Complexité de la relation mère-fille, entre amour et mal de mère
6/6/2024

Ma fille me rejette / Ma mère est toxique : comprendre et sortir du conflit

"Ma fille ne me parle plus depuis 3 mois." "Ma mère critique tout ce que je fais." "Je ne supporte plus ses remarques." Ces phrases, je les entends chaque semaine dans mon cabinet à Versailles. Si vous êtes ici, c'est probablement que vous vivez vous aussi ce déchirement quotidien entre amour et rejet, entre besoin de lien et envie de fuir. Psychanalyste et thérapeute familiale à Versailles, j'accompagne depuis 20 ans des femmes prises dans ces conflits mère-fille qui empoisonnent leur quotidien. Voici un guide pratique pour comprendre ce qui se joue et trouver des solutions concrètes.

Table des matières

Vous cherchez un accompagnement psychologique à Versailles pour votre relation mère-fille ? je vous propose un espace d'écoute bienveillant pour explorer ensemble ces liens si complexes. Mon approche intégrative combine psychanalyse, thérapie relationnelle et méthodes thérapeutiques modernes (EMDR, hypnose) pour vous accompagner vers votre propre chemin de guérison.

Testez votre relation : est-elle vraiment toxique ?

Avant d'aller plus loin, répondez honnêtement par OUI ou NON à ces 10 questions :

Si vous êtes la fille :

  • Vous sentez-vous vidée émotionnellement après chaque interaction avec elle ?
  • Évitez-vous de lui parler de vos réussites par peur de sa réaction ?
  • Compare-t-elle constamment vos choix aux siens ou à ceux des autres ?
  • Vous sentez-vous coupable dès que vous posez une limite ?
  • Utilise-t-elle le chantage affectif ("Après tout ce que j'ai fait pour toi...") ?
  • Pouvez-vous vraiment être vous-même en sa présence ?
  • Refuse-t-elle de reconnaître vos blessures ou minimise-t-elle vos émotions ?
  • Oscillez-vous entre colère explosive et culpabilité paralysante ?
  • Anticipez-vous ses réactions avant de prendre vos décisions personnelles ?
  • Ressentez-vous des symptômes physiques (maux de ventre, tensions) avant de la voir ?

Si vous êtes la mère :

  • Votre fille vous évite-t-elle ou espace-t-elle drastiquement les contacts ?
  • Refuse-t-elle de vous parler de sa vie personnelle ?
  • Les rares échanges dégénèrent-ils systématiquement en conflit ?
  • Vous reproche-t-elle des choses du passé que vous ne comprenez pas ?
  • Avez-vous l'impression qu'elle vous rejette sans raison valable ?
  • Pose-t-elle des limites que vous trouvez blessantes ou injustes ?
  • Vous sentez-vous trahie par ce que vous percevez comme de l'ingratitude ?
  • Le silence s'est-il installé entre vous depuis longtemps ?
  • Vous comparez-vous constamment aux autres relations mères-filles que vous voyez ?
  • Ressentez-vous de la jalousie face à sa vie ou ses choix ?

Résultats :

0-2 OUI : Votre relation a des tensions normales. Quelques ajustements peuvent suffire.

3-5 OUI : Votre relation est en souffrance. Des changements importants sont nécessaires. Un accompagnement peut vraiment aider.

6-10 OUI : Votre relation présente des signes toxiques sérieux. Un travail thérapeutique est fortement recommandé pour ne pas laisser la situation se dégrader davantage.

Pourquoi ma fille me rejette-t-elle ?

Ce que vous vivez (témoignages de mères)

Claire, 52 ans : "Ma fille de 28 ans a coupé les ponts il y a 6 mois. Elle m'a envoyé un SMS disant qu'elle avait besoin de distance. Je ne comprends pas. J'ai tout fait pour elle."

Françoise, 61 ans : "Quand je lui propose de déjeuner, elle trouve toujours une excuse. Je la vois poster des photos avec ses amies sur Instagram. Pourquoi elles oui et pas moi ?"

Martine, 58 ans : "Elle me reproche d'être 'intrusive'. Mais je suis sa mère ! C'est normal que je m'inquiète pour elle, non ?"

Ce qui se cache derrière le rejet

Votre fille ne vous rejette probablement pas VOUS en tant que personne. Elle rejette souvent ce qu'elle perçoit comme du contrôle. Vos questions sur sa vie, vos conseils non sollicités, vos remarques sur son poids, son couple ou son travail — même bienveillants — peuvent être vécus comme une intrusion dans son autonomie d'adulte.

Elle rejette aussi le poids de vos attentes. Elle sent qu'elle doit correspondre à une image : la fille parfaite, celle qui réussit, qui vous rend fière, qui fait les bons choix. Cette pression, même inconsciente de votre part, l'étouffe progressivement.

Parfois, elle rejette aujourd'hui ce qu'elle n'a pas pu exprimer enfant : un besoin de reconnaissance qui n'a pas été comblé, des moments où elle ne s'est pas sentie écoutée, une rivalité avec un frère ou une sœur qu'elle a enfouie pendant des années.

Et puis il y a son besoin vital de séparation psychologique. Pour construire son identité de femme adulte, elle DOIT psychologiquement se distancier de vous. C'est un processus normal de développement, même si c'est terriblement douloureux pour vous de le vivre. Cette séparation ne signifie pas qu'elle ne vous aime pas.

Important : Le rejet est souvent proportionnel à l'intensité de la fusion passée. Plus vous étiez proches, plus la séparation peut être violente.

"Pourquoi ma fille répète-t-elle mon histoire ?"

Cette question vous hante peut-être.

Sans le vouloir, sans même le savoir, vous transmettez à votre fille bien plus que vos valeurs.

Vous lui transmettez vos blessures non cicatrisées, les schémas que vous avez hérités de votre propre mère, vos peurs les plus profondes, vos croyances limitantes sur ce que signifie être une femme.

Prenons l'exemple de Sophie, que j'ai suivie en thérapie. Mère anxieuse, elle contrôle tout dans la vie de sa fille de 16 ans : ses sorties, ses vêtements, ses amis. En creusant, nous avons découvert que Sophie a grandi avec une mère absente, partie quand elle avait 8 ans. Pour "protéger" sa fille de l'abandon qu'elle a vécu, elle l'étouffe. Vous voyez l'ironie ? Elle reproduit un autre type de relation toxique. L'absence et la surprésence créent les mêmes blessures.

Cette transmission ne passe pas que par vos actes. Elle passe aussi par vos silences, vos non-dits, les émotions que vous refoulez et qui imprègnent toute l'atmosphère familiale. Vos peurs, votre méfiance, votre vision du monde : tout cela façonne la façon dont votre fille perçoit la vie et y réagit.

Briser ce cycle ? C'est possible. Mais cela demande un travail conscient, souvent impossible à mener seule. C'est là qu'un accompagnement thérapeutique devient précieux.

Pourquoi ma mère est-elle jalouse de moi ?

Ce que vous vivez (témoignages de filles)

Sophie, 32 ans : "Quand j'ai eu ma promotion, ma mère a dit : 'Ah bon ? Pourtant tu n'as même pas fait de grandes études.' Ça m'a détruite."

Émilie, 26 ans : "Elle fait des remarques sur mes vêtements, mon maquillage. L'autre jour elle a dit devant toute la famille : 'À ton âge, je n'avais pas besoin de tout ça pour être jolie.'"

Léa, 35 ans : "Mon père et elle sont venus dîner. Il m'a complimentée sur mon nouveau canapé. Elle a dit : 'Oui, bon, c'est facile quand on n'a pas d'enfants.' Le mépris dans sa voix..."

Pourquoi cette jalousie existe (même si elle ne l'avouera jamais)

Vous incarnez souvent ce qu'elle a perdu ou croit avoir perdu. La jeunesse, la beauté, les opportunités professionnelles qu'elle n'a pas eues, une vie amoureuse épanouie. Dans une société qui dévalorise les femmes vieillissantes, vous voir rayonner peut déclencher chez elle un mélange de regret et d'envie qu'elle ne s'autorise pas à reconnaître.

La situation devient particulièrement complexe si vous réussissez ce qu'elle n'a pas pu faire. C'est un miroir douloureux de ses propres échecs ou renoncements. À l'inverse, si vous choisissez un chemin totalement différent du sien, elle peut le vivre comme un rejet de ses valeurs, de tous ces sacrifices dont elle vous parle si souvent.

Il existe aussi une rivalité pour l'attention — celle de votre père, de la famille, de la société. Cette compétition inconsciente existe et se joue dans les regards, les compliments, la place qu'on vous donne à chacune, même si personne n'ose en parler ouvertement.

Parfois, ce n'est même pas vraiment vous qu'elle jalouse, mais ce que vous représentez : une liberté qu'elle ne s'est jamais autorisée, des choix qu'elle n'a pas osé faire, une vie qu'elle aurait peut-être aimé vivre.

Le tabou : On parle rarement de cette jalousie maternelle parce qu'elle contredit l'image de "la mère qui veut le bonheur de ses enfants". Pourtant, elle existe et vous fait mal.

Les 7 signes d'une mère toxique

Les comportements qui font mal

Certains comportements se répètent, s'installent, deviennent un système. Ils ne sont pas forcément intentionnels, votre mère n'est pas forcément "méchante", mais leur impact sur vous est réel et destructeur.

La critique devient une constante. "Tu as grossi", "Cette couleur ne te va pas", "Tu aurais dû faire autrement" — ces petites phrases s'accumulent, jour après jour, année après année. Vous ne faites jamais assez bien. Rien n'est jamais suffisant. Même vos réussites sont minimisées ou retournées en échec.

Les comparaisons vous déchirent. "Ta cousine, elle, a déjà deux enfants", "À ton âge j'avais déjà une maison", "Regarde ta sœur comme elle a bien réussi." Elle vous mesure constamment à une aune extérieure, et vous êtes toujours en défaut. Ces comparaisons ne sont pas des encouragements, ce sont des coups portés à votre estime de vous.

Le chantage affectif devient son arme. "Si tu m'aimais vraiment, tu...", "Après tout ce que j'ai fait pour toi...", "Tu me fais tellement de peine." Elle transforme chacune de vos limites, chacun de vos besoins, en trahison. Votre autonomie devient une agression contre elle.

La dévalorisation est systématique. Elle minimise vos réussites ("C'était facile, n'importe qui aurait pu le faire"), amplifie vos échecs ("Je te l'avais bien dit"), vous fait douter de vos capacités à chaque tournant. Petit à petit, vous intériorisez ce regard dévalorisant. Vous devenez votre propre juge impitoyable.

Les limites n'existent pas pour elle. Elle entre chez vous sans prévenir, lit vos messages si elle en a l'occasion, pose des questions trop intimes sur votre vie sexuelle, votre couple, votre corps. Elle donne son avis sur tout, même quand vous ne le demandez pas. Votre vie privée est un territoire qu'elle s'autorise à envahir.

La manipulation émotionnelle structure vos interactions. Elle joue la victime quand vous posez une limite. Elle monte les membres de la famille les uns contre les autres. Elle vous culpabilise en permanence, vous laissant avec ce sentiment diffus que vous êtes une mauvaise fille, que vous ne faites jamais assez, que vous lui devez tout.

Vos émotions sont niées ou retournées contre vous. Quand vous exprimez une souffrance, elle répond : "Tu es trop sensible", "Tu exagères toujours", "C'est dans ta tête", "Tu me fais des reproches injustes alors que je t'aime." Vos ressentis deviennent des défauts. Votre douleur devient une attaque contre elle.

Attention : Une mère toxique n'est pas forcément une "méchante personne". Souvent, elle reproduit ce qu'elle a vécu, elle ne sait pas faire autrement, elle est elle-même en souffrance. Mais cela ne vous oblige pas à subir. Votre bien-être compte autant que le sien.

⚠️ Attention : Toxique ne veut pas dire "méchante"

Une mère toxique n'est pas forcément une "mauvaise personne". Souvent, elle reproduit ce qu'elle a vécu, elle ne sait pas faire autrement, elle est elle-même en souffrance. Mais cela ne vous oblige pas à subir.

Les 7 signes d'une fille qui souffre de cette relation

Si vous êtes la fille dans cette relation, votre corps et votre psychisme vous envoient probablement des signaux d'alarme.

Les reconnaissez-vous ?

L'épuisement émotionnel devient la norme. Chaque interaction vous vide complètement. Après l'avoir vue, même pour un café d'une heure, vous avez besoin de deux ou trois jours pour récupérer. Ce n'est pas normal. Une relation saine ne devrait pas vous laisser à ce point vidée.

La colère explose de manière disproportionnée. Une petite remarque d'elle, même anodine, déclenche en vous une rage que vous ne comprenez pas vous-même. Cette intensité vous fait peur parfois. Mais cette colère est le symptôme de quelque chose de plus profond — des années de non-dits, de blessures accumulées.

La culpabilité vous paralyse. Vous vous sentez coupable de vouloir prendre vos distances, coupable de ne pas l'appeler assez, coupable d'exister différemment d'elle. Cette culpabilité vous ronge, vous empêche de poser des limites saines, vous maintient dans une relation qui vous détruit.

Prendre des décisions devient un calvaire. Même pour des choix qui ne la concernent pas, vous entendez sa voix critiquer dans votre tête. "Elle va penser que...", "Elle va dire que...", "Elle ne serait pas d'accord." Son regard intériorisé vous suit partout, vous empêche de vivre vraiment.

La peur de devenir comme elle vous hante. Surtout si vous êtes mère vous-même. Vous scrutez vos comportements avec angoisse. Dès que vous critiquez votre fille, dès que vous vous montrez exigeante, la terreur vous saisit : "Je suis en train de devenir comme elle."

L'authenticité a disparu de votre relation. Vous censurez vos paroles en permanence. Vous marchez sur des œufs. Vous jouez un rôle — celui de la fille qu'elle veut que vous soyez. Mais la vraie vous, celle que vous êtes au fond, n'a jamais de place dans cette relation.

Votre corps dit ce que vous ne pouvez pas dire. Maux de ventre avant de la voir. Tensions musculaires qui vous tordent le dos. Troubles du sommeil la veille d'un repas de famille. Crises d'angoisse inexpliquées. Votre corps porte le poids de cette relation toxique.

Pourquoi cette colère ne passe-t-elle jamais ?

"J'ai 35 ans et je suis toujours en colère contre elle"

Témoignage d'Anaïs, 37 ans :
"Ma mère a 68 ans. Elle n'a jamais été violente. Elle m'a nourrie, habillée, payé mes études. Objectivement, elle a 'fait son job'. Alors pourquoi cette rage qui ne passe pas ? Mes amies me disent 'mais laisse tomber, elle ne changera pas'. Mais je n'y arrive pas."

D'où vient cette colère qui dure ?

Cette colère persistante traduit des besoins affectifs fondamentaux qui n'ont jamais été satisfaits. Le besoin d'être vue vraiment — pas pour vos résultats, pas pour votre conformité, mais pour qui vous êtes au fond de vous. Le besoin de validation inconditionnelle : sentir que vous êtes aimée même quand vous échouez, même quand vous décevez, même quand vous êtes différente de ce qu'elle attendait. Le besoin d'un attachement sécure : savoir qu'elle sera là, stable, fiable, soutenante — pas seulement quand ça l'arrange.

Quand ces besoins restent insatisfaits pendant l'enfance et l'adolescence, la colère s'installe comme le symptôme d'une identité entravée. Vous êtes en colère contre ce qu'elle n'a pas su vous donner, contre ce qu'elle vous a imposé (ses projections, ses peurs, ses attentes), et contre votre impossibilité à exister pleinement en sa présence.

Cette colère n'est pas un défaut chez vous. C'est le signe que quelque chose d'important n'a pas été reconnu, honoré, validé.

Peut-on guérir de cette relation ?

La réponse honnête...

Guérir ne signifie pas avoir soudainement une relation fusionnelle et parfaite. Ce n'est pas non plus ne plus jamais ressentir de frustration ou de tristesse, ni faire comme si rien ne s'était passé en l'absolvant de tout.

Guérir, c'est plutôt ne plus souffrir au quotidien de cette relation. C'est avoir fait la paix avec ce qu'elle est et ne sera probablement jamais. C'est avoir construit votre identité indépendamment d'elle, sans que son regard ou son absence de regard ne vous définisse. C'est avoir cassé les schémas pour ne pas les reproduire avec vos propres enfants. C'est pouvoir être en contact avec elle sans vous perdre vous-même dans ce contact.

Ce qui aide vraiment (basé sur 20 ans de pratique)

Un travail thérapeutique individuel fait souvent toute la différence.

Pour vous, la fille, l'EMDR permet de retraiter les blessures traumatiques anciennes qui restent figées dans votre corps et votre mémoire. La psychanalyse vous aide à comprendre vos mécanismes inconscients, pourquoi vous réagissez si fort à certaines paroles ou situations. La thérapie systémique replace ces conflits dans leur contexte familial et vous permet de voir les patterns qui se répètent de génération en génération.

Pour vous, la mère, ce travail thérapeutique vous aide à explorer vos propres blessures d'enfance qui colorent votre maternité sans que vous vous en rendiez compte. Il vous permet de comprendre vos projections sur votre fille — ces attentes que vous avez placées sur elle sans même le réaliser. Et surtout, il vous aide à la voir comme une personne distincte de vous, avec sa propre vie, ses propres besoins, sa propre vérité.

Des limites claires et tenues sont également essentielles.

Pour la fille, cela peut ressembler à : "Maman, je ne suis pas disponible tous les dimanches. Je viendrai une fois par mois." Ou : "Je préfère qu'on ne parle pas de mon poids." Ou encore : "Si tu me fais ce type de remarque, je raccroche / je pars." Pour la mère : "Je respecte que tu aies besoin de distance. Peux-tu me dire quand tu seras disponible pour qu'on se parle ?" Ou : "Je n'ai pas besoin de tout savoir de ta vie, mais j'aimerais qu'on trouve un espace où on peut se parler vraiment."

Oui, ces limites feront mal. Oui, il y aura des réactions. Mais elles sont nécessaires à votre survie émotionnelle.

Une communication différente change aussi beaucoup de choses. Au lieu d'attaquer "Tu es toujours critique !", essayez d'exprimer votre ressenti : "Quand tu dis ça, je me sens dévalorisée et j'ai envie de m'éloigner." Au lieu de reprocher "Tu me rejettes alors que je t'aime !", tentez l'ouverture : "Je me sens triste et perdue quand tu prends tes distances. Peux-tu m'aider à comprendre ?"

Et enfin, il faut accepter l'imperfection définitive. Faire le deuil de la mère idéale que vous auriez voulu avoir, de la fille idéale que vous pensiez avoir ou être, de la relation harmonieuse que vous voyez (ou croyez voir) chez les autres. Cette acceptation n'est pas une résignation. C'est une libération.

Les questions que vous vous posez (réponses directes)

"Dois-je couper les ponts définitivement ?"

Cette question mérite que vous vous posiez d'abord quelques autres questions en toute honnêteté.

Cette relation nuit-elle gravement à votre santé mentale, au point de déclencher des crises d'angoisse, une dépression sévère, ou même des pensées suicidaires ? Avez-vous vraiment essayé autre chose avant d'en arriver là — poser des limites claires, travailler en thérapie, tenter une communication différente ? Est-ce une pause temporaire pour respirer ou une rupture définitive que vous envisagez ? Et êtes-vous prête à vivre avec la culpabilité et le jugement social qui accompagneront cette décision ?

Mon avis de thérapeute, après vingt ans de pratique : la rupture totale est rarement la première solution à explorer. Mais parfois, c'est effectivement la seule façon de vous protéger et de préserver votre intégrité psychique. Dans ce cas, faites-le avec clarté plutôt que par fantômage progressif, et idéalement avec l'accompagnement d'un thérapeute qui vous aidera à traverser cette épreuve difficile.

"Comment lui annoncer que j'ai besoin de distance ?"

Ce qui ne marche pas :
  • Disparaître progressivement sans rien dire (ghosting)
  • Envoyer un long SMS de reproches
  • Faire dire par quelqu'un d'autre
Ce qui peut marcher :

Une lettre ou un message court et clair :

"Maman, j'ai besoin de prendre de la distance pour prendre soin de moi. Ce n'est pas pour te punir ou te faire du mal. C'est une nécessité pour ma santé mentale. Je ne serai pas disponible pour [durée précise : 3 mois / 6 mois / jusqu'à nouvel ordre]. Je te recontacterai quand je me sentirai prête. Je te demande de respecter ce choix même si tu ne le comprends pas."

"Ma fille a coupé les ponts par SMS. Que faire ?"

Ce que vous ressentez : Trahison, douleur, incompréhension, colère.

Ce qu'il faut comprendre :
Si elle a coupé les ponts de cette manière, c'est probablement qu'elle ne se sentait pas capable de le faire autrement (peur de votre réaction, peur de céder face à votre tristesse, épuisement émotionnel trop important).

Ce que vous pouvez faire :

  1. Respectez sa demande — Forcer le contact va l'éloigner davantage
  2. Faites votre propre travail thérapeutique — Pour comprendre votre part dans cette situation
  3. Laissez la porte ouverte sans insister — Un message unique : "Je respecte ta décision. Si un jour tu veux en parler, je serai là."
  4. Ne mobilisez pas la famille contre elle — Ça empire les choses

"Est-ce normal de détester sa mère ?"

Oui. Ces sentiments existent chez beaucoup plus de femmes qu'on ne le croit.

Le tabou social autour de l'amour maternel empêche d'en parler, mais :

  • Vous pouvez respecter le lien biologique sans ressentir d'affection
  • Vous avez le droit de vous protéger d'une personne toxique, même si c'est votre mère
  • Votre bien-être compte autant que le sien

La culpabilité que vous ressentez est normale (la société nous dit qu'on DOIT aimer sa mère), mais elle n'est pas justifiée.

"Comment ne pas reproduire ça avec ma propre fille ?"

Surveillez d'abord quelques signaux d'alerte chez vous.

Vivez-vous à travers elle, au point que ses succès deviennent vos succès et ses échecs vos échecs ? Vous surprenez-vous à comparer vos maternités en vous disant "Moi au moins, je..." ? Vous sentez-vous menacée ou blessée quand elle s'éloigne ou fait des choix différents des vôtres ? Critiquez-vous systématiquement ses choix, même petits ? Vous arrive-t-il de ne jamais vous excuser, même quand vous savez que vous vous êtes trompée ?

Ce qui aide vraiment à casser le cycle, c'est d'abord un travail thérapeutique sur votre propre histoire — comprendre ce que vous avez vécu, ce que vous ne voulez pas reproduire. C'est aussi reconnaître en temps réel quand vous reproduisez les patterns de votre mère, sans vous en vouloir mais en vous corrigeant. C'est vous excuser quand vous vous plantez, montrer à votre fille que les parents peuvent se tromper et le reconnaître. C'est créer un espace où elle peut exprimer ses frustrations, même celles qui vous concernent, sans que vous vous effondriez ou vous mettiez en colère. Et c'est valider ses émotions même quand elles vous visent directement.

"À quel âge consulter ?"

Maintenant. Dès que la souffrance est là.

Que vous ayez 16 ans ou 60 ans, il n'y a pas d'âge pour guérir. Plus tôt vous commencez, moins les schémas seront enkystés. Un accompagnement psychothérapeutique peut prévenir l'aggravation de troubles psychiques comme la dépression, l'anxiété ou les troubles du comportement. À Versailles, différentes approches peuvent vous aider : psychanalyse, thérapie systémique, EMDR, ou thérapies comportementales selon votre situation.

"Comment gérer l'anxiété liée à cette relation ?"

Cette anxiété avant de la voir, ces crises d'angoisse, ce stress physiologique — votre corps dit ce que vous ne pouvez pas dire avec des mots.

La thérapie comportementale et cognitive vous aide à identifier vos pensées automatiques négatives et à développer des stratégies de gestion du stress. L'EMDR retraite les souvenirs traumatiques qui déclenchent ces réactions. En psychothérapies individuelles, nous travaillons sur l'ici et maintenant : comment gérer ces situations sans vous épuiser ? Comment vous protéger sans culpabiliser ?

"Ma relation avec ma mère me fait-elle souffrir de burn-out émotionnel ?"

Si vous ressentez un épuisement émotionnel chronique, une déprime installée, une sensation d'être vidée après chaque interaction — votre système émotionnel est en surchauffe.

Un praticien formé aux thérapies systémiques peut vous aider à comprendre comment cette dynamique vous épuise. L'approche humaniste met l'accent sur votre capacité à vous réapproprier votre vie, à poser des limites saines. La gestion du stress passe par un travail sur les relations interpersonnelles : apprendre à dire non, à vous protéger.

"Quelle différence entre approche psychanalytique et thérapie comportementale ?"

L'approche psychanalytique et analytique explore les racines inconscientes : pourquoi ces répétitions ?

C'est un travail en profondeur pour comprendre les mécanismes psychiques. La thérapie comportementale et cognitive se concentre sur l'ici et maintenant : des outils concrets pour gérer les situations difficiles au quotidien, traiter les troubles du comportement et les émotions négatives. Dans mon cabinet, je combine ces approches avec les thérapies systémiques pour un travail psychothérapeutique complet.

"Puis-je consulter même si je ne suis pas 'si mal que ça' ?"

Oui. Vous n'avez pas besoin d'être en détresse psychiatrique pour consulter.

La prévention compte autant que le soin. Si cette relation vous pèse, vous fatigue, vous empêche de vous épanouir — c'est déjà suffisant. Les praticiens en psychothérapie vous accompagnent à différents niveaux : prévenir l'aggravation des souffrances psychiques, améliorer votre mieux-être quotidien, comprendre vos patterns avant qu'ils deviennent pathologiques. La psychothérapie n'est pas réservée aux cas "graves".

10 actions concrètes à mettre en place dès aujourd'hui

Si vous êtes la fille :

1. Identifiez vos déclencheurs

Notez pendant 2 semaines : quels sujets/situations déclenchent systématiquement les conflits ? (Poids, couple, travail, enfants, argent...)

2. Préparez vos phrases-limites

Écrivez 3 phrases toutes faites que vous pouvez utiliser :

  • "Je ne veux pas parler de ça"
  • "Si tu continues, je vais devoir partir"
  • "Ce sujet n'est pas ouvert à la discussion"

3. Raccourcissez les interactions

Au lieu de 3h de repas → 1h de café. Vous restez maîtresse du temps.

4. Créez des zones de sécurité

Ne la voyez pas chez vous si elle est intrusive. Privilégiez les lieux publics où les débordements sont moins probables.

5. Autorisez-vous à partir

Si ça dégénère, vous avez le DROIT de partir. "Désolée, je ne me sens pas bien, je préfère rentrer."

Si vous êtes la mère :

6. Arrêtez les questions-contrôle

Au lieu de : "Tu manges assez ?", "Tu as trouvé quelqu'un ?", "Tu gagnes bien ta vie ?"
Essayez : "Comment vas-tu ?", "Qu'est-ce qui te rend heureuse en ce moment ?"

7. Demandez son avis sur VOTRE vie

Au lieu de ne parler que d'elle, partagez aussi vos questionnements. Rééquilibrez la relation.

8. Validez ses choix même s'ils diffèrent des vôtres

"Je ne ferais pas comme toi, mais je respecte ton choix" vaut mieux que "Tu te trompes".

9. Excusez-vous quand c'est justifié

"Tu as raison, j'ai été blessante", "Je n'aurais pas dû dire ça" — ces phrases simples peuvent tout changer.

10. Consultez pour VOUS

Pas pour "la réparer" elle, mais pour comprendre VOS blessures, VOS projections, VOTRE part dans le conflit.

Quand et comment consulter à Versailles ?

Les signes qu'un accompagnement est nécessaire

Consultez en urgence si vous avez des pensées suicidaires liées à cette relation, si vous développez des symptômes anxieux ou dépressifs sévères qui vous empêchent de fonctionner, si vous reproduisez ces schémas avec vos propres enfants et en souffrez, ou si la situation empire malgré tous vos efforts.

Consultez rapidement si vous ne savez plus comment gérer les conflits et que chaque interaction devient un champ de bataille, si vous sentez que vous allez craquer nerveusement, si vous voulez couper les ponts mais hésitez encore, ou si vous avez simplement besoin d'un espace neutre pour en parler sans être jugée.

Ce que peut vous apporter un accompagnement thérapeutique

En thérapie individuelle, que vous soyez la fille ou la mère, vous pourrez comprendre d'où viennent vos réactions émotionnelles si intenses face à elle.

En thérapie individuelle, que vous soyez la fille ou la mère, vous pourrez comprendre d'où viennent vos réactions émotionnelles si intenses face à elle. Vous pourrez traiter les blessures anciennes avec l'EMDR, explorer vos patterns inconscients en psychanalyse, construire votre identité propre au-delà de cette relation, et apprendre à poser des limites saines sans culpabilité.

En thérapie familiale, quand vous venez toutes les deux ensemble, nous créons un espace neutre où vous pouvez enfin vous parler vraiment. Je deviens ce tiers qui régule les débordements émotionnels, qui vous aide à dire des choses difficiles dans un cadre protecteur. Cet espace permet la reconnaissance mutuelle des blessures de chacune et la construction progressive de nouvelles façons de communiquer.

L'approche systémique que je pratique part du principe que le changement peut venir de n'importe où dans le système. Même si l'une des deux est plus réticente au départ, même si l'une vient "pour faire plaisir" ou "pour prouver que l'autre a tort", le simple fait d'être là ensemble dans un cadre différent peut déjà modifier les dynamiques. Parfois, c'est justement celle qui semblait la moins motivée qui fait les plus grands pas en avant. La thérapie systémique travaille avec ce qui est là, avec les résistances autant qu'avec les motivations, et trouve des leviers de changement même dans les situations qui semblent bloquées.

Mon approche à Versailles

Dans mon cabinet, je combine plusieurs méthodes selon vos besoins :

  • EMDR : Pour retraiter les blessures traumatiques relationnelles qui restent figées
  • Psychanalyse : Pour comprendre vos mécanismes inconscients, vos projections, vos répétitions
  • Thérapie systémique : Pour replacer ces conflits dans leur contexte familial et transgénérationnel
  • Hypnose : Pour accéder aux ressources inconscientes et travailler sur les schémas répétitifs

Cette approche intégrative permet de travailler sur tous les plans : émotionnel, corporel, psychique, relationnel.

Ce que je veux que vous reteniez

Si vous êtes la fille, sachez que ce n'est pas votre faute si la relation est difficile. Vous avez le droit absolu de vous protéger, même si c'est votre mère. Poser des limites n'est pas de la méchanceté — c'est de l'auto-préservation. La culpabilité que vous ressentez est normale dans notre société qui sacralise la mère, mais elle n'est pas justifiée pour autant. Et oui, vous pouvez guérir de ces blessures, même si elles sont profondes.

Si vous êtes la mère, comprenez que le rejet de votre fille n'est pas forcément un rejet de vous-même en tant que personne. Vous avez probablement fait de votre mieux avec ce que vous saviez à l'époque, avec les outils dont vous disposiez. Mais "faire de son mieux" ne signifie malheureusement pas "n'avoir jamais blessé". Vous pouvez réparer cette relation, même tardivement, même après des années de silence. Et accepter qu'elle soit différente de vous, qu'elle fasse des choix que vous n'auriez jamais faits, ne signifie pas que vous avez échoué en tant que mère.

Pour toutes, souvenez-vous que les relations mère-fille parfaites n'existent pas, sauf peut-être dans les films. L'ambivalence — aimer profondément ET être en colère en même temps — est parfaitement normale. Il n'est jamais trop tard pour consulter, que vous ayez 17 ans ou 70 ans. La thérapie peut vraiment changer les choses, j'en suis témoin chaque semaine dans mon cabinet. Et surtout, vous méritez d'être en paix avec cette relation, quelle que soit la forme que prend cette paix.

Prendre rendez-vous pour un accompagnement à Versailles

Si cet article résonne en vous, si vous souffrez de cette relation au quotidien, si vous sentez que vous avez besoin d'aide pour sortir de ces patterns toxiques, je peux vous accompagner.

Dans mon cabinet à Versailles, nous travaillerons ensemble sur :

  • La compréhension de vos dynamiques relationnelles
  • Le retraitement de vos blessures traumatiques (EMDR)
  • L'exploration de vos mécanismes inconscients (psychanalyse)
  • La construction de limites saines
  • La régulation de votre anxiété et de votre mal-être
  • La cassure des schémas répétitifs pour ne pas les transmettre

Que vous soyez :

  • La fille qui n'en peut plus et envisage de couper les ponts
  • La mère qui ne comprend pas pourquoi sa fille s'éloigne
  • Les deux, prêtes à tenter une thérapie familiale
  • Une femme qui veut comprendre avant de devenir mère à son tour

Un espace vous attend. Sans jugement. Avec bienveillance.

Prendre rendez-vous, c'est choisir de ne plus souffrir seule.

📍 Cabinet à Versailles - Consultations en présentiel et en visioconférence
📞 Secteur d'intervention : Versailles, Le Chesnay, Viroflay, Saint-Cyr-l'École, Yvelines (78)

Article rédigé par Frédérique Korzine
Psychanalyste - Psychothérapeute systémique et relationnelle - Hypnothérapeute - Praticienne EMDR
Cabinet de psychothérapie à Versailles (78000)
Spécialiste des traumatismes relationnels et de la transmission intergénérationnelle

Dernière mise à jour : Janvier 2025

Pour aller plus loin dans votre réflexion

Si cet article vous parle et que vous voulez approfondir, je vous recommande quelques lectures éclairantes. "Mères-filles" de Caroline Eliacheff et Nathalie Heinich explore les dimensions sociologiques et psychanalytiques de cette relation. "Les mères qui blessent" d'Anne-Laure Buffet vous aide à identifier les comportements toxiques. "Guérir de sa mère" de Brigitte Allain-Dupré propose des pistes concrètes de reconstruction.

Sur ce blog, vous trouverez aussi :

Si cet article vous a aidée, partagez-le avec une amie qui en a besoin. Ensemble, brisons le tabou des relations mères-filles difficiles.

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
Pour un soutien personnel ou professionnel, je vous propose un suivi adapté à vos besoins favorisant bien-être et épanouissement, à Versailles.

Psychanalyse, hypnose, coaching, supervision et thérapies brèves.

Vous pourriez être intéressé(e) par...

Vous pourriez également être curieux(se) de...