
« Pose ton téléphone. » Cette phrase est devenue un classique de la vie familiale. Elle surgit au dîner, pendant les devoirs, juste avant de partir, juste avant de dormir, et parfois au milieu d’une conversation pendant laquelle le téléphone, précisément, avait été prié de disparaître.Si vous êtes parent d’un adolescent, vous avez peut-être déjà eu cette impression étrange : un petit objet de quinze centimètres a réussi à prendre une place considérable dans la maison. Il accompagne les repas, les trajets, les amitiés, les disputes, les nuits. Il provoque de l’inquiétude, de l’agacement et parfois quelques fantasmes de chute accidentelle dans les toilettes.
Chez les adolescents, pourtant, le smartphone remplit beaucoup de fonctions à la fois. On y retrouve ses amis, on écoute de la musique, on rit, on joue, on apprend, on flirte, on regarde ce que font les autres. On peut aussi s’y réfugier lorsqu’une journée s’est mal passée ou lorsque rester seul avec ses pensées devient inconfortable.
Depuis la rentrée 2026, le sujet a pris une nouvelle dimension. L’interdiction du téléphone, déjà appliquée à l’école et au collège, s’étend désormais au lycée pendant le temps scolaire. Pour la première fois, toute la scolarité française se déroule officiellement sans téléphone portable disponible en permanence.
La mesure mérite d’être observée. Elle touche un objet qui occupe désormais une place intime dans la vie adolescente, bien au-delà du simple divertissement.
Selon l’étude Ipsos 2025 pour le Centre national du livre, reprise par l’Éducation nationale, les 15-19 ans passent en moyenne 5 heures et 19 minutes par jour devant des écrans, tous usages confondus.
Cinq heures dix-neuf, cela impressionne.
Un adolescent peut discuter avec ses amis, regarder un documentaire, chercher quelque chose pour ses devoirs, suivre un tutoriel de guitare, jouer avec ses copains et appeler sa grand-mère. Un autre peut passer une bonne partie de la soirée à vérifier qui a répondu à ses messages, observer des corps auxquels il se compare et regarder des contenus qui nourrissent ses inquiétudes.
Le compteur affiche peut-être le même chiffre. L’expérience vécue n’a rien à voir.
C’est précisément pour cette raison que la seule durée d’exposition raconte assez mal la relation d’un adolescent à son téléphone. Il faut regarder l’usage, la place prise dans la journée, les conséquences sur le sommeil et les autres activités, et la possibilité de s’en détacher lorsque c’est nécessaire.
L’OMS estime que 11 % des adolescents de 11, 13 et 15 ans présentent un usage problématique des médias sociaux, contre 7 % en 2018. Chez les filles, ce chiffre atteint 13 %, contre 9 % chez les garçons. L’usage problématique désigne notamment la difficulté à contrôler son comportement et la poursuite de celui-ci malgré ses conséquences dans la vie quotidienne.
Le corps change. Les relations changent. Le regard des parents compte autrement. Celui des amis devient parfois férocement important. On cherche qui l’on est tout en surveillant beaucoup ce que l’on donne à voir.
On aimerait être original sans devenir bizarre, séduisant sans avoir l’air d’essayer de séduire, populaire sans avoir l’air de chercher à l’être. Les réseaux sociaux arrivent dans cette période avec un miroir d’une puissance inédite. En quelques minutes, on peut regarder des dizaines de corps, de visages, de fêtes, de réussites, de couples heureux, de vacances merveilleuses et de chambres parfaitement rangées. Le quotidien des autres semble parfois étonnamment photogénique.
Un adolescent sait parfaitement que ces images sont choisies. Cela ne l’immunise pas contre la comparaison.
On peut connaître l’existence des filtres et détester quand même son nez. Savoir que quelqu’un ne publie que les meilleurs moments de sa vie et trouver la sienne terriblement fade. Comprendre qu’une influenceuse a posé vingt fois avant de choisir sa photo et regarder ensuite son propre ventre avec beaucoup moins de bienveillance.
À un âge où l’estime de soi et l’image de soi sont encore en construction, cette comparaison permanente peut prendre beaucoup de place.
Le miroir de la salle de bains ne donne aucune note.
Instagram, Snapchat et TikTok proposent quantité d’indications.
Qui a regardé la story ? Combien de likes ? Qui a répondu ? Qui n’a pas répondu ? Pourquoi a-t-il vu le message à 21 h 42 sans écrire depuis ?
Un détail minuscule peut devenir une petite énigme relationnelle.
« Pourquoi elle m’a répondu comme ça ? »
« Il est connecté mais il ne me répond pas. »
« Ils sont tous ensemble. Je n’étais même pas au courant. »
Les blessures adolescentes existaient évidemment avant les smartphones. Être laissé de côté dans une fête faisait déjà mal. Aujourd’hui, il est possible de regarder la fête se dérouler en direct depuis sa chambre.
Cela change quelque chose à l’expérience.
Les plateformes apprennent rapidement ce qui retient notre attention.
Vous regardez trois vidéos sur la pâtisserie, votre fil se remplit de gâteaux. Vous vous passionnez soudainement pour les axolotls, Internet trouvera probablement le moyen de vous en fournir beaucoup plus que vous n’en aviez jamais réclamé.
Le même mécanisme devient plus délicat lorsque le sujet touche une fragilité.
Une adolescente commence à s’inquiéter de son poids. Elle regarde quelques contenus sur l’alimentation, la minceur ou l’exercice physique. Son fil lui en propose davantage. Un adolescent anxieux concernant sa santé regarde plusieurs témoignages de personnes malades et reçoit progressivement de nouvelles suggestions apparentées.
L’environnement numérique finit alors par donner une impression étrange : le sujet semble être partout.
Les travaux récents sur les réseaux sociaux adolescents invitent justement à regarder de près ces mécanismes de recommandation et de captation de l’attention. L’adolescent ne parcourt pas simplement un catalogue neutre. La plateforme organise progressivement ce qu’elle lui montre à partir de ses comportements.
Il existe aussi une utilisation plus intime du téléphone.
Vous rentrez du lycée. Une remarque vous a vexé. Vous vous êtes senti nul pendant un oral. Une amie est distante depuis deux jours. Peut-être n’est-il même rien arrivé de précis. Vous avez simplement le cafard.
Vous vous allongez.
Vous prenez votre téléphone.
Une vidéo en entraîne une autre. Dix minutes passent.
Et effectivement, pendant ce temps-là, vous pensez moins.
Le téléphone peut être un excellent moyen de diminuer momentanément une émotion désagréable. L’ennui disparaît. Une inquiétude devient moins présente. La solitude se remplit de voix et d’images.
On comprend facilement pourquoi le geste devient automatique.
Le phénomène devient particulièrement intéressant lorsque le téléphone commence à servir systématiquement dès qu’une émotion inconfortable apparaît. Dans ce cas, une question mérite d’être posée : qu’est-ce qui revient lorsque l’écran s’éteint ?
L’angoisse ? L’ennui ? Le sentiment d’être seul ? Une tristesse ? Des pensées que l’on préfère éviter ?
Certains adolescents rencontrés en psychothérapie pour enfants et adolescents à Versailles arrivent avec une difficulté apparemment centrée sur les écrans. En parlant, on découvre parfois que le téléphone remplit une fonction beaucoup plus personnelle. Comprendre cette fonction permet d’aller plus loin qu’une simple bataille autour du temps d’utilisation.
Pour certains adolescents, ils constituent même un espace précieux.
Un jeune très timide peut trouver plus facile de commencer une conversation par écrit. Celui qui se sent différent dans son établissement peut rencontrer ailleurs des personnes qui partagent ses goûts. Une passion étrange aux yeux des camarades devient soudain le point commun de milliers de personnes.
L’OMS relève que 36 % des jeunes interrogés se disent en contact permanent avec leurs amis en ligne. Elle souligne aussi que les effets du numérique dépendent fortement des usages et des situations individuelles.
« Les médias sociaux peuvent avoir des conséquences à la fois positives et négatives sur la santé et le bien-être des adolescents. » Dr Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.
Serge Tisseron rappelle lui aussi depuis longtemps combien les outils numériques peuvent participer à l’expression de soi, aux relations et à la construction identitaire des adolescents. Il plaide pour une véritable éducation aux usages et aux mécanismes des plateformes.
« Plutôt que sermonner les adolescents, mieux vaudrait donc les éduquer. » Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste.
Cela demande un peu plus de travail qu’une confiscation.
C’est aussi beaucoup plus intéressant.
Sur le sommeil, la discussion est nettement moins confortable.
Une conversation commence tard. Une notification arrive. Une vidéo en entraîne une autre. L’adolescent avait sincèrement prévu de s’arrêter à 23 heures et découvre, avec une certaine surprise, qu’il est 00 h 36. Le réveil, lui, manque cruellement de souplesse. La fatigue s’accumule. Elle peut modifier l’attention, l’humeur, la capacité à supporter une contrariété. Un adolescent fatigué devient parfois plus irritable, plus anxieux et moins disponible pour travailler.
Puis vient le soir. Il est épuisé et cherche quelque chose pour se détendre.
Son téléphone est juste là.
On comprend comment certaines habitudes s’installent.
Dans ces situations, le sommeil donne souvent des informations plus utiles que la surveillance minutieuse du nombre de minutes passées sur chaque application. À quelle heure l’adolescent s’endort-il réellement ? Le téléphone reste-t-il dans le lit ? Les notifications le réveillent-elles ? Peut-il le laisser dans une autre pièce ?
Si le coucher est également envahi par des ruminations, des peurs ou des manifestations physiques importantes, il peut être utile d’explorer une éventuelle anxiété ou des crises d’angoisse.
Le cyberharcèlement a profondément modifié une vieille réalité adolescente. Autrefois, une journée pénible finissait au moins par finir. Aujourd’hui, une humiliation survenue à midi peut devenir une capture d’écran, puis un commentaire, puis un montage qui circule encore à 23 heures.
Le groupe continue d’exister dans la chambre.
C’est ce qui rend certaines situations si éprouvantes. Le jeune ne retrouve plus vraiment de refuge. Conseiller simplement d’éteindre le téléphone ne règle pas nécessairement la situation. Il sait très bien que la conversation continue pendant son absence. Ne pas regarder peut parfois augmenter son inquiétude.
Le smartphone donne alors à la violence relationnelle une disponibilité permanente.
Il est 22 h 15.
« Tu poses ton téléphone. »
« J’arrive. »
22 h 27.
« Je t’ai demandé de poser ton téléphone. »
« MAIS JE PARLE AVEC LÉA ! »
À ce moment-là, personne n’a vraiment envie d’entendre un exposé sur le développement cérébral adolescent.
Le parent trouve la situation insupportable. L’adolescent estime qu’on vient de l’interrompre au milieu d’une conversation essentielle à l’avenir de l’humanité.
Le téléphone devient facilement le terrain sur lequel se négocient l’autonomie, l’intimité, la confiance et l’autorité. Il contient également une grande partie de la vie privée de l’adolescent. Ses amitiés, ses histoires amoureuses, ses maladresses, ses recherches, ses confidences. La tentation de vérifier peut être forte lorsque l’on s’inquiète. Une surveillance constante peut pourtant modifier la relation. L’adolescent apprend parfois surtout à mieux cacher.
Un cadre reste nécessaire. Les limites peuvent concerner le sommeil, les repas, les devoirs, les moments familiaux. Elles fonctionnent généralement mieux lorsqu’elles sont prévisibles et que les adultes les respectent également un minimum. Il est assez difficile d’expliquer à un adolescent qu’on ne regarde jamais son téléphone à table tout en répondant soi-même à ses mails entre le fromage et le dessert.
Lorsque ces disputes occupent une place disproportionnée dans la famille, une thérapie familiale systémique et stratégique à Versailles peut aider à comprendre comment chacun participe malgré lui à l’escalade.
Depuis la rentrée 2026, les lycéens doivent donc passer la journée scolaire sans utiliser leur téléphone, sauf exceptions prévues. L’Éducation nationale rattache cette mesure à des enjeux d’attention, de concentration, de socialisation, de sommeil et de cyberharcèlement.
Il sera intéressant d’observer ce qui se passe dans les cours, bien sûr, mais aussi dans les couloirs, les files d’attente, les récréations.
Certains adolescents seront probablement ravis de disposer de quelques heures pendant lesquelles personne n’attend d’eux une réponse immédiate. D’autres vont découvrir une chose que leur téléphone masquait efficacement.
Que fait-on lorsqu’on est seul dans la cour ?
Que regarde-t-on lorsqu’on ne sait pas à qui parler ?
Comment occupe-t-on dix minutes d’attente ?
Pour un adolescent anxieux ou isolé, le smartphone peut servir de paravent social. Le ranger ne résout pas ce qui se trouve derrière. Cela peut même rendre la difficulté plus visible.
La santé mentale des adolescents français mérite une vraie attention.
L’enquête nationale EnCLASS 2024 publiée par Santé publique France indique que 19 % des lycéens présentent un risque important de dépression. Près de 20 % déclarent un sentiment de solitude et 20 % rapportent des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois.
Ces données sont sérieuses. Elles racontent une souffrance qui ne saurait être expliquée par TikTok ou Snapchat.
La vie familiale, les relations amicales, les violences, le harcèlement, le rapport au corps, les ruptures, la pression scolaire, la solitude et l’histoire personnelle continuent évidemment de compter.
Le téléphone circule au milieu de tout cela. Il peut amplifier certaines difficultés. Il peut également devenir l’endroit où elles apparaissent.
Lorsque l’adolescent dort de moins en moins, s’isole, abandonne ce qui l’intéressait auparavant, chute brutalement à l’école, se dévalorise énormément ou tient des propos suicidaires, la question du temps d’écran devient secondaire. Ce sont ces changements qu’il faut écouter. Selon la situation, une psychothérapie à Versailles peut offrir un espace où le jeune peut parler de ce qu’il vit sans que toute la conversation tourne autour de son téléphone.
« Combien de temps es-tu resté sur ton téléphone ? »
« Pourquoi tu regardes encore ça ? »
« Tu ne peux vraiment pas t’en passer ? »
Essayons parfois autre chose :
« Qu’est-ce que tu aimes autant y retrouver ? »
Et surtout :
« Qu’est-ce qui devient difficile lorsque tu ne l’as pas ? »
La réponse peut être une personne. Une conversation. La peur de rater quelque chose. L’ennui. Une solitude. Une inquiétude. Le plaisir d’être avec les copains. La possibilité de ne plus penser pendant quelques minutes. Le smartphone est devenu un endroit où se déroule une partie de la vie adolescente. On y fait des rencontres, on s’y dispute, on s’y compare, on y tombe amoureux, on y cherche une place et parfois un peu de réconfort. Nos adolescents devront vivre avec ces outils. Ils auront surtout besoin d’apprendre à repérer ce qu’ils leur font, ce qu’ils leur apportent et le moment où leur usage commence à envahir le reste. Dormir sans vérifier une dernière notification. Supporter quelques minutes d’ennui. Laisser une conversation attendre. Comprendre qu’un algorithme choisit une partie de ce qui apparaît. Revenir vers quelqu’un lorsque quelque chose devient trop lourd à porter seul.
Cela s’apprend peu à peu.
Et derrière les batailles autour du téléphone se trouve parfois une question beaucoup plus simple, qu’aucune application n’a encore réussi à résoudre : Comment vas-tu, en ce moment ?
Un usage intensif, notamment des réseaux sociaux, est associé à une hausse des troubles anxieux et des épisodes dépressifs chez certains adolescents, en particulier les filles. Mais le téléphone révèle souvent une fragilité psychique préexistante plus qu'il ne la crée à lui seul. C'est pourquoi une approche systémique, qui prend en compte la famille, l'école et le fonctionnement psychique de l'adolescent, est plus pertinente qu'une lecture uniquement comportementale du symptôme.
Au-delà de la durée brute, ce qui compte est l'impact sur le sommeil, la concentration en classe, les relations sociales réelles et l'humeur générale. Un adolescent qui délaisse ses activités habituelles, s'isole ou devient irritable dès qu'on limite son téléphone présente des signes plus préoccupants qu'un chiffre d'heures passées en ligne. Un praticien formé aux troubles du comportement peut vous aider à poser un diagnostic nuancé plutôt qu'une norme chiffrée rigide.
L'irritabilité ou l'angoisse dès que le téléphone est absent, le besoin croissant de temps de connexion pour ressentir un apaisement, l'abandon d'activités antérieurement investies et les tentatives infructueuses de réduire sa consommation sont des indicateurs pathologiques à prendre au sérieux. Ces mécanismes rejoignent, sur le plan psychique, ceux observés dans d'autres formes d'addiction. Un clinicien formé à ces problématiques peut évaluer avec vous si un accompagnement thérapeutique est nécessaire.
Une part importante du cyberharcèlement se déroule en dehors des heures de classe, sur des messageries et réseaux sociaux accessibles le soir et le week-end. L'interdiction réduit surtout les incidents qui se produisaient pendant la journée scolaire, dans les couloirs ou la cour. Elle ne remplace donc pas un travail de fond sur le climat scolaire, l'éducation aux usages numériques et l'accompagnement psychothérapeutique des élèves déjà touchés par des traumatismes liés au harcèlement.
Une irritabilité, une difficulté de concentration ou une anxiété légère peuvent apparaître le temps que l'adolescent réorganise ses repères sociaux sans accès continu à son téléphone. Ce phénomène s'atténue en général progressivement. En revanche, si l'angoisse persiste, s'intensifie ou s'accompagne d'un repli marqué, d'un sommeil très perturbé ou d'idées noires, il devient nécessaire de consulter un professionnel plutôt que d'attendre que cela passe seul.
Troubles du sommeil durables, chute des résultats scolaires, isolement progressif, signes de burn-out adolescent, anxiété envahissante ou évocation d'idées suicidaires sont autant de signaux qui justifient une consultation. Selon la situation, une thérapie comportementale et cognitive, une approche psychanalytique, un travail en pleine conscience ou une thérapie familiale systémique peuvent être proposés. Un psychologue et psychothérapeute expérimenté saura orienter vers l'approche la plus adaptée à l'histoire singulière de votre adolescent.
Un psychologue clinicien peut évaluer les signes d'addiction et proposer une thérapie cognitive et comportementale pour travailler sur les comportements problématiques ancrés. Un psychiatre intervient quand une prescription médicamenteuse devient nécessaire, en cas de dépression sévère ou de troubles mentaux associés. Précisons aussi que l'addiction au smartphone, aussi envahissante soit-elle, ne relève pas de la psychiatrie lourde comme la schizophrénie. Un praticien formé aux psychopathologies de l'adolescent saura orienter vers un confrère psychiatre si le tableau clinique l'exige.
L'exposition répétée à des messages humiliants ou menaçants peut générer une souffrance psychique intense, des phobies sociales, des troubles du sommeil et une hypervigilance comparable à celle observée après un événement traumatique classique. La dimension inconsciente de ce vécu, la honte souvent tue par l'adolescent, complique le repérage par l'entourage. Une prise en charge psychothérapeutique adaptée, parfois associée à des techniques spécifiques comme l'EMDR, permet un travail de guérison progressif sur ce traumatisme numérique, trop souvent minimisé par les adultes qui l'entourent.
L'approche psychanalytique explore ce que le téléphone vient combler dans la vie inconsciente du jeune, dans la lignée des travaux initiés par Freud sur le symptôme comme compromis psychique. L'approche cognitive et comportementale agit plus directement sur les comportements observables. L'approche humaniste met l'accent sur l'écoute et le sens que l'adolescent donne à son expérience. Un psychologue clinicien formé à une pratique intégrative, comme le sont de nombreux psychothérapeutes après plusieurs années de formation clinique, sait combiner ces registres selon les besoins réels de chaque jeune patient.
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