
Il y a des vérités difficiles à entendre, des réalités qui viennent percuter de plein fouet nos représentations les plus ancrées. Celle dont nous allons parler aujourd'hui en fait partie. Quand vous pensez aux violences sexuelles, quand vous imaginez un agresseur, quelle image surgit spontanément dans votre esprit ? Probablement celle d'un inconnu, tapi dans l'ombre, guettant sa proie dans un parking sombre ou au détour d'une rue. Un prédateur facilement identifiable, un "monstre" que l'on pourrait reconnaître au premier coup d'œil.
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Cette représentation, omniprésente dans les médias, les séries télévisées, nos récits collectifs, façonne notre compréhension du danger. Elle nous a poussés, enfants, à ne pas parler aux inconnus, à éviter les ruelles sombres, à nous méfier de l'étranger. Et c'est précisément cette image qui nous empêche de voir la réalité en face.
Car les chiffres sont là, implacables : dans 90 à 95% des cas, l'agresseur sexuel est connu de la victime. Plus troublant encore, plus de la moitié des violences sexuelles sur mineurs sont commises par un membre du cercle familial : père, beau-père, frère, oncle, grand-parent, cousin. Lorsqu'on ajoute les personnes de l'entourage proche – ami de la famille, voisin de confiance, entraîneur sportif, professeur – les proportions deviennent vertigineuses.
Si vous lisez ces lignes et que ces statistiques résonnent douloureusement en vous, si elles éveillent des souvenirs que vous avez longtemps enfouis, sachez que vous n'êtes pas seul(e). Derrière ces pourcentages se cachent des milliers de personnes qui, comme vous peut-être, ont vécu cette réalité : celle d'avoir été trahie par ceux qui auraient dû vous protéger.
Les contes pour enfants mettent en scène des ogres venus de loin, des loups surgissant de la forêt. Les faits divers médiatisés privilégient les agressions commises par des inconnus, parce qu'elles correspondent à un récit plus simple, plus rassurant paradoxalement : le danger vient de l'extérieur, nous pouvons nous en protéger en restant vigilants.
Cette représentation nous épargne une vérité beaucoup plus dérangeante : le danger peut venir de ceux en qui nous plaçons notre confiance, de ceux qui partagent notre quotidien, de ceux qui sont censés nous protéger. Accepter cette réalité oblige à remettre en question nos certitudes sur la famille, sur l'amour, sur les liens de proximité.
Si vous avez grandi en entendant "ne parle pas aux inconnus" mais que le danger se trouvait à votre table familiale, dans votre maison, dans votre lit même, vous savez à quel point ce décalage peut être déroutant. Vous saviez peut-être confusément que quelque chose n'allait pas, mais personne ne vous avait préparé à vous méfier de votre oncle, de votre grand-père, de votre frère.
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Les recherches convergent, qu'elles proviennent d'organismes français comme l'INED (Institut National d'Études Démographiques), d'institutions européennes comme le Conseil de l'Europe, ou d'études internationales. Les chiffres varient légèrement selon les méthodologies, mais dessinent tous le même tableau :
En France, environ 13% des femmes et 5,5% des hommes déclarent avoir subi des violences sexuelles avant l'âge de 18 ans. Parmi ces violences, environ un tiers sont perpétrées au sein du cercle familial, caractérisant des situations incestueuses. Les deux tiers restants concernent principalement l'entourage proche : personnes côtoyées régulièrement dans le cadre scolaire, sportif, de loisirs, ou du voisinage.
Au niveau mondial, les méta-analyses situent la prévalence des violences sexuelles sur mineurs autour de 11,8%, avec une vulnérabilité particulièrement marquée chez les filles. Le Conseil de l'Europe estime qu'entre 10% et 20% des enfants européens seront exposés à des violences sexuelles avant leur majorité.
Derrière ces pourcentages, il y a vous, peut-être. Il y a votre histoire, votre souffrance, votre silence gardé pendant des années, parfois des décennies. Ces statistiques ne sont pas que des chiffres abstraits : elles vous donnent une place dans une réalité partagée par des milliers d'autres personnes. Vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas fou, et ce que vous avez vécu était bien réel, même si personne ne l'a reconnu à l'époque.
C'est souvent quelqu'un qui, aux yeux du monde extérieur, paraît tout à fait respectable. Un père de famille investi dans l'éducation de ses enfants. Un grand-père attentionné et généreux. Un oncle drôle et populaire lors des réunions familiales. Un frère aîné brillant et protecteur.
Peut-être que lorsque vous avez essayé d'en parler, on vous a répondu : "Mais voyons, pas lui, c'est impossible ! Il est si gentil, si attentionné." Cette apparence de normalité fait partie intégrante du mécanisme. L'agresseur mène souvent une double vie, compartimentant sa personnalité. Il peut être aimant et attentionné dans certains contextes, transgresseur et violent dans d'autres.
Cette dualité a pu vous rendre les choses encore plus confuses. Comment la même personne qui vous offrait des cadeaux, qui vous emmenait au parc, qui vous consolait quand vous étiez triste, pouvait-elle aussi vous faire du mal ? Cette contradiction n'était pas dans votre tête. Elle était bien réelle, et elle explique en partie pourquoi il vous a été si difficile de comprendre ce qui se passait, et encore plus d'en parler.
Les pères et beaux-pères représentent une proportion importante des auteurs d'inceste. La position d'autorité parentale, combinée à la proximité quotidienne et à l'intimité du cadre familial, crée des conditions propices à l'emprise. Le beau-père présente parfois un risque accru, car le lien de sang n'existe pas et le tabou peut être psychologiquement moins prégnant.
Les frères et demi-frères constituent également une catégorie significative, souvent minimisée ou banalisée sous le prétexte de "jeux" entre enfants ou adolescents. Si vous avez été victime de violences de la part d'un frère ou d'un cousin proche en âge, vous avez peut-être intégré l'idée que ce n'était "pas si grave", que c'était juste des "expérimentations". Pourtant, lorsqu'il existe une différence d'âge, une relation d'autorité, ou une contrainte physique ou psychologique, il s'agit bien d'une agression.
Les oncles, grands-pères, cousins bénéficient souvent d'une confiance naturelle et d'opportunités de proximité lors de visites familiales, vacances, gardes ponctuelles. Ces moments où vous étiez confié à leur soin, où vous deviez leur obéir, où personne ne surveillait vraiment ce qui se passait.
L'entourage proche non familial – ami de la famille, parrain, voisin, entraîneur sportif, professeur, animateur – occupe une place particulière. Ces personnes jouissaient d'une confiance accordée par vos parents et d'un accès facilité à vous, tout en n'étant pas soumises au même degré de vigilance qu'un inconnu.
Les études estiment leur proportion entre 5% et 20% des cas selon les recherches. Elles sont le plus souvent des mères, des grandes sœurs, des tantes, ou des personnes en position de garde.
Si vous avez été victime d'abus commis par une femme, vous avez probablement rencontré une difficulté accrue à être cru(e). Cette réalité heurte tellement nos représentations du féminin associé au soin et à la douceur que même aujourd'hui, elle reste largement invisible. Pourtant, elle existe, et votre vécu est tout aussi légitime, tout aussi douloureux que celui des autres victimes.
Peut-être vous souvenez-vous que ça n'a pas commencé brutalement. L'agresseur familial procède rarement par violence soudaine. Il installe son emprise progressivement, par une série de transgressions qui s'enchaînent et se normalisent graduellement.
Cela a peut-être commencé par une attention particulière, des compliments sur votre apparence physique qui sont devenus progressivement ambigus. Des gestes affectueux ordinaires – câlins, baisers – qui duraient un peu trop longtemps, dont l'intensité devenait dérangeante. Des moments d'intimité partagée – bains, massages, câlins au lit – qui se sont prolongés bien au-delà de l'âge approprié.
Chaque frontière franchie normalisait la suivante. Enfant, vous n'aviez pas encore construit vos repères sur ce qui est acceptable ou non. Vous avez peut-être intégré progressivement que "c'est comme ça" dans votre famille. La confusion s'est installée : est-ce normal ? Les autres familles fonctionnent-elles ainsi ? Ai-je le droit de me sentir mal à l'aise ?
Si vous vous posez encore aujourd'hui ces questions, si vous doutez de la légitimité de votre ressenti, sachez ceci : non, ce n'était pas normal. Oui, vous aviez le droit de vous sentir mal à l'aise. Et non, les autres familles ne fonctionnaient pas ainsi.
Le chantage affectif : "Si tu parles, je ne t'aimerai plus", "Tu vas me faire beaucoup de peine", "Je vais partir et tu ne me verras plus". Vous, qui l'aimiez malgré tout – et c'est là toute la tragédie – vous vous êtes retrouvé piégé dans une loyauté impossible.
Les menaces directes ou indirectes : "Personne ne te croira", "On va te retirer à ta maman", "Ton frère va se retrouver dans un foyer si tu parles", "Ta mère va mourir de chagrin". Vous avez peut-être porté sur vos épaules d'enfant la responsabilité du maintien de l'équilibre familial. Ce n'était pas votre responsabilité. Vous étiez l'enfant. C'est à l'adulte qu'incombait la protection de la famille, pas à vous.
La culpabilisation et l'inversion de responsabilité : "Tu as aimé ça", "C'est toi qui m'as séduit", "Tu es spéciale, différente des autres", "Tu ne t'es pas débattue donc tu voulais bien". L'agresseur a peut-être transformé la situation pour faire de vous une prétendue complice, vous faisant porter le poids moral de ce qui se passait.
Si vous portez encore aujourd'hui cette culpabilité, écoutez bien ceci : vous n'étiez pas responsable. Quelle qu'ait été votre réaction à l'époque – sidération, absence de résistance, voire réactions physiologiques de votre corps – rien de tout cela ne faisait de vous une personne consentante. Vous étiez un enfant. Point final.
La normalisation : "C'est comme ça dans toutes les familles", "C'est pour t'apprendre", "C'est notre secret à nous, ça prouve qu'on s'aime". L'agresseur a créé un univers parallèle où les transgressions devenaient la norme. Vous avez peut-être cru pendant des années que c'était effectivement normal, jusqu'au jour où vous avez découvert avec stupeur que non, les autres enfants ne vivaient pas cela.
L'agresseur a peut-être repéré ces failles et s'y est engouffré. Il vous a offert l'attention, l'affection, la valorisation dont vous manquiez, créant ainsi une dépendance qui a rendu encore plus difficile toute révélation.
Aujourd'hui, avec le recul, vous comprenez peut-être mieux cette mécanique. Mais à l'époque, vous étiez juste un enfant qui avait besoin d'amour. Ce besoin était légitime. C'est l'adulte qui a trahi cette légitimité.
Cette mère qui a surpris une scène ambiguë mais s'est persuadée qu'elle avait mal interprété. Ce père qui a remarqué que vous évitiez désormais les réunions familiales chez votre oncle, mais n'a pas osé approfondir. Cette grand-mère qui vous a vue changer radicalement de comportement – cauchemars, troubles alimentaires, chute des résultats scolaires – mais a attribué ces signes à "l'adolescence" ou à un "passage difficile".
Vous avez peut-être essayé de dire, maladroitement, par des mots ou par des comportements. Et personne n'a vraiment entendu. Personne n'a vraiment vu. Ou pire, on a vu mais on a choisi de ne pas savoir.
Ce déni a pu avoir différentes racines :
Ne pas avoir été protégé par ceux qui auraient dû l'être laisse des cicatrices profondes et durables.
C'est peut-être cette trahison-là – celle de n'avoir pas été cru, entendu, sauvé – qui constitue un traumatisme aussi important que l'agression elle-même. Le psychanalyste Sándor Ferenczi l'avait identifié dès les années 1930 avec son concept de "démenti" : lorsque l'adulte nie la réalité de ce que vit l'enfant, il produit un second traumatisme qui désorganise profondément la psyché enfantine.
Si vous portez aujourd'hui de la colère envers cet entourage qui n'a pas su vous protéger, cette colère est légitime. Peut-être même plus légitime encore que celle dirigée vers l'agresseur lui-même, car ces personnes-là avaient pour mission de vous garder en sécurité, et elles ont failli.
Vous deviez pouvoir distinguer le danger de la sécurité, l'amour de la violence, ce qui est bien de ce qui est mal, qui mérite votre confiance et qui représente une menace.
Mais comment faire ces distinctions quand l'agresseur était un membre de votre famille ? La personne censée incarner la protection est devenue source de danger. Le foyer, qui devrait être un refuge, s'est transformé en lieu de menace. L'amour et la violence se sont mélangés dans une confusion qui a désorganisé les assises mêmes de votre personnalité.
Aujourd'hui encore, vous ressentez peut-être les conséquences de cette impossibilité de vous construire des repères fiables : difficulté à faire confiance dans vos relations, hypervigilance permanente, sentiment de n'être nulle part vraiment en sécurité, oscillation entre des relations fusionnelles et une distance extrême avec les autres.
Ces difficultés ne sont pas des défauts de votre caractère. Elles sont les séquelles normales d'avoir grandi dans un environnement où les repères fondamentaux étaient inversés.
Voici peut-être l'un des aspects les plus déchirants de votre histoire, celui dont vous avez le plus de mal à parler : vous avez probablement continué à aimer la personne qui vous faisait du mal. Vous avez peut-être recherché son attention, voulu lui plaire, éprouvé de l'affection pour elle.
Et cette ambivalence vous a probablement rendu fou. Comment peut-on aimer quelqu'un qui nous détruit ? Cela signifie-t-il que vous consentiez ? Que vous "vouliez bien" ?
Non. Mille fois non. Cet amour paradoxal s'explique de manière très simple : cet adulte représentait souvent votre seule source d'affection, aussi distordue soit-elle. Vous aviez un besoin vital d'attachement, inscrit dans votre neurobiologie d'enfant, et vous vous êtes attaché même à celui qui vous faisait du mal parce qu'il était la seule figure parentale disponible, ou celle qui vous accordait de l'attention.
Cette ambivalence – aimer et haïr simultanément, désirer la proximité tout en en ayant peur, protéger votre agresseur tout en souffrant – a généré en vous une confusion psychique immense et une culpabilité terrible. Peut-être pensez-vous encore : "Si je l'aimais encore, c'est que je consentais", "Si je recherchais son attention, c'est que je voulais bien".
Mais un enfant qui cherche l'affection de son parent, même celui qui abuse de lui, n'exprime que son besoin fondamental et légitime d'être aimé. C'est l'adulte qui porte l'entière responsabilité de ne jamais transformer ce besoin en opportunité de transgression.
La culpabilité d'avoir "provoqué" l'agression. Vous avez intégré les messages de votre agresseur : "C'est parce que tu es spéciale", "Tu es tellement belle", "Tu m'as séduit". Vous vous sentez donc responsable de ce qui s'est passé, même si vous n'aviez que 5, 8 ou 12 ans.
La culpabilité d'avoir gardé le secret, de n'avoir pas "protégé" vos frères et sœurs ou d'autres enfants qui ont peut-être été victimes après vous. Cette culpabilité-là est particulièrement destructrice, car elle inverse complètement les responsabilités. Vous n'aviez pas à protéger qui que ce soit. Vous étiez l'enfant. C'est aux adultes qu'incombait cette responsabilité.
La culpabilité de révéler aujourd'hui et potentiellement "détruire" la famille. Peut-être continuez-vous à garder le silence pour ne pas être celle ou celui qui fait exploser le noyau familial, qui envoie quelqu'un en prison, qui fait souffrir votre mère ou vos frères et sœurs.
Et puis il y a cette honte viscérale, profonde, qui touche à votre identité même. Cette honte qui vous dit que vous êtes "différent", "abîmé", "sale", "détruit de l'intérieur". Cette honte qui vous fait croire que si quelqu'un découvrait vraiment ce que vous avez vécu, il ne pourrait plus vous regarder de la même manière.
C'est ce que nous appelons en psychotraumatologie la blessure morale : une atteinte portée non seulement à votre corps et à votre psyché, mais au sens même de votre valeur personnelle, de votre place dans le monde, de votre appartenance à la communauté humaine.
Vous souffrez peut-être aujourd'hui de ce que les praticiens nomment un trouble de stress post-traumatique, aussi appelé état de stress post-traumatique ou TSPT.
Ce trouble se manifeste par toute une constellation de symptômes :
Ces réactions ne sont pas une faiblesse de votre part : elles sont la réponse normale de votre psychisme face à des événements traumatisants. Votre cerveau tente de vous protéger, même des années après les faits, en restant en alerte permanente face à un danger qu'il perçoit encore comme présent.
Certain(e)s d'entre vous vivent peut-être des épisodes de dissociation, cette sensation étrange de ne plus être complètement présent dans votre corps, comme si vous vous observiez de l'extérieur.
D'autres souffrent de troubles anxieux aigus, de crises de panique, ou de ce que Freud et les premiers psychanalystes appelaient des névroses – c'est-à-dire des troubles psychiques qui perturbent votre vie quotidienne sans que vous en compreniez toujours l'origine.
Ces manifestations émotionnelles et comportementales sont les séquelles directes de la maltraitance subie. Elles témoignent de votre impuissance d'enfant face à une situation dont vous ne pouviez vous extraire, et de l'atteinte portée à votre intégrité physique et psychique.
La recherche en victimologie et en psychotraumatologie a considérablement progressé ces dernières décennies, notamment grâce aux travaux menés auprès de vétérans de guerre et de victimes de viol. Aujourd'hui, différentes approches thérapeutiques existent : l'EMDR pour retraiter les mémoires traumatiques, les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) pour modifier les schémas de pensée et les comportements d'évitement, les approches psychanalytiques pour comprendre les mécanismes de répétition.
Un psychiatre, un psychologue ou un thérapeute formé à ces questions peut vous accompagner sur ce chemin de guérison. Car oui, la guérison est possible, même si elle ne signifie pas oublier, mais plutôt retrouver votre capacité à vivre pleinement malgré ce qui s'est passé.
Vous n'êtes pas fou d'avoir du mal à faire confiance. Vous n'êtes pas faible parce que vous portez encore cette souffrance des années, des décennies plus tard. Vous n'êtes pas responsable de ce qui vous est arrivé.
Ce que vous avez vécu était réel, même si personne ne l'a reconnu à l'époque. Votre souffrance est légitime, même si on vous a dit de "tourner la page" ou que "c'était il y a longtemps". Votre besoin de comprendre, de mettre des mots, de trouver du sens, est parfaitement normal.
Et même si le chemin de la reconstruction est long, sinueux, parfois douloureux, il existe. Beaucoup de personnes avant vous l'ont emprunté et ont réussi à retrouver la capacité de faire confiance, d'aimer, de se sentir en sécurité. Pas complètement, pas tout le temps, mais suffisamment pour vivre une vie qui ne soit plus uniquement définie par ce traumatisme.
Vous méritez cette reconstruction. Vous méritez de vous réapproprier votre vie, de ne plus être défini uniquement par ce qui vous a été fait, de redevenir l'auteur de votre propre histoire.
Il n'est jamais trop tard pour mettre des mots sur ce qui s'est passé. Il n'est jamais trop tard pour déposer ce fardeau que vous portez seul depuis trop longtemps.