
Non, bien sûr, vous n’êtes pas de mauvaise foi. Vous êtes simplement lucide, nuancé, prudent, réaliste, parfois un peu fatigué, souvent mal entouré, et victime d’un contexte objectivement défavorable depuis environ… toujours. D’ailleurs, si quelque chose bloque dans votre vie, vous avez généralement une explication très solide. Ce n’est ni un refus, ni une fuite, ni une résistance. C’est juste que ce n’est pas le bon moment, pas la bonne personne, pas la bonne méthode, pas le bon cadre, pas la bonne période astrologique, et probablement pas la bonne météo émotionnelle non plus.
Prendre rendez-vous au cabinet de psychothérapie à Versailles
Avant de plonger en détail dans les raffinements de la mauvaise foi, disons-le simplement : il ne s’agit pas seulement de mentir aux autres, mais de se raconter à soi-même une version plus supportable de la réalité. Dire « je suis comme ça », « ce n’est pas le bon moment » ou « j’ai tout essayé » permet parfois d’éviter une vérité plus dérangeante : la peur de changer, de perdre, de décevoir ou d’assumer sa part de responsabilité. En psychothérapie, la mauvaise foi n’est pas traitée comme une faute morale, mais comme une défense. La repérer, c’est déjà commencer à desserrer l’étau. Et c’est souvent à cet endroit précis que quelque chose peut enfin bouger. Allez, c’est parti…
Lorsque j’ai reçu cette patiente à mon cabinet de psychothérapie à Versailles, elle s’est assise avec l’air de quelqu’un qui avait parfaitement compris son problème. Son compagnon, m’a-t-elle expliqué, était incapable de communiquer. Son employeur profitait de sa gentillesse. Sa mère continuait à l’infantiliser. Ses amis ne la soutenaient jamais au bon moment. Tout cela était formulé avec intelligence, précision, et même une certaine élégance. Le tableau était cohérent. Trop cohérent.
Puis une phrase est tombée : « Moi, de toute façon, je suis quelqu’un qui supporte beaucoup. »
C’était presque noble. Presque admirable. Mais derrière cette belle définition d’elle-même se cachait autre chose : une manière de ne jamais se demander pourquoi elle restait partout où elle étouffait. Pourquoi elle attendait, pourquoi elle se taisait, pourquoi elle espérait encore être reconnue par ceux qui ne la voyaient pas. Ce n’était pas de la bêtise. Ce n’était pas de la faiblesse. C’était une forme très humaine, très sophistiquée, de mauvaise foi.
Et nous sommes nombreux à pratiquer cet art avec talent (oui, oui, je me mets dedans aussi).
Autrement dit, la personne de mauvaise foi n’est pas dans le mensonge cynique. Elle n’est pas en train de se dire : je sais parfaitement que je me trompe, mais je continue. Ce serait presque plus simple. La mauvaise foi est bien plus subtile. Elle mélange sincérité, évitement, rationalisation et autoprotection. On y croit vraiment. Ou, plus exactement, on y croit assez pour ne pas aller voir plus loin.
C’est ce qui la rend si difficile à repérer. Elle se présente rarement comme une fraude grossière. Elle se donne plutôt les habits de la lucidité.
Je suis comme ça.Je n’ai pas le choix.J’ai déjà essayé.Ce sont les autres le problème.Ce n’est pas le bon moment.
Ces phrases ont l’air raisonnables. Et parfois, elles contiennent une part de vérité. Le problème n’est pas qu’elles soient totalement fausses. Le problème est qu’elles ferment la réflexion au lieu de l’ouvrir.
Admettre qu’on répète toujours les mêmes scénarios amoureux, qu’on contourne systématiquement le conflit, qu’on préfère attendre plutôt que décider, ou qu’on s’abrite derrière une identité figée pour ne pas bouger, demande un vrai courage psychique.
La mauvaise foi protège donc de plusieurs choses à la fois : de la culpabilité, de l’angoisse, du risque, du conflit, du deuil. Elle évite aussi l’inconfort de la responsabilité personnelle. Non pas la responsabilité au sens de “tout est de votre faute”, ce qui serait absurde et violent, mais au sens plus adulte et plus exigeant de :
"Que faites-vous aujourd’hui de ce qui vous arrive, de ce qui vous a été transmis, et de ce que vous répétez ?"
C’est là que la notion devient cliniquement passionnante. La mauvaise foi n’est pas seulement un défaut moral. C’est une défense psychique. Une stratégie. Une protection. Elle a donc une logique, même lorsqu’elle enferme.
Commençons par l’une des formules les plus rentables sur le plan psychique.
« Je suis colérique, c’est mon tempérament. »« Je suis anxieuse, je l’ai toujours été. »« Je ne suis pas fait pour les relations stables. »« Je ne suis pas quelqu’un de démonstratif. »
Ce type de phrase a l’apparence de la sincérité. On pourrait presque y voir une forme de maturité : regardez comme je me connais bien. En réalité, il s’agit souvent d’un habillage très soigné de l’immobilisme.
Transformer une manière d’être en nature immuable, c’est très pratique. Cela évite d’interroger l’histoire, les répétitions, les bénéfices secondaires, les peurs, les loyautés invisibles. Cela transforme une organisation psychique construite au fil du temps en destin gravé dans le marbre.
Et le marbre, c’est reposant.
Or, en psychothérapie, ce qui nous intéresse précisément, c’est la manière dont cette identité s’est constituée : à partir de quelles blessures, de quelles défenses, de quelles injonctions, de quelles attentes, de quelles scènes précoces. Autrement dit, on ne vous réduit pas à ce que vous croyez être. On s’intéresse à la façon dont vous en êtes arrivé à vous définir ainsi.
Et là, évidemment, la situation se complique. Heureusement.
Le conjoint est fermé. La collègue est jalouse. La mère est toxique. Les enfants sont ingrats. Le patron est abusif. La belle-famille est infernale. Et, soyons honnêtes, il arrive que ce soit parfaitement vrai.
Il ne s’agit donc pas de nier les violences relationnelles, les abus, les manipulations, les asymétries de pouvoir ni les contextes réellement pathogènes. Ce serait grotesque. Mais en thérapie, une question finit toujours par s’imposer : et vous, dans tout cela, où êtes-vous ?
Pas pour vous culpabiliser. Pas pour vous rendre responsable de ce que les autres vous font. Mais parce que si toute votre vie psychique se réduit à subir, alors vous disparaissez de votre propre histoire. Or un sujet n’est pas seulement ce qui lui arrive. Il est aussi ce qu’il fait de ce qui lui arrive. Il choisit parfois de rester, de se taire, d’espérer, de minimiser, de répéter, de sauver, de réparer, d’endurer, d’attendre. Ces choix ne sont pas toujours libres ni faciles, mais ils existent.
La mauvaise foi relationnelle consiste souvent à assigner aux autres des rôles fixes tout en se dispensant d’examiner sa propre partition dans le scénario. L’autre devient le toxique, le bourreau, l’ingrat, l’impossible. Et soi, on devient le patient, le généreux, le malchanceux, le sacrifié. Le récit est propre. Peut-être un peu trop.
Ah, celle-là. Il faut lui reconnaître une classe certaine.
Ce n’est pas le bon moment pour quitter ce travail.
Ce n’est pas le bon moment pour parler.
Ce n’est pas le bon moment pour poser une limite.
Ce n’est pas le bon moment pour consulter.
Ce n’est pas le bon moment pour changer.
Bien sûr. Et le bon moment arrivera vraisemblablement en montgolfière, un mardi matin, entre un café tiède et une illumination existentielle.
La vérité est plus rude : le bon moment n’existe presque jamais sous la forme idéale qu’on imagine. Il y a toujours une raison de différer. Une fatigue. Une urgence. Un enfant malade. Un contexte compliqué. Une saison émotionnelle défavorable. La vie fournit généreusement des motifs pour attendre.
Derrière « ce n’est pas le bon moment », il y a très souvent une phrase plus simple et plus honnête : « j’ai peur ».
Peur de perdre. Peur de blesser. Peur d’échouer. Peur d’être seul. Peur de découvrir qu’on veut réellement autre chose. Peur aussi d’assumer sa liberté. Car décider, ce n’est pas seulement avancer. C’est aussi renoncer. Et cela, tout le monde ne le signe pas avec enthousiasme.
La mauvaise foi adore donc le futur. Elle y stocke des décisions qu’elle espère ne jamais voir revenir.
« J’ai essayé de lui parler, mais ça n’a rien changé. »« J’ai essayé de poser mes limites, mais on ne les respecte pas. »« J’ai essayé d’être moins anxieuse, mais ça ne marche pas. »
Il faut ici être délicat, car certaines personnes ont réellement fait beaucoup d’efforts, longtemps, souvent seules, dans des environnements peu soutenants. Mais il arrive aussi qu’on “essaie” de manière très contrôlée : juste assez pour pouvoir dire qu’on a essayé, pas assez pour menacer sérieusement l’équilibre ancien.
On teste le changement sans lui donner sa chance. On prononce un non à demi-voix. On formule une demande sans risque. On amorce une décision qu’on annule aussitôt. Puis on conclut : ça ne marche pas.
La mauvaise foi ne se loge donc pas uniquement dans l’inaction. Elle peut se loger dans une action minimale, prudente, calibrée pour ne pas provoquer trop de remous. Ce n’est pas de la lâcheté. C’est souvent de la protection. Le changement dérange, et parfois il menace de vieux équilibres familiaux, amoureux ou identitaires.
Certaines parts de nous veulent sincèrement aller mieux. D’autres préfèrent mille fois l’ancien malheur au risque d’un nouvel inconnu.
Elle protège d’abord de l’angoisse de la liberté. Si je ne peux rien, je n’ai pas à choisir. Si je suis “comme ça”, je n’ai pas à me transformer. Si les autres sont seuls responsables, je n’ai pas à me positionner autrement. Si ce n’est pas le bon moment, je peux encore différer.
Elle protège aussi des deuils psychiques. Reconnaître que j’aurais pu faire autrement, parler plus tôt, partir avant, renoncer à un idéal, voir une relation telle qu’elle était réellement, c’est douloureux. Cela implique de perdre certaines illusions, parfois certaines identifications.
Elle protège encore des conflits. Changer, c’est souvent déplaire. Poser une limite, c’est cesser d’être disponible à tous les abus. Sortir d’un rôle ancien, c’est bousculer un entourage qui y avait trouvé son compte. On comprend alors pourquoi la psyché préfère parfois rester dans une souffrance connue plutôt que d’ouvrir une guerre symbolique.
Enfin, la mauvaise foi peut protéger une image de soi : celle du gentil, du fort, du patient, du raisonnable, de l'irréprochable, du sauveur, de la victime pure. Or renoncer à cette image peut être vertigineux.
Lorsque vous utilisez toujours les mêmes explications pour justifier des situations différentes, il peut y avoir matière à réflexion. Lorsque vos récits vous innocentent systématiquement tout en vous enfermant, également. Lorsque vous dites “je n’ai pas le choix” alors qu’il serait plus juste de dire “je n’aime pas le prix du choix”, vous touchez peut-être quelque chose d’important.
Les formulations de mauvaise foi ont souvent un point commun : elles ferment. Elles figent. Elles mettent fin à la pensée. Elles ont réponse à tout. Or ce qui est psychiquement vivant laisse toujours un peu de jeu, un peu d’incertitude, un peu de trouble.
Les bonnes questions sont souvent plus utiles que les grandes affirmations :
Qu’est-ce que je gagne à rester ainsi ?
Qu’est-ce que je redoute si je change vraiment ?
Qu’est-ce que cette position me permet d’éviter ?
Quelle part de moi tient à ce scénario, même s’il me fait souffrir ?
Ces questions ne servent pas à se flageller. Elles servent à redevenir sujet.
En psychothérapie, cela passe souvent par un travail patient sur les répétitions, les contradictions, les points aveugles, les bénéfices secondaires, les peurs de perdre, les fidélités familiales, les scènes anciennes. On ne cherche pas à humilier le sujet. On cherche à lui rendre de la mobilité.
Le but n’est pas de lui dire : « vous voyez, tout est de votre faute. »
Le but est de lui permettre d’entendre : « il y a peut-être en vous plus de marge que vous ne le croyez, même si elle vous coûte. »
C’est très différent.
Une psychothérapie sérieuse n’arrache pas les défenses comme on démonte un meuble !
Elle essaie de comprendre à quoi elles ont servi, pourquoi elles tiennent encore, et si elles valent toujours le prix qu’elles exigent en souffrance, en solitude, en répétition ou en renoncement.
Cet écart est précieux.
C’est lui qui permet de cesser de confondre son histoire avec son identité. C’est lui qui rend possible une parole plus honnête. C’est lui qui ouvre à autre chose qu’à la répétition. C’est lui, enfin, qui transforme le fameux « je suis comme ça » en une question autrement plus vivante :
« qu’est-ce que je fais, aujourd’hui, de ce que j’ai reçu, subi, appris ou répété ? »
Et c’est souvent à cet endroit que le travail thérapeutique devient profondément libérateur.
On peut être blessé, anxieux, fragilisé par un traumatisme ou traverser un mal-être réel, tout en glissant malgré soi vers une forme de mauvaise foi. Le signe qui doit alerter, ce n’est pas l’émotion en elle-même, mais le fait de toujours revenir aux mêmes explications : « ce sont les autres », « je n’ai pas le choix », « j’ai déjà tout essayé ». Quand un récit vous protège autant qu’il vous enferme, il y a souvent quelque chose à interroger.
La personne reconnaît rarement sa part, retourne les arguments, reformule les faits à son avantage, vous épuise dans des discussions sans fin ou se présente comme la seule victime dès qu’un désaccord apparaît. À la longue, cela crée une vraie fatigue psychologique. Le problème n’est pas seulement d’avoir tort ou raison, mais l’impossibilité de penser ensemble ce qui se joue.
La mauvaise foi protège parfois de la honte, de l’angoisse, du sentiment d’échec ou d’une image de soi trop fragile. Elle peut aussi masquer des conflits inconscients, un fonctionnement défensif ancien, ou un mode relationnel appris très tôt. Une lecture psychanalytique, systémique ou intégrative ne dira pas exactement la même chose, mais toutes peuvent montrer que ce mécanisme remplit une fonction.
La mauvaise foi n’est pas, en soi, un diagnostic reconnu en psychiatrie ni une catégorie officielle de psychopathologie. Ce n’est pas un trouble mental au sens strict. En revanche, elle peut apparaître dans des contextes de souffrance psychologique, de rigidité défensive, de conflit relationnel ou de fragilité narcissique. Elle peut aussi s’associer à des difficultés plus larges relevant de la santé mentale, sans constituer pour autant une pathologie à elle seule.
Si la mauvaise foi alimente des conflits répétitifs, un mal-être durable, des impasses relationnelles ou une impression de tourner en rond, consulter un psychologue, un psychothérapeute, un thérapeute ou un autre praticien formé peut être très utile. Si la souffrance est plus sévère, avec détresse majeure, symptômes anxieux importants, effondrement ou tableau relevant davantage de la psychiatrie, un psychiatre peut également avoir sa place.
Une psychothérapie ne sert pas à humilier la personne ni à lui prouver qu’elle a tort. Elle sert à explorer ce que la mauvaise foi protège. Selon les approches thérapeutiques, ce travail ne prendra pas la même forme. Une approche psychanalytique s’intéressera davantage à l’inconscient, aux répétitions et aux conflits internes. Une approche TCC ou de thérapie comportementale travaillera plus directement sur les pensées automatiques, les comportements et les schémas rigides. Une approche systémique regardera les interactions et les places prises dans le lien.
Face à la mauvaise foi, les démonstrations parfaites ne suffisent pas toujours. Il est souvent plus utile de poser des limites claires, de revenir aux faits, de ne pas vous laisser entraîner dans des débats circulaires et de protéger votre propre équilibre psychologique. Le vrai enjeu n’est pas toujours de faire admettre à l’autre qu’il a tort, mais de ne pas vous laisser happer par un échange qui devient destructeur.
Il ne faut pas transformer chaque attitude de mauvaise foi en drame traumatique, mais il arrive qu’elle s’enracine dans des blessures anciennes, des humiliations répétées, un vécu traumatique ou une peur profonde du rejet. Dans une perspective psychanalytique, on peut y voir une défense de l’inconscient destinée à maintenir un équilibre psychique. Dans une approche intégrative, on regardera aussi les dimensions émotionnelles, relationnelles, cognitives et parfois corporelles.
La mauvaise foi n’est pas toujours une manœuvre consciente. On peut être sincère et pourtant se raconter une version arrangée de la réalité. C’est ce qui la distingue du simple mensonge. Dans la mauvaise foi, la personne adhère assez à son propre récit pour ne pas aller voir ce qu’il lui permet d’éviter. C’est ce qui en fait un mécanisme psychologique aussi fréquent que difficile à repérer chez soi.
La mauvaise foi peut être banale, défensive, presque ordinaire. La manipulation suppose davantage une intention d’influencer ou de déformer la perception d’autrui. Quant à la perversité, elle renvoie à un registre beaucoup plus spécifique et plus grave. Il faut donc éviter les raccourcis. Une personne de mauvaise foi n’est pas forcément manipulatrice, et encore moins perverse. En clinique, ces distinctions comptent.
L’un se sent incompris, l’autre attaqué ; l’un réclame des excuses, l’autre se défend sans cesse. Dans cette configuration, chacun peut avoir le sentiment que l’autre refuse obstinément la réalité. Une lecture systémique aide souvent à comprendre que le problème ne tient pas seulement à un individu, mais à une dynamique relationnelle qui s’auto-entretient. Cela n’annule pas les responsabilités, mais cela permet de sortir d’un face-à-face stérile.
Si le sujet souhaite comprendre ses répétitions, ses défenses, son rapport au désir, à l’inconscient ou à son histoire, une approche psychanalytique ou analytique peut être très féconde. Si la souffrance prend la forme de schémas rigides, de réactions automatiques ou de comportements répétitifs, une TCC ou thérapie cognitivo-comportementale peut être intéressante. Dans bien des cas, une approche intégrative proposée par des praticiens expérimentés permet d’articuler plusieurs niveaux de compréhension.
Beaucoup de démarches psychothérapeutiques commencent justement là : dans un discours très cohérent en apparence, mais qui tourne toujours autour du même point sans le rencontrer vraiment. Le rôle du thérapeute, du psychothérapeute ou du psychologue n’est pas de coincer la personne, mais de l’aider à voir ce que son récit protège. Quand un peu de souplesse revient, un mouvement de guérison devient possible.
Une personne anxieuse, sous stress chronique ou fragilisée dans sa santé mentale peut avoir davantage recours à des mécanismes de défense rigides, dont la mauvaise foi fait partie. Cela ne veut pas dire que toute mauvaise foi vient d’un trouble anxieux ou d’un problème psychiatrique, mais il est fréquent que ce mode de fonctionnement s’accentue lorsque le sujet se sent menacé, débordé ou psychiquement à bout.
Avec les notions de défense, de refoulement, de déni, de conflit psychique et d’inconscient, la psychanalyse donne des outils très utiles pour comprendre pourquoi un sujet peut éviter certaines vérités tout en se croyant sincère. Autrement dit, même si le mot n’est pas central chez Freud, le problème, lui, est pleinement pensable dans une perspective psychanalytique.
Elle nous permet d’éviter ce qui angoisse, ce qui oblige, ce qui expose. Elle transforme nos peurs en bonnes raisons, nos répétitions en fatalité, nos renoncements en prudence.
Le problème n’est pas qu’elle existe. Le problème, c’est de finir par la prendre pour sa vérité.
Reconnaître ses zones de mauvaise foi, ce n’est pas se condamner. C’est commencer à reprendre la main sur ce qui se rejoue en soi. Avec un peu d’humour, un peu d’indulgence, et parfois un vrai travail thérapeutique, il devient possible de sortir de ces récits qui enferment.
Et cela, franchement, vaut mieux que de passer sa vie à appeler destin ce qu’on n’ose pas encore interroger.
Si cette lecture vous parle et que vous souhaitez entamer un travail psychothérapeutique, vous pouvez me contacter ici : https://www.psy-coach-versailles.com/contact