ans avec un majeur suffit à qualifier ces actes, sans avoir à prouver la violence. Les viols sont jugés en cour d'assises et punis de 15 à 20 ans de réclusion criminelle.

Mon copain veut "juste" des préliminaires, ce n'est pas grave non ?

Les préliminaires (caresses intimes, attouchements) sont des actes sexuels au même titre qu'un rapport sexuel complet.

Si tu n'en as pas envie, si tu te sens obligée ou sous pression, c'est tout aussi problématique qu'une pression pour un rapport complet. La loi protège ton intégrité corporelle dans sa globalité. Toute atteinte sexuelle non désirée, même sans pénétration, peut constituer une agression sexuelle. Ton "non" vaut pour tous les actes de nature sexuelle, pas seulement la pénétration.

Est-ce que c'est normal de ne pas avoir d'orgasme ou de ne pas aimer ça ?

Absolument.

Contrairement à ce que montrent certains médias ou films, la sexualité n'est pas toujours spontanément agréable, surtout lors des premières expériences. Il est parfaitement normal de ne pas ressentir de plaisir, de ne pas avoir d'orgasme, ou même de trouver l'expérience inconfortable, surtout si elle est précipitée ou sous pression. L'éjaculation ou l'orgasme ne sont pas des "preuves" que tu étais consentante ou que c'était bien. Ces réactions peuvent être physiologiques même en situation de stress. Ne te force jamais dans l'espoir que "ça viendra avec le temps" si tu n'en as pas fondamentalement envie.

Il dit qu'il a "besoin" de sexe, que c'est biologique. Dois-je céder ?

Non. Personne n'a un "besoin" de sexe qui justifie de faire pression sur un partenaire.

Cette excuse est une manipulation classique utilisée par les agresseurs pour culpabiliser leur victime. Les besoins sexuels peuvent être gérés individuellement (masturbation). Dans une relation respectueuse, le désir sexuel se partage entre deux personnes consentantes, il ne s'impose jamais. Si ton copain utilise cet argument, c'est un signal d'alarme majeur sur sa capacité à te respecter.

Qu'est-ce que le harcèlement sexuel et est-ce différent de l'insistance ?

Le harcèlement sexuel, c'est imposer de façon répétée des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à ta dignité ou créent une situation intimidante, hostile ou offensante.

L'insistance répétée pour avoir des rapports sexuels, les remarques sexistes, les commentaires sur ton corps, les demandes répétées de photos intimes malgré tes refus, constituent du harcèlement sexuel. C'est une infraction punie par la loi, même dans un couple. Le harcèlement peut créer un climat de pression qui annule le consentement libre.

Combien de temps ai-je pour porter plainte si quelque chose s'est passé ?

Le délai de prescription pour les infractions sexuelles commises sur des mineurs a été considérablement allongé pour te protéger.

Tu as 30 ans après ta majorité (donc jusqu'à 48 ans) pour porter plainte en cas de viol, et 20 ans après ta majorité (donc jusqu'à 38 ans) pour une agression sexuelle. La loi reconnaît qu'il est souvent difficile de parler immédiatement, surtout quand on est jeune. Tu peux donc porter plainte même des années après les faits.

Si j'ai commencé à dire oui puis changé d'avis, est-ce trop tard ?

Non, il n'est jamais trop tard.

Le consentement peut être retiré à tout moment, même si l'activité sexuelle a commencé. Tu as le droit absolu de dire "stop" ou "non" à n'importe quel moment, même en plein acte sexuel, et ton partenaire doit arrêter immédiatement. Si quelqu'un continue malgré ton refus, c'est un viol ou une agression sexuelle. L'absence de consentement peut survenir à tout moment, et ta sécurité physique et émotionnelle doit toujours primer.

Mon copain me montre du porno et dit que c'est comme ça qu'on fait. Est-ce vrai ?

Non. La pornographie ne représente absolument pas la réalité des rapports sexuels sains et respectueux.

Elle met souvent en scène des actes sexuels sans préliminaires, sans communication, parfois violents, et centrés sur le plaisir masculin. La vraie sexualité dans une relation saine implique de la communication, du respect mutuel, de la douceur, et tient compte du plaisir et du confort des deux personnes. Si ton copain essaie de reproduire des scènes pornographiques ou te pousse vers des pratiques qui te mettent mal à l'aise, c'est un signal d'alarme.

Peut-on être violé(e) dans un couple ?

Oui, absolument.

Être en couple ne donne aucun droit automatique sur le corps de l'autre. Le viol conjugal existe et est reconnu par la loi française. Même si vous êtes ensemble depuis longtemps, même si vous avez déjà eu des rapports sexuels consentis auparavant, chaque acte sexuel nécessite un consentement libre. Un rapport sexuel imposé par violence, contrainte, menace ou surprise dans un couple est un viol, jugé aux assises comme n'importe quel autre viol, avec parfois des circonstances aggravantes liées à la relation.

Où trouver de l'aide si je subis des violences sexuelles ou sexistes ?

Plusieurs ressources gratuites et confidentielles existent :
  • 119 (Allô Enfance en Danger) : gratuit, 24h/24, ne laisse pas de trace
  • 3919 (Violences Femmes Info) : violences sexistes et sexuelles
  • Planning Familial : 01 48 07 29 10
  • Fil Santé Jeunes : 0800 235 236
  • L'infirmière scolaire, un médecin, ou une assistante sociale peuvent t'orienter
  • Tu peux porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou appeler le 17 en urgence

N'hésite jamais à demander de l'aide. Les violences sexuelles et les abus sexuels laissent des traces psychologiques importantes, et tu mérites d'être protégée et accompagnée.

Important : Si tu es victime ou témoin de violences sexuelles, tu n'es jamais responsable et tu as le droit d'être protégée. La loi est de ton côté.

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
Pour un soutien personnel ou professionnel, je vous propose un suivi adapté à vos besoins favorisant bien-être et épanouissement, à Versailles.

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