
L'impossible à supporter : ce qui nous amène en psychanalyse... Selon l'expression de Jacques Lacan, ce que l'on vient dire en psychanalyse relève toujours de "l'impossible à supporter". Une dette financière qui empêche de dormir. Une rupture qui obsède jour et nuit. Un secret de famille qui pèse depuis l'enfance. Une culpabilité qui ronge. Une angoisse sans nom qui paralyse. Ces situations ont un point commun : on ne peut plus les porter seul, et pourtant on ne sait pas comment s'en défaire. C'est précisément là qu'intervient le psychanalyste.
Cabinet de psychanalyse psychothérapie à Versailles. Prendre rendez-vous en ligne
Au contraire, il invite le patient à déployer le discours de l'insupportable.
Il l'encourage à exprimer les replis de son angoisse, l'ampleur de sa peine, en respectant son temps et ses sentiments, afin que ceux-ci se transforment de l'intérieur, dans le mouvement même de la parole.
Stéphane est tourmenté. Il doit 20 000 euros à son ami Marc et ne sait comment sortir de cette situation. Cela le ronge au point de l'empêcher de dormir depuis plusieurs semaines.
Sa femme Estelle voit son mari se débattre dans son angoisse. En épouse bien intentionnée, elle veut éliminer le mal. Elle a la sagesse de ne pas recourir aux somnifères et invite son mari à parler.
Mais elle ne supporte pas sa plainte, son inertie, ses ruminations nocturnes.
Le soir venu, Stéphane recommence à ruminer. Estelle non plus ne peut plus dormir. Elle décide alors d'agir. Elle sort sur le balcon et appelle en direction de l'immeuble voisin :
"Marc ! Marc ! C'est à propos de notre dette !"
Marc sort sur son balcon : "Estelle, que veux-tu ?"
Elle lui crie : "Tu sais, les 20 000 euros que Stéphane te doit ? Eh bien, il ne les a pas !"
Estelle retourne se coucher et dit à son mari : "Tu vois, maintenant c'est lui qui ne peut plus dormir !"
En psychanalyse, une telle dette peut représenter :
L'insomnie de Stéphane reflète son incapacité à faire face à ces "dettes" internes.
L'acte d'Estelle, bien que comique, met en lumière l'utilisation de l'humour comme mécanisme de défense sophistiqué.
Face à l'angoisse de son mari qu'elle ne peut plus supporter, Estelle :
Elle impose sa solution plutôt que d'accompagner la transformation de l'angoisse.
Dans un cadre psychanalytique, le psychanalyste aurait invité Stéphane à explorer :
"Pourquoi une dette me jette-t-elle chaque fois dans de pareilles affres ?"
Cette question simple ouvre un espace de réflexion :
Progressivement, la plainte peut alors devenir interrogation.
L'entrée en psychanalyse marque ce passage de la plainte au désir de savoir.
Un tel désir de savoir ce qu'il en est de soi, de ses répétitions, de ses angoisses, permet une transformation profonde.
Le psychanalyste ne supprime pas l'insupportable. Il crée les conditions pour que le patient puisse :
L'insupportable prend des formes très variées selon les personnes et leur histoire. Reconnaître ces manifestations permet souvent de franchir le pas vers une consultation.
Dans le couple, on peut se retrouver paralysé par une jalousie obsessionnelle qui détruit tout, ou miné par des reproches constants qui sapent l'estime de soi. Parfois, c'est une dépendance affective étouffante qui prive de tout espace vital, ou au contraire un silence qui fait plus mal que les mots les plus durs.
Avec les parents, l'insupportable prend souvent la forme d'une mère intrusive qui ne reconnaît pas votre existence propre, ou d'un père absent qui laisse un vide impossible à combler. Les injonctions contradictoires peuvent rendre fou : "Sois autonome mais obéis-moi", "Je veux ton bonheur mais fais ce que je te dis".
La relation avec les enfants adultes peut également basculer dans l'insupportable : une rupture de lien incompréhensible, un reproche permanent qui inverse les rôles, ou la découverte terrifiante qu'on reproduit le schéma familial que l'on croyait avoir évité.
Ces situations relationnelles deviennent insupportables quand on se sent piégé dans une répétition dont on ne comprend pas les mécanismes.
Il s'agit d'un héritage invisible transmis de génération en génération. Des secrets de famille créent des zones d'ombre inexplicables dans nos vies. Des loyautés invisibles nous obligent à répéter certains destins sans même le savoir. Des deuils non faits pèsent sur les descendants comme une chape de plomb. Des traumatismes de guerre, d'exil, de perte se transmettent sans mots, dans le silence des non-dits familiaux.
Une patiente souffrait d'angoisse massive chaque fois qu'elle devait prendre le train, sans comprendre pourquoi. En analyse, elle a découvert que sa grand-mère avait été déportée, un fait jamais évoqué dans la famille. Son angoisse portait la mémoire traumatique non élaborée, transmise à travers les générations.
Ce type d'insupportable se manifeste souvent par des symptômes sans cause apparente : des phobies inexplicables, des dates anniversaires qui déclenchent mystérieusement des états dépressifs, des interdits inconscients qui limitent notre vie sans qu'on sache pourquoi.
Devenir parent peut signifier perdre une part de soi qu'on croyait essentielle. La ménopause s'accompagne parfois du sentiment douloureux de "ne plus être femme". La retraite arrache le rôle professionnel qui structurait toute une existence. Le divorce effondre l'image du couple sur laquelle on avait bâti sa vie.
Au-delà de ces transitions, certains traumatismes atteignent l'identité en son cœur. Une trahison ébranle la confiance en soi et aux autres de manière profonde. Un licenciement peut être vécu comme un rejet de sa valeur propre, bien au-delà de la simple perte d'emploi. Une infidélité détruit l'image qu'on avait de son couple et de soi-même. Un échec professionnel remet en question tout ce qu'on croyait savoir de ses capacités.
La blessure morale, cette forme particulière de traumatisme sur laquelle j'ai récemment soutenu ma thèse de DU, atteint le sens même de notre existence. Elle survient quand nos valeurs fondamentales sont bafouées ou quand nous sommes forcés d'agir contre notre éthique personnelle. Ce type de traumatisme ne touche pas seulement ce qu'on fait ou ce qu'on vit, mais qui on est au plus profond.
Des douleurs chroniques persistent sans qu'aucune cause organique ne soit identifiée malgré tous les examens. Les troubles du sommeil s'installent durablement : insomnies rebelles, cauchemars récurrents qui épuisent. Les somatisations se multiplient sous forme de migraines tenaces, de troubles digestifs inexplicables, de tensions musculaires permanentes. Certains symptômes psychosomatiques comme l'eczéma, l'asthme ou certaines maladies auto-immunes peuvent également porter la trace d'un conflit psychique non résolu.
Ces manifestations corporelles sont souvent le dernier recours quand la parole n'a pas pu se frayer un chemin. Le corps dit ce que les mots ne peuvent formuler, il crie ce que le psychisme ne peut élaborer. En psychanalyse, on ne cherche pas à faire taire ces symptômes par des techniques de relaxation ou de gestion du stress, mais à entendre ce qu'ils tentent de dire, à leur donner un sens dans l'histoire du sujet.
L'évitement systématique de certains sujets signale également la présence d'insupportable. Des zones entières de votre vie deviennent interdites d'accès, vous changez de conversation dès qu'on s'approche de certains thèmes, une angoisse immédiate surgit face à certaines situations que vous ne pouvez même pas nommer clairement.
La répétition des mêmes schémas révèle un conflit inconscient à l'œuvre. Vous choisissez toujours le même type de partenaire qui finit par vous faire souffrir de la même manière. Vous reproduisez avec vos enfants exactement ce que vous avez détesté chez vos parents. Vous sabotez systématiquement vos réussites au moment où elles deviennent réelles.
Le corps parle souvent quand les mots manquent : tensions permanentes, douleurs chroniques inexpliquées médicalement, épuisement constant qui ne cède pas au repos, troubles du sommeil qui résistent à tous les traitements.
Enfin, une culpabilité diffuse sans objet précis peut indiquer un insupportable transgénérationnel. Ce sentiment d'être "mauvais" de manière essentielle, cette impossibilité de se pardonner quoi que ce soit, même des choses minimes, révèle souvent une dette symbolique héritée. Ces manifestations sont autant de signaux que quelque chose demande à être entendu, élaboré, transformé par la parole.
Comme l'a écrit Francis Blanche : "Face au monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement."
Le rire peut surgir en séance :
Mais ce rire n'est jamais une fuite. C'est un soulagement qui vient après le travail d'élaboration, non à sa place.
Au Cabinet Psy Coach Versailles, près du Chesnay, je propose un accompagnement qui respecte cette éthique de l'écoute de l'insupportable.
Avec près de 20 ans de pratique et une formation approfondie en psychanalyse, thérapie systémique et EMDR, j'accompagne particulièrement :
Contrairement à certaines approches thérapeutiques qui cherchent à "positiver" ou à relativiser rapidement, l'écoute psychanalytique respecte l'ampleur de ce que vous vivez. Votre rythme est respecté : pas de solution imposée, pas de protocole standard qui vous forcerait à aller plus vite que votre psychisme ne le peut.
Vos mécanismes de défense, loin d'être démantelés brutalement, sont compris dans leur fonction protectrice. Si vous utilisez l'humour pour tenir à distance votre angoisse, si vous intellectualisez pour ne pas ressentir, si vous fuyez certains sujets, c'est qu'à un moment de votre histoire, ces défenses ont été nécessaires à votre survie psychique. Le travail consiste à les assouplir progressivement, pas à vous en priver d'un coup.
Enfin, et c'est peut-être le plus important, votre transformation vient de l'intérieur par le travail de la parole. Ce n'est pas moi qui vais vous dire quoi faire ou comment penser. C'est vous qui, en parlant, en explorant, en associant librement, allez trouver votre propre chemin. Le psychanalyste accompagne ce mouvement, il ne le dirige pas.
Les premiers entretiens permettent de :
Il n'y a pas de durée prédéfinie. Certains patients viennent pour un accompagnement ponctuel de quelques mois, d'autres s'engagent dans un travail analytique plus long.
Le travail psychanalytique : de la plainte à l'élaboration
Au fil des séances, un mouvement se produit. D'abord, la plainte trouve un espace d'accueil : ce qui était inaudible, honteux ou indicible peut enfin se dire sans crainte de jugement. Puis les répétitions deviennent visibles. On commence à remarquer : "Tiens, je choisis toujours des hommes indisponibles..." ou "À chaque fois que je réussis, je sabote...".
Ces observations font émerger des questions nouvelles : "Pourquoi est-ce que je réagis ainsi ?" ou "Qu'est-ce que cette situation répète de mon histoire ?". Progressivement, des liens se tissent entre passé et présent, entre différentes relations qui semblaient sans rapport, entre des symptômes apparemment isolés.
C'est alors qu'une transformation s'opère, non pas par l'imposition d'une solution venue de l'extérieur, mais par un déplacement de la position subjective. On ne vit plus les choses de la même place, on ne répond plus automatiquement selon les mêmes schémas.
Sophie consulte en état d'épuisement. Sa mère, 68 ans, l'appelle plusieurs fois par jour, lui fait des reproches constants, la culpabilise. Sophie ne peut ni partir en vacances, ni prendre de décisions sans que sa mère s'effondre ou l'accuse.
Le travail : En analyse, Sophie découvre qu'elle occupe depuis l'enfance la place de "celle qui doit réparer sa mère". Elle prend conscience que sa propre fille commence à reproduire ce schéma avec elle.
La transformation : Sophie apprend progressivement à poser des limites sans culpabilité. Elle comprend que "sauver sa mère" était une mission impossible qui l'empêchait de vivre. Elle peut enfin exister en dehors du regard maternel.
Marc a une brillante carrière, une famille aimante, mais souffre d'un sentiment de vide et d'absurdité. Il consulte après des crises d'angoisse inexplicables.
Le travail : L'analyse révèle un conflit de loyauté invisible. Marc a "réussi" là où son père a échoué. Cette réussite le coupe de ses racines et génère une culpabilité inconsciente. Il découvre aussi qu'il a construit une vie "pour faire plaisir" sans jamais se demander ce qu'il désirait vraiment.
La transformation : Marc peut enfin honorer son père autrement qu'en échouant. Il se réoriente progressivement vers des activités qui ont du sens pour lui, même si elles sont moins prestigieuses socialement.
Juliette souffre de douleurs abdominales chroniques. Tous les examens médicaux sont normaux. Les médecins parlent de "troubles fonctionnels" et lui conseillent un suivi psy.
Le travail : En psychanalyse, Juliette réalise que ses douleurs ont commencé après un avortement qu'elle a vécu dans la solitude et le silence. Elle n'en a jamais parlé, même à son compagnon. Son corps porte la culpabilité et le deuil non fait.
La transformation : Pouvoir mettre des mots sur cet événement, élaborer la culpabilité, faire le deuil, permet une diminution progressive des douleurs. Le corps n'a plus besoin de crier ce que la parole peut désormais dire.
Certains accompagnements durent quelques mois, d'autres plusieurs années. C'est vous qui déterminez quand le travail est suffisamment avancé. La psychanalyse n'est pas un traitement avec un début et une fin programmés, c'est un processus qui suit votre rythme.
En réalité, c'est l'inverse qui se produit : c'est le fait de ne pas pouvoir parler qui maintient la souffrance. Mettre des mots, même si c'est douloureux sur le moment, permet une élaboration qui soulage durablement. Le cadre analytique est là pour que cette parole puisse se déployer en sécurité.
Vous n'avez pas besoin d'arriver avec un discours organisé ou de "tout comprendre" avant de venir. Justement, le travail analytique consiste à démêler progressivement les fils. Vous commencez là où vous êtes, avec ce qui vient.
Il ne s'agit pas de chercher des "révélations choc" mais de comprendre les mécanismes qui vous maintiennent dans la souffrance. Certaines prises de conscience peuvent être déstabilisantes, mais elles s'accompagnent toujours d'un soulagement : enfin, ça a du sens.
Les conseils du type "mettez des limites", "lâchez prise", "pensez positif" ne marchent pas quand on porte de l'insupportable. Ce qui vous empêche d'agir n'est pas un manque d'information, c'est un conflit inconscient qu'il faut d'abord élaborer.
Le but du travail analytique est au contraire de vous rendre votre autonomie psychique. Vous devenez progressivement capable de penser par vous-même, de comprendre vos mécanismes, de faire vos propres choix. La fin d'analyse marque justement le moment où vous n'avez plus besoin de l'analyste.
Que ce soit par la psychanalyse, l'EMDR pour les traumatismes, ou la thérapie systémique stratégique pour les problématiques familiales, l'objectif reste le même : vous permettre de transformer l'impossible à supporter en une interrogation vivante sur vous-même.
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et l'EMDR sont particulièrement efficaces pour traiter des troubles psychiques spécifiques : phobies, stress post-traumatique, troubles du comportement, états anxieux aigus. Ces approches, validées par les neurosciences et la psychopathologie cognitive, agissent sur les mécanismes cérébraux et permettent une guérison rapide de symptômes ciblés. Elles peuvent être utilisées en complément de la psychanalyse pour un travail global : l'EMDR désensibilise le trauma émotionnel et corporel, tandis que la psychanalyse élabore le sens et transforme la position subjective. Pour les souffrances transgénérationnelles, relationnelles ou identitaires, la psychanalyse reste la voie privilégiée.
Que ce soit par la psychanalyse, l'EMDR pour les traumatismes, ou la thérapie systémique stratégique pour les problématiques familiales, l'objectif reste le même : vous permettre de transformer l'impossible à supporter en une interrogation vivante sur vous-même.
Vous reconnaissez-vous dans ces situations ?
Un premier entretien permet de poser les choses.
📞 06 77 60 80 30
📍 1 boulevard des Jeux olympiques sud, 78000 Versailles
🕐 Consultations de 8h30 à 21h sur rendez-vous
Sources et inspirations :
Article rédigé par Frédérique Korzine, psychanalyste et thérapeute systémicienne à Versailles, spécialisée dans l'accompagnement des traumatismes relationnels et des transmissions intergénérationnelles.