
Vous vous demandez si vous êtes hypnotisable ? Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul(e). C’est même l’une des questions les plus fréquentes avant une première séance d’hypnose thérapeutique. Certains arrivent convaincus qu’ils vont « partir très loin ». D’autres préviennent, presque fièrement : « Moi, je suis trop mental, je ne lâche jamais prise. » Et puis il y a les prudents, les méfiants, les curieux, les épuisés, ceux qui ont tout essayé, ceux qui veulent garder le contrôle tout en espérant, secrètement, trouver enfin un espace où ils pourront le relâcher un peu. Alors, suis-je hypnotisable ? La réponse est plus intéressante qu’un simple oui ou non.
Je prends rendez-vous avec mon hypnothérapeute à Versailles
L’hypnose n’est pas un pouvoir magique exercé par un thérapeute sur un patient passif. C’est un état particulier d’attention, de concentration et de disponibilité intérieure. Un peu comme lorsque nous sommes absorbés par un film, perdus dans nos pensées en conduisant, plongés dans un souvenir, ou tellement concentrés que le monde autour semble s’estomper. Nous connaissons tous, à des degrés divers, des formes spontanées de transe hypnotique.
La vraie question n’est donc pas seulement : « Puis-je être hypnotisé ? »
Elle serait plutôt : comment mon esprit accepte-t-il d’entrer en hypnose ?
En France, elle s’est progressivement installée dans le paysage des pratiques d’accompagnement, notamment autour de la douleur, de l’anxiété, des phobies, du stress, des troubles fonctionnels et de certaines prises en charge médicales.
Selon une étude Harris Interactive réalisée pour Santéclair en 2019, 38 % des Français déclaraient se sentir bien informés sur l’hypnose. Ce chiffre est intéressant : il montre que l’hypnose est connue, mais encore entourée de flou, de fantasmes et d’idées reçues. Nous en avons entendu parler, mais nous ne savons pas toujours très bien ce qu’elle recouvre en cabinet.
Plus récemment, un sondage Odoxa publié en 2023 indiquait que 70 % des Français avaient une bonne image des thérapies alternatives, tout en soulignant une attente forte d’encadrement. Autrement dit : l’intérêt est réel, mais la prudence aussi. Et c’est plutôt sain. Une pratique thérapeutique sérieuse n’a pas besoin d’être vendue comme une baguette magique pour être utile.
Du côté scientifique, l’Inserm rappelait déjà en 2015 que l’hypnose est utilisée dans les sociétés occidentales depuis au moins 200 ans et qu’elle présente un intérêt documenté notamment dans certains contextes de douleur, d’anesthésie et de syndrome de l’intestin irritable. Cela ne signifie pas que l’hypnose “guérit tout”. Cela signifie plus sobrement qu’elle peut constituer un outil clinique intéressant lorsqu’elle est pratiquée dans un cadre sérieux.
Ces chiffres disent une chose simple : nous sommes nombreux à être intrigués par l’hypnose, parfois attirés, parfois méfiants, souvent mal informés. La question “suis-je hypnotisable ?” arrive donc rarement seule. Elle vient avec d’autres interrogations : vais-je garder le contrôle ? Est-ce que cela peut m’aider ? Est-ce sérieux ? Est-ce que je vais ressentir quelque chose ? Et surtout : puis-je faire confiance à ce qui se passe en moi sans avoir besoin de tout maîtriser ?
Il ne résume ni votre psychisme, ni votre histoire, ni votre capacité à changer. Et puis de toutes façons, la meilleure façon de vous en assurer, c'est de l'expérimenter, n'est-ce pas ?
Votre état de fatigue, votre niveau d’anxiété, votre confiance en l'hypnothérapeute, votre motivation, votre sécurité intérieure et votre rapport au contrôle jouent un rôle important. Nous sommes rarement les mêmes selon le contexte. Nous pouvons être très réceptifs dans un cadre sécurisant et beaucoup plus fermés dans un cadre qui nous met sous pression.
Lorsque j’ai reçu Patricia, elle m’a dit d’emblée : « Je vous préviens, je résiste à tout », j’ai souri. Cette phrase disait déjà beaucoup. Résister à tout, c’est encore une manière d’être très concentré sur quelque chose. En l’occurrence : sur le fait de ne pas lâcher. L’hypnose ne consiste pas à casser cette résistance comme une porte que l’on forcerait. Elle consiste souvent à comprendre ce qu’elle protège.
Beaucoup de personnes pensent ne pas être hypnotisables parce qu’elles imaginent l’hypnose comme une perte de conscience spectaculaire. Elles s’attendent à ne plus rien entendre, ne plus rien maîtriser, ne plus se souvenir de rien. Or l’hypnose thérapeutique ressemble rarement à cela. La plupart du temps, la personne entend, comprend, ressent, pense, observe. Elle peut même se dire intérieurement : « Je ne suis pas hypnotisé. » Ce qui ne veut pas dire qu’il ne se passe rien.
Nous avons parfois une idée très théâtrale de l’hypnose. Nous imaginons un grand basculement, une rupture nette avec l’état ordinaire, presque une disparition de soi. Mais l’hypnose est souvent plus subtile. Elle travaille dans les images, les sensations, les associations, les micro-déplacements intérieurs. Une respiration change. Une émotion se décale. Une image apparaît. Une tension se relâche. Une phrase résonne autrement.
Ce n’est pas toujours spectaculaire. Mais le psychisme, lui, n’a pas besoin de projecteurs pour travailler.
Être réceptif à l’hypnose ne signifie pas être naïf, fragile ou manipulable. Au contraire, les personnes qui entrent facilement en hypnose ont souvent une bonne capacité d’imagination, de concentration, d’implication émotionnelle ou de créativité psychique.
Nous confondons encore trop souvent suggestibilité et soumission. Pourtant, en hypnose thérapeutique, il ne s’agit pas d’obéir. Il s’agit de coopérer. Le thérapeute propose un cadre, des suggestions, un rythme. Le patient reste sujet de son expérience. Il n’est ni marionnette, ni cobaye, ni figurant dans un numéro de music-hall.
Dans mon cabinet, je ne cherche évidemment pas à vous faire aboyer, oublier votre prénom ou révéler les secrets de famille au troisième claquement de doigts. L’hypnose de spectacle sélectionne des personnes très réactives pour produire un effet visible. L’hypnothérapie, elle, vise un travail clinique. Le cadre n’est pas le même. L’intention n’est pas la même. La relation n’est pas la même.
L’hypnose thérapeutique repose sur la confiance, le consentement, la sécurité psychique et l’objectif de soin. C’est moins vendeur qu’un pendule qui brille sous les lumières, mais nettement plus intéressant.
Beaucoup de personnes pensent que leur mental va empêcher le travail. Comme si l’hypnose exigeait d’éteindre l’intelligence, l’analyse, la vigilance ou la pensée critique.
Heureusement, non.
Nous n’avons pas tous la même porte d’entrée vers l’hypnose. Certaines personnes passent par le corps. D’autres par les images. D’autres par les mots, les métaphores, les souvenirs, les raisonnements, les contradictions. Un esprit très analytique peut entrer en hypnose, à condition de ne pas lui demander brutalement de se taire.
Le mental qui contrôle est souvent un mental qui a appris à protéger. Il a peut-être été utile. Il a peut-être permis de tenir, d’anticiper, d’éviter l’effondrement, de rester digne, de ne pas dépendre. Il mérite mieux qu’une injonction paresseuse du type : « Lâchez prise. »
En séance, il est parfois plus juste de faire alliance avec ce contrôle : l’observer, l’utiliser, le respecter, puis lui proposer une fonction plus souple. Le but n’est pas de supprimer le mental. Le but est qu’il cesse de tout gouverner comme un petit chef anxieux persuadé que sans lui, le royaume s’écroule.
Certaines personnes entrent rapidement dans l’expérience. Elles ferment les yeux, respirent, imaginent, ressentent. Elles se laissent facilement accompagner. Cela ne veut pas dire que le travail sera automatiquement profond, mais la porte d’entrée est disponible.
D’autres personnes ont besoin de temps. Elles observent, vérifient, évaluent. Elles veulent comprendre avant de ressentir. Leur hypnose sera parfois plus progressive, plus conversationnelle, plus indirecte. Ce n’est pas moins valable. C’est simplement une autre voie.
Nous pouvons aussi être très sensibles intérieurement tout en nous défendant fortement contre cette sensibilité. Dans ce cas, l’hypnose peut réveiller une crainte : peur d’être envahi, peur de perdre le contrôle, peur de rencontrer une émotion ancienne, peur de dépendre de celui ou celle qui accompagne. Là encore, il ne s’agit pas de forcer. Il s’agit de construire un cadre suffisamment fiable pour que le psychisme accepte d’avancer.
Enfin, certaines personnes disent ne rien ressentir pendant la séance, puis constatent quelques jours plus tard qu’une réaction a changé, qu’un symptôme s’est déplacé, qu’une pensée ne s’impose plus avec la même brutalité. L’inconscient, ce vieux renard, ne travaille pas toujours en direct sous les projecteurs.
La profondeur de transe n’est pas le seul critère d’efficacité. Nous pouvons vivre une hypnose légère et obtenir un effet thérapeutique intéressant. À l’inverse, une transe spectaculaire ne garantit pas une transformation durable.
En cabinet d'hypnothérapie, ce qui compte n’est pas de “partir loin”, mais de permettre un mouvement psychique. Pour certaines personnes, ce mouvement concerne une phobie, une addiction, une douleur, un trouble anxieux, un blocage émotionnel, un deuil, une difficulté de confiance en soi ou un traumatisme. Pour d’autres, il s’agit de retrouver une marge de liberté là où tout semblait automatique.
L’hypnose thérapeutique peut aider parce qu’elle mobilise autrement l’attention, le corps, les émotions et les représentations.
Elle permet parfois de contourner les discours habituels, ceux que nous connaissons par cœur et qui ne changent plus rien. Vous savez, ces phrases très raisonnables que nous nous répétons depuis dix ans avec un succès absolument nul.
Nous savons parfois très bien expliquer notre problème. Nous savons même d’où il vient, comment il fonctionne, pourquoi il se répète. Et pourtant, il continue. L’hypnose peut alors proposer une autre voie d’accès : moins directement explicative, plus expérientielle, plus sensorielle, plus symbolique.
Nous pouvons résister parce que nous avons peur d’être influencés. Parce que nous avons déjà vécu une situation d’emprise. Parce que nous ne voulons pas dépendre du thérapeute. Parce que nous redoutons ce qui pourrait remonter. Parce que nous avons appris à ne compter que sur nous-mêmes.
Dans ces cas-là, l’hypnose doit être adaptée, expliquée, contenue. Le thérapeute ne doit pas jouer au magicien impatient. Il doit entendre ce que la résistance vient dire. Il doit respecter le rythme du sujet. Il doit savoir que certaines défenses ont eu, à un moment donné, une fonction de survie psychique.
Un bon accompagnement ne confond pas prudence et opposition. Il ne transforme pas votre besoin de contrôle en défaut moral. Et surtout, il ne vous humilie jamais parce que vous ne réagissez pas comme prévu.
Plus vous connaissez le cadre, plus vous vous sentez en confiance, plus votre esprit apprend à reconnaître cet état. Comme pour toute expérience intérieure, il y a parfois un apprentissage.
Certaines personnes sont plus à l’aise dès la première séance. D’autres découvrent progressivement leur manière d’entrer en hypnose. La répétition, la qualité de l’alliance thérapeutique, la clarté des objectifs et la sécurité du cadre favorisent cette évolution.
Nous n’avons pas besoin de devenir des champions de la transe. Cette obsession de la performance finit par contaminer même les espaces de soin : il faudrait réussir à méditer, réussir à lâcher prise, réussir à guérir vite, réussir à aller mieux de façon photogénique. Très peu pour moi.
En hypnose, il ne s’agit pas de performer. Il s’agit de rendre possible un travail. Et c’est déjà beaucoup.
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L’hypnose ne fonctionne pas comme un bouton marche/arrêt : certaines personnes accèdent rapidement à un état hypnotique, d’autres ont besoin de plus de temps, de sécurité ou d’explications. La relation avec le praticien, la confiance, l’objectif de la séance et la manière dont l’induction hypnotique est proposée jouent un rôle important.
Ces moments où nous sommes présents tout en étant un peu ailleurs ressemblent déjà, par certains aspects, à un état d’hypnose léger. L’hypnose clinique utilise cette capacité naturelle d’attention modifiée pour travailler autrement avec les sensations, les images, les émotions et les associations inconscientes.
En hypnose thérapeutique, vous restez consciente ou conscient de ce qui se passe, même si votre état de conscience se modifie. Vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux, refuser une suggestion. L’hypnose sérieuse ne repose pas sur un pouvoir hypnotique magique, mais sur une coopération entre le patient et le praticien en hypnose.
Elle travaille avec les ressources inconscientes du sujet, sans forcer. L’hypnose humaniste, elle, met davantage l’accent sur une expérience plus consciente, parfois symbolique, où la personne reste très active intérieurement. Dans les deux cas, le cadre thérapeutique compte bien plus que l’étiquette de la méthode.
Une phobie simple, une préparation mentale ou un besoin de relaxation peuvent parfois évoluer rapidement. Une anxiété ancienne, une addiction, un trouble du sommeil ou une difficulté liée à un traumatisme demandent souvent un accompagnement plus progressif. Méfions-nous des promesses express : le psychisme n’est pas une application à mettre à jour.
Apprendre l’auto hypnose avec un praticien permet souvent de poser de bonnes bases : repérer son mode d’induction, respecter son rythme, éviter de transformer l’exercice en performance. L’autohypnose n’est pas une baguette magique, mais elle peut devenir un outil utile d’autonomie intérieure.
L’hypnose clinique s’inscrit davantage dans un accompagnement psychothérapeutique, avec un travail sur les émotions, les symptômes, les blocages ou les ressources psychiques. La relaxation vise surtout la détente. L’état de transe hypnotique peut inclure de la relaxation, mais il ne s’y réduit pas.
En hypnose thérapeutique, vous restez conscient, même si vous entrez dans un état de conscience modifié. Vos paupières peuvent se fermer, votre attention peut se tourner vers l’intérieur, la réalité environnante peut sembler plus lointaine, mais vous n’êtes pas “endormi”. L’hypnose n’a pas besoin de vous faire disparaître pour travailler. Elle cherche plutôt à créer un état de réceptivité suffisant pour qu’une suggestion hypnotique puisse être entendue autrement.
Un praticien en hypnose ericksonienne peut utiliser différentes inductions, des images, des suggestions et un travail sur le subconscient pour soutenir le changement. Cela ne remplace pas un avis médical quand il existe une forte dépendance, mais l’hypnose peut être un levier thérapeutique intéressant pour arrêter de fumer.
L’hypnose de rue ou l’hypnotisme de spectacle cherchent surtout à produire des phénomènes hypnotiques visibles : mains collées, amnésie, réactions rapides. Une hypnose mp3 peut aider à la relaxation ou à l’autohypnose, mais elle ne s’adapte pas à votre histoire. Faire de l’hypnose en cabinet, c’est travailler avec une personne réelle, pas avec une technique d’hypnose standardisée.
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