EMDR ou IMO : différences et choix | Versailles
27/9/2024

EMDR ou IMO : différences et choix | Versailles

EMDR et IMO : Deux chemins distincts vers la guérison intérieure... Malgré leur utilisation commune des mouvements oculaires, l’EMDR et l’IMO diffèrent profondément dans leurs approches et objectifs thérapeutiques. L’une est rigide et méthodique, l’autre fluide et intuitive. Mais laquelle répondra le mieux à vos besoins émotionnels ?

Table des matières

En bref

Pour faire simple, voici un résumé de ce que vous allez découvrir dans cet article.
À première vue, l’EMDR et l’IMO semblent appartenir à la même famille : toutes deux utilisent les mouvements oculaires pour travailler sur des souvenirs et des réactions émotionnelles persistantes. Mais ce sont plutôt des cousines que des jumelles. Leur histoire, leur protocole, la manière de guider les mouvements et surtout leur niveau de validation scientifique diffèrent.

Cet article répond donc à une question précise : qu’est-ce qui distingue réellement l’EMDR de l’IMO et sur quels critères un praticien peut-il proposer l’une ou l’autre ? Pour une présentation générale de leur fonctionnement, de leurs indications et du déroulement des séances, consultez notre guide complet consacré à l’EMDR et à l’IMO à Versailles.

Allez, c’est parti… on entre dans l’univers fascinant des mouvements oculaires. 😉

Imaginez-vous en train de revivre un souvenir douloureux, bloqué dans votre esprit comme un écho qui refuse de s’effacer.

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), est cette technique devenue célèbre pour son efficacité à traiter le stress post-traumatique (PTSD). Mais l’IMO (Intégration par les Mouvements Oculaires), moins connue, pourrait aussi attirer votre attention.

Alors, qu’est-ce qui distingue ces deux approches ? Si vous cherchez à comprendre, plongeons ensemble dans ce labyrinthe thérapeutique où les yeux deviennent des guides vers la guérison.

L’EMDR et l’IMO, deux chemins vers la réconciliation intérieure

Lorsque vous entendez parler de l’EMDR ou de l’IMO, il est facile de penser que ces méthodes se ressemblent, après tout, elles utilisent toutes deux les mouvements oculaires.

Pourtant, leurs fondements théoriques et leurs pratiques diffèrent profondément.

Pour commencer, l’EMDR, développée par Francine Shapiro dans les années 1980, est avant tout axée sur le retraitement des traumatismes.

Son objectif principal est de désensibiliser les souvenirs douloureux, bloqués dans le cerveau, et d’aider à les intégrer de manière plus saine dans le réseau de mémoires. L’IMO, quant à elle, est une thérapie développée plus récemment en France par Danie Beaulieu. Elle s’appuie également sur les mouvements oculaires, mais avec une approche plus élargie, visant à explorer et traiter non seulement les traumatismes, mais aussi une variété de blocages émotionnels, cognitifs ou comportementaux.

« L’EMDR est une thérapie qui permet de relancer le système de traitement de l'information bloqué par un traumatisme. Ce qui n’avait pas pu être digéré peut enfin l’être. »— Francine Shapiro, fondatrice de la méthode EMDR

📊 Quelques statistiques

  • En France, 67 % des personnes exposées à un événement potentiellement traumatique ne consultent pas immédiatement, ce qui augmente le risque de stress post-traumatique chronique.
  • Selon l’Inserm, la thérapie EMDR réduit significativement les symptômes du TSPT chez 70 à 80 % des patients en quelques séances.
  • L’HAS (Haute Autorité de Santé) classe l’EMDR parmi les approches recommandées pour les TSPT, avec les TCC.
  • En 2024, près de 12 000 praticiens EMDR étaient formés ou en cours de formation en France (source : EMDR France).

Comment fonctionnent l’EMDR et l’IMO ?

Dans une séance d’EMDR, le processus est relativement structuré et suit un protocole précis.

Le patient se concentre sur un souvenir traumatique spécifique, tandis que le psychothérapeute guide ses yeux de gauche à droite, à un rythme régulier. Ce mouvement oculaire stimule les deux hémisphères du cerveau, facilitant le retraitement des informations mal intégrées (Shapiro, 2018). Ce qui est fascinant avec l’EMDR, c’est que même si vous ne revivez pas directement le trauma, votre cerveau parvient à dénouer les émotions et pensées négatives qui y sont associées.

Une expérience de la méthode, en thérapie...

Lorsque j’ai reçu Claire, 32 ans, elle souffrait de cauchemars récurrents, de flashbacks et d’une anxiété constante depuis une agression survenue cinq ans plus tôt. Malgré plusieurs années de thérapie verbale, elle disait : « Je comprends ce qui m’est arrivé, mais je ne le sens pas comme du passé ». Dès la troisième séance d’EMDR, une image obsédante – celle de la poignée de porte qu’elle n’avait pas réussi à fermer – est revenue. Peu à peu, cette scène s’est transformée : son corps se détendait, l’émotion changeait, l’image perdait en intensité. Pour la première fois, elle a pu dire : « Je suis en sécurité, maintenant. »

En revanche, l’IMO adopte une approche plus intuitive.

Ici, le patient n’est pas contraint de revisiter un souvenir spécifique.

L’IMO est un outil plus large, permettant d’accéder à des émotions inconscientes ou à des blocages personnels à travers les mouvements oculaires. Ces mouvements sont beaucoup plus variés que dans l’EMDR : ils peuvent être rapides, lents, verticaux, diagonaux, voire circulaires, selon ce que le thérapeute perçoit comme étant nécessaire pour le patient (Beaulieu, 2012). Cette diversité des mouvements oculaires vise à accéder à des couches émotionnelles plus profondes ou à débloquer des mécanismes de défense que le patient n’a peut-être même pas conscience d’utiliser.

Quelles sont les applications thérapeutiques des deux méthodes ?

L’EMDR, bien qu’utilisée principalement pour traiter le PTSD, a élargi son champ d’application ces dernières années.

Des études ont montré son efficacité pour traiter l’anxiété, les phobies, la dépression et même les troubles obsessionnels-compulsifs (Nazari et al., 2021). Le protocole EMDR, avec ses huit phases bien définies, est rigoureux et scientifique, soutenu par de nombreuses recherches internationales. Il est couramment recommandé par des organisations telles que l'American Psychiatric Association pour les troubles liés aux traumatismes (Shapiro, 2018).

En comparaison, l’IMO est souvent perçue comme plus fluide et adaptable.

En raison de sa flexibilité, l’IMO est souvent utilisée pour traiter une plus grande variété de problématiques.

Elle peut être particulièrement efficace dans des contextes où le patient ne parvient pas à identifier une cause précise à son mal-être. Ce type de psychothérapie est souvent utilisé pour traiter des blocages inconscients ou des émotions enfouies, que le patient n’a peut-être jamais confrontées directement. Elle peut aussi être utilisée pour traiter des traumatismes, mais s’étend à des domaines comme l'amélioration de la confiance en soi, la gestion du stress, ou même l’accompagnement de transitions de vie (Beaulieu, 2012).

« Le traumatisme, ce n’est pas l’événement, c’est la manière dont il s’est inscrit dans le système nerveux. L’EMDR permet au cerveau de digérer ce qui était resté figé. » Danie Beaulieu, docteure en psychologie, fondatrice de l’IMO

Qu’est-ce que cela signifie pour vous en tant que patient ?

Si vous vous demandez quelle méthode vous conviendrait le mieux, tout dépend de votre situation personnelle.

Si vous avez des souvenirs traumatiques précis qui continuent à vous hanter, l’EMDR pourrait être une solution efficace.

Son protocole structuré et basé sur des preuves scientifiques offre une approche sécurisée pour désensibiliser les émotions négatives associées à des événements spécifiques. Cependant, si vous ressentez une vague sensation de malaise, de stress ou d’anxiété sans pouvoir en identifier clairement la source, l’IMO pourrait être une voie plus ouverte pour explorer et débloquer des aspects de vous-même que vous n’avez peut-être jamais considérés.

L'EMDR vous demande de revisiter un passé douloureux, de faire face à vos démons, tout en sachant que vous n'êtes pas seul dans ce voyage. Le thérapeute guide vos yeux, mais aussi vos émotions, à travers ce processus de retraitement. Vous sortez de chaque session un peu plus léger, un peu plus proche de la guérison.

L'IMO, en revanche, peut vous demander de revisiter un passé douloureux ET vous proposer un voyage plus libre, où les mouvements oculaires agissent comme des clés pour déverrouiller des portes intérieures que vous n’aviez peut-être même pas remarquées. C’est une thérapie qui va au-delà des traumatismes évidents, cherchant à rétablir un équilibre émotionnel global.

Quelle méthode choisir ?

Ce dilemme, si vous vous le posez, est probablement le signe que vous cherchez à comprendre, à vous libérer.

Mais peut-être n’est-il pas nécessaire de choisir.

De nombreux psychothérapeutes utilisent aujourd’hui une approche intégrative, combinant les forces de l’EMDR et de l’IMO selon les besoins du patient.

Ces méthodes ne s’excluent pas mutuellement, elles se complètent. Votre chemin vers la guérison est unique, et il n’existe pas de solution universelle.

Dans tous les cas, l’important est d’accepter de plonger dans ce voyage thérapeutique, que ce soit à travers les mouvements oculaires de l’EMDR ou les explorations émotionnelles plus vastes de l’IMO. Comme le dit si bien Danie Beaulieu : « Nos yeux sont les portes d’entrée vers l’âme. Ils révèlent plus que ce que nous avons vu, ils dévoilent ce que nous avons ressenti. »

Conclusion

L’EMDR et l’IMO, bien qu’elles partagent des racines communes à travers l’utilisation des mouvements oculaires, se différencient dans leur approche, leur structure et leur philosophie. Là où l’EMDR est rigide et méthodique, l’IMO est plus fluide et exploratoire. Finalement, le choix de l’une ou de l’autre dépend de votre propre histoire, de vos besoins et de ce que vous êtes prêt à affronter dans votre quête de guérison. Mais une chose est certaine : ces deux méthodes offrent des possibilités de transformation profonde.

Références

Beaulieu, D. (2012). L'IMO : Intégration par les Mouvements Oculaires. Les Éditions de l'Homme.

Nazari, H., Moradi, A., Fata, L., & Ahmadian, R. (2021). The efficacy of EMDR therapy in treating obsessive-compulsive disorder: A systematic review. Journal of Obsessive-Compulsive and Related Disorders, 29, 100618.

Shapiro, F. (2018). Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) therapy: Basic principles, protocols, and procedures (3rd ed.). The Guilford Press.

FAQ : EMDR ou IMO, comment choisir ?

Quelle est la différence principale entre l’EMDR et l’IMO ?

L’EMDR repose sur un protocole structuré en huit phases et utilise des stimulations bilatérales alternées, qui peuvent être visuelles, tactiles ou auditives.

L’IMO emploie principalement des mouvements oculaires variés, dans plusieurs directions, avec une conduite généralement plus souple et interactive. Les deux approches travaillent sur des souvenirs et des réactions émotionnelles, mais elles ne disposent ni du même protocole ni du même niveau de validation scientifique.

L’EMDR est-elle plus efficace que l’IMO ?

L’EMDR bénéficie actuellement d’un corpus scientifique beaucoup plus important, particulièrement pour le trouble de stress post-traumatique.

Elle est notamment recommandée par la Haute Autorité de santé dans cette indication. L’IMO est utilisée par certains praticiens dans une approche intégrative, mais elle a fait l’objet de beaucoup moins d’études. On ne peut donc pas affirmer que les deux méthodes possèdent aujourd’hui le même niveau de preuve, même si certaines personnes rapportent un bénéfice avec l’une comme avec l’autre.

L’IMO est-elle plus rapide que l’EMDR ?

Aucune méthode ne permet de prévoir sérieusement un nombre identique de séances pour tout le monde.

La durée dépend de la nature du traumatisme, de son ancienneté, des ressources psychiques disponibles, des éventuelles dissociations et de l’existence de traumatismes multiples. Présenter systématiquement l’IMO comme plus rapide serait donc imprudent. Une expérience circonscrite peut parfois être travaillée en quelques séances, tandis qu’un psychotraumatisme complexe demande généralement une préparation et un accompagnement plus longs.

Faut-il raconter son traumatisme dans les moindres détails ?

Pas nécessairement.

Le travail peut s’appuyer sur une image, une sensation corporelle, une émotion ou une croyance associée au souvenir, sans exiger un récit exhaustif. Cela ne signifie pas que la séance soit émotionnellement neutre : des réactions intenses peuvent apparaître. Le praticien doit donc évaluer la stabilité de la personne, préparer des ressources d’apaisement et ajuster le rythme du retraitement afin que l’expérience reste supportable et ne devienne pas une nouvelle effraction.

Peut-on associer EMDR et IMO au cours d’une même psychothérapie ?

Une pratique intégrative peut mobiliser différents outils au cours d’un accompagnement, selon la situation clinique et la formation du praticien.

Il ne s’agit toutefois pas d’additionner les techniques mécaniquement. Le choix doit reposer sur une évaluation précise, un cadre thérapeutique sécurisant et une compréhension des limites de chaque méthode. Pour le patient, l’enjeu n’est pas de choisir seul le meilleur sigle, mais de comprendre pourquoi une approche lui est proposée et comment elle s’inscrit dans son travail thérapeutique.

Vous ne trouvez pas la réponse à votre question ? Sentez-vous libre de me la poser directement ici ou en m'appelant. Je réponds toujours.

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
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