Le stoïcisme : une philosophie pour traverser les tempêtes
28/7/2026

Le stoïcisme : une philosophie pour traverser les tempêtes

Il y a des matins où tout semble trop lourd. Le regard d'un collègue, une phrase mal interprétée, un mail resté sans réponse : et soudain, la journée entière bascule. Dans mon cabinet, j'entends souvent cette phrase, sous des formes différentes : « je n'arrive pas à contrôler ce que je ressens ». Et c'est là, précisément, que le stoïcisme a quelque chose à nous dire, vingt-trois siècles après sa naissance à Athènes.

Table des matières

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Je ne parle pas ici d'un stoïcisme caricatural, celui qu'on résume trop vite à « serrer les dents » ou à « ne rien ressentir ». Cette image, largement répandue, trahit une pensée d'une finesse remarquable, née dans le Portique (la Stoa) où Zénon de Citium enseignait vers 300 avant notre ère, et transmise ensuite par des figures aussi différentes qu'un empereur romain, Marc Aurèle, un esclave affranchi, Épictète, et un précepteur politique, Sénèque. Trois vies, trois conditions sociales radicalement opposées, et pourtant une même quête : comment vivre dignement quand tout, autour de nous, échappe à notre volonté.

La question qui change tout

Où s'arrête ma responsabilité, où commence ce qui ne m'appartient pas ?

Épictète propose une distinction qui, encore aujourd'hui, résonne avec une force intacte : certaines choses dépendent de nous, d'autres non.

Nos jugements, nos désirs, nos choix d'action nous appartiennent en propre. La santé, la réputation, le regard des autres, les événements du monde, la mort elle-même, tout cela nous échappe.

Cette phrase paraît simple. Elle ne l'est pas. Parce qu'accepter cette distinction demande un travail patient, presque quotidien, de reconnaissance : où s'arrête ma responsabilité, où commence ce qui ne m'appartient pas ? Combien d'entre nous s'épuisent à vouloir maîtriser l'imprévisible, à ruminer une parole qu'on ne pourra jamais retirer, à espérer changer un proche qui ne changera pas ?

Le stoïcien ne demande pas de renoncer au monde. Il invite à déplacer l'effort : cesser de lutter contre la pluie et apprendre à choisir son manteau.

Épictète pousse cette idée jusqu'à un point vertigineux. Il affirme que la liberté de choix, ce qu'il nomme la prohairesis, échappe à toute domination extérieure, y compris divine : Zeus lui-même ne peut la soumettre. Un empereur peut enchaîner un corps, jamais un jugement qui refuse de consentir. Cette affirmation, portée par un homme qui avait connu l'esclavage avant de l'écrire, n'a rien d'une posture abstraite. Elle désigne un territoire intérieur, minuscule et pourtant inviolable, où se loge la dernière liberté qui reste quand tout le reste a été pris. En psychothérapie, cette idée résonne fortement chez des personnes qui ont traversé une emprise, une maltraitance, une perte de contrôle radicale sur leur existence : quelque chose, aussi ténu soit-il, demeure hors d'atteinte.

Ce que la souffrance nous apprend sur nos représentations

Une intuition traverse toute la pensée stoïcienne, et elle mérite qu'on s'y arrête longuement :

Ce ne sont pas les événements eux-mêmes qui nous bouleversent, mais l'idée que nous nous en faisons.

Un embouteillage n'a, en soi, aucune charge émotionnelle. C'est le récit qu'on se raconte, « je vais échouer », « on va me juger », « je suis en retard parce que je suis incapable », qui transforme une contrariété banale en détresse.

Cette idée a traversé les siècles jusqu'à nourrir, sans le crier sur les toits, les fondements des thérapies cognitives et comportementales. Aaron Beck et Albert Ellis, pères de la TCC et de la thérapie rationnelle-émotive, ont largement puisé, consciemment, dans cette matrice stoïcienne. Repérer une pensée automatique, la questionner, la reformuler : c'est un exercice qui aurait pu figurer, presque mot pour mot, dans les Entretiens d'Épictète.

Je trouve cela profondément réconfortant pour mes patients. Cela signifie qu'une partie de notre souffrance, non pas la totalité, mais une partie réelle et mobilisable, se loge dans nos représentations. Et ce qui se loge dans une représentation peut, avec du temps et de l'accompagnement, se retravailler.

Ce que montrent les études

Ces intuitions cliniques trouvent aujourd'hui un écho dans la recherche empirique.

Chaque année depuis 2012, l'organisation britannique Modern Stoicism invite plusieurs milliers de volontaires à vivre une semaine selon les préceptes stoïciens, la Stoic Week.

Sur une décennie de données cumulées, les participants rapportent en moyenne une diminution de 15 % des émotions négatives et une hausse de 14 % de la satisfaction de vie, au terme d'une seule semaine de pratique. Les éditions les plus récentes vont plus loin encore : elles montrent une hausse mesurable de la vitalité, cette énergie et cet enthousiasme à vivre qu'on imaginait à tort incompatibles avec la philosophie stoïcienne. Loin de rendre les participants plus froids ou plus détachés, la pratique semble au contraire raviver leur élan.

Une étude menée en 2026 par Johannes Karl (Université de Zurich) et Tim LeBon (Modern Stoicism), portant sur plus de 10 000 personnes, confirme une distinction essentielle : le stoïcisme authentique, celui qui articule jugement, désir et action, se distingue nettement du stoïcisme de façade, cette simple répression des émotions. Les personnes qui obtiennent un score élevé sur l'échelle du stoïcisme authentique rapportent une satisfaction de vie plus élevée, une meilleure résilience, et des niveaux de colère et d'anxiété plus faibles, tandis que celles qui obtiennent un score élevé sur le stoïcisme de façade obtiennent de moins bons résultats. La répression émotionnelle (tentative de contrôle) et la traversée consciente d'une émotion (lâcher prise) ne relèvent donc pas du même mécanisme psychique, même si la confusion entre les deux reste très répandue.

Ces résultats prennent tout leur relief à la lumière des chiffres français sur la santé mentale.

Selon le Baromètre de Santé publique France 2024, 6,3 % des adultes ont connu un trouble anxieux généralisé au cours de l'année écoulée, et la prévalence de l'épisode dépressif caractérisé atteint 15,6 % chez les 18-79 ans. Près de 30 % des personnes concernées par un trouble anxieux n'ont eu aucun recours aux soins en santé mentale, une proportion qui grimpe à près d'une personne sur deux chez les indépendants, artisans et chefs d'entreprise. Ces chiffres rappellent l'ampleur du besoin, et la place que peuvent occuper des outils accessibles en dehors du cabinet du psychologue ou du psychanalyste, y compris une philosophie vieille de deux mille trois cents ans, dans le paysage plus large de la prévention en santé mentale.

Des exercices, pas seulement une doctrine

Le philosophe Pierre Hadot a changé notre regard sur les Anciens en montrant que la philosophie antique n'était pas affaire de théories abstraites, mais de pratiques concrètes.

Les stoïciens ne se contentaient pas de penser, ils s'entraînaient.

Sénèque conseillait de repasser sa journée chaque soir, avec bienveillance et exigence, pour identifier ce qui avait bien été mené et ce qui pourrait l'être autrement. Cet examen de conscience préfigure ce que beaucoup de psychothérapeutes recommandent aujourd'hui sous forme de carnets de bord émotionnels.

Un autre exercice, la prémeditatio malorum, consiste à envisager par avance les difficultés possibles, non pour se rendre malheureux à l'avance, mais pour désamorcer la sidération le jour où elles surviennent réellement. On le retrouve, presque identique dans sa logique, dans les protocoles d'exposition anticipée utilisés en thérapie de l'anxiété.

Ces exercices n'ont rien de mystique. Ils demandent de la régularité, comme on muscle un corps, on muscle aussi une manière de penser.

Une limite honnête, et nécessaire

Je serais malhonnête envers vous, et envers ma pratique, si je présentais le stoïcisme comme une méthode suffisante à elle seule.

La psychanalyse ouvre un espace que la philosophie stoïcienne n'explore pas : celui de l'inconscient, du refoulé, du symptôme qui parle là où le sujet croyait maîtriser son discours.

Le stoïcien travaille la représentation consciente d'un événement. L'analyse s'intéresse à ce qui échappe justement à cette conscience, aux lapsus, aux répétitions, à ce désir qui insiste malgré nous.

Un patient peut mettre en oeuvre avec application toutes les techniques de reformulation cognitive du monde et continuer à reproduire, encore et encore, le même scénario relationnel douloureux, parce que quelque chose se joue ailleurs, dans une histoire plus ancienne que sa volonté consciente. La rationalité stoïcienne a ses vertus, et elle a aussi ses limites : elle suppose un sujet capable de se saisir lui-même par la pensée, quand une partie de notre vie psychique se construit précisément hors de cette prise.

C'est pourquoi je ne propose jamais le stoïcisme comme une fin en soi à mes patients. Je le propose comme un outil parmi d'autres, une ressource à mobiliser dans certains moments, pour reprendre pied, pour retrouver un peu d'air, avant, parfois, d'aller creuser plus loin ce qui résiste.

Se sentir concerné par ce qui touche autrui

Faire partie d'un tout, sans se dissoudre dans la foule

Le stoïcisme ne réduit jamais l'individu à sa seule intériorité.

Marc Aurèle rappelait sans cesse que l'être humain appartient à un ensemble plus vaste, une cité, une humanité, un cosmos, et que son intérêt véritable se confond avec celui de cet ensemble. Il comparait l'individu isolé de la communauté à un membre coupé du corps : privé de sens, privé même de vie. Cette idée, connue sous le nom de sympatheia, invite à penser au-delà de son propre intérêt immédiat, à se sentir concerné par ce qui touche autrui, la cité, le vivant tout entier.

Mais s'inscrire dans un tout n'a jamais signifié, pour les stoïciens, se plier à l'opinion dominante.

Épictète insistait au contraire sur la nécessité de juger par soi-même, de ne pas se laisser emporter par les représentations toutes faites que la foule véhicule. Il y a là une exigence redoutable, tenir ensemble deux mouvements qui semblent contradictoires : se sentir relié à l'humanité entière, et refuser pourtant de suivre le troupeau dès qu'il s'agace ou s'emballe.

L'intuition selon laquelle la foule abaisse le jugement individuel a d'ailleurs été formalisée bien plus tard, notamment par Gustave Le Bon, qui décrivait comment, en groupe, la responsabilité s'anonymise et la pensée critique s'effrite au profit d'une contagion émotionnelle. Le stoïcien aurait sans doute reconnu ce phénomène : appartenir à un tout ne dispense pas de rester le gardien vigilant de son propre jugement. C'est même, à mes yeux, la condition pour appartenir à ce tout de façon féconde, et non pas s'y dissoudre.

En psychothérapie ou psychanalyse, cette tension résonne particulièrement chez les personnes qui redoutent de décevoir, de trancher, de se distinguer d'un groupe familial, amical ou professionnel. Le stoïcisme leur rappelle qu'on peut se sentir profondément relié aux autres sans pour autant leur emprunter son jugement.

Pourquoi cette philosophie nous touche encore

Si le stoïcisme connaît un tel regain d'intérêt aujourd'hui, dans nos vies saturées d'informations, d'incertitudes économiques et climatiques, de comparaisons permanentes sur les réseaux sociaux, c'est peut-être parce qu'il nous propose quelque chose de rare : une forme de liberté qui ne dépend pas des circonstances.

Marc Aurèle écrivait ses Pensées pour lui-même le soir, dans sa tente, entre deux batailles, pour un empire qu'il ne contrôlait pas totalement, face à une maladie qui allait l'emporter. Et pourtant, dans ces pages, on ne trouve ni amertume ni résignation passive, mais une forme de tendresse envers la condition humaine, la sienne comme celle des autres.

C'est peut-être là le cœur de ce que le stoïcisme a à offrir à celui ou celle qui traverse une épreuve : non pas l'indifférence, mais une présence plus juste à ce qui est réellement en son pouvoir. Accueillir ce qui échappe, sans s'y noyer. Agir sur ce qui reste accessible, avec constance.

Si vous traversez une période difficile, où le sentiment de perdre prise domine, ces textes anciens peuvent constituer un premier appui, une lecture du soir, un exercice à tenter. Ils ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique quand la souffrance s'installe durablement ou que les mêmes scénarios se répètent malgré vos efforts. Mais ils peuvent, en attendant, en complément, vous offrir un endroit où poser la pensée, un soir, quand tout semble trop lourd.

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  • Stoïcisme authentique : distinguer ce qui dépend de nous, accueillir l'émotion sans la fuir, agir malgré l'incertitude.
  • Stoïcisme de façade : réprimer ce qu'on ressent, confondre calme apparent et apaisement réel.

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FAQ : Stoïcisme et santé mentale

Qu'est-ce que le stoïcisme, en une phrase simple ?

Une philosophie qui invite à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas.

Née dans la Grèce antique, cette philosophie porte sur nos pensées, nos jugements, nos actions, à l'opposé des événements extérieurs qui échappent à notre volonté. Loin d'être une doctrine abstraite, c'est une pratique quotidienne de gestion du stress et des émotions. Beaucoup de praticiens en psychologie y voient une matrice historique de la thérapie cognitive comportementale actuelle : agir sur nos représentations pour transformer notre rapport à l'adversité, plutôt que de chercher à contrôler l'incontrôlable.

Le stoïcisme, est-ce la même chose que réprimer ses émotions ?

Non, c'est même l'inverse de ce que la recherche en psychologie appelle le stoïcisme authentique.

C'est la confusion la plus répandue. Le stoïcisme authentique n'est pas une négation des émotions mais un travail sur leur origine cognitive. Les recherches récentes distinguent clairement le stoïcisme réel de la simple répression : cette dernière est associée à davantage de troubles mentaux, quand le premier favorise la résilience. Un bon thérapeute ou psychothérapeute rappellera toujours qu'accueillir une émotion, la comprendre, la traverser, diffère radicalement de l'étouffer sous une apparence de calme.

Quelle est la différence entre stoïcisme et indifférence ?

L'indifférence évite le monde, le stoïcisme s'y engage pleinement, mais autrement.

Un stoïcien continue d'aimer, de s'investir, d'agir avec courage, tout en acceptant que certains résultats lui échappent. Cette nuance est essentielle en clinique : un patient qui confond détachement stoïcien et évitement émotionnel s'éloigne souvent, sans le savoir, d'un vrai travail thérapeutique. La distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas ne dispense jamais de la relation à l'autre, bien au contraire, elle en éclaire au contraire les enjeux réels.

Le stoïcisme peut-il aider en cas d'anxiété ou de dépression ?

Il peut constituer un appui, jamais un traitement à lui seul.

Les exercices stoïciens, distinguer nos pensées des faits, pratiquer un bilan du soir, aident à réduire la rumination anxieuse. Mais une dépression installée ou un trouble anxieux généralisé relèvent d'un accompagnement par un psychiatre, un psychothérapeute ou un thérapeute formé aux approches cognitives et comportementales. Le stoïcisme peut accompagner un mieux-être, pas se substituer à une prise en charge quand la souffrance psychologique devient invalidante au quotidien.

Quel est le lien entre stoïcisme et thérapie cognitivo-comportementale ?

Un lien direct et documenté, revendiqué par les fondateurs mêmes de la TCC.

Albert Ellis et Aaron Beck, fondateurs de la thérapie rationnelle-émotive et de la thérapie cognitive, ont explicitement puisé dans la philosophie stoïcienne l'idée que nos pensées, et non les événements eux-mêmes, façonnent nos émotions. Repérer une pensée automatique, la questionner rationnellement, la reformuler : ce protocole cognitif classique doit beaucoup à Épictète. C'est aussi pourquoi de nombreux thérapeutes intègrent aujourd'hui des références stoïciennes dans une approche intégrative en psychothérapie.

Comment pratiquer le stoïcisme au quotidien ?

Trois exercices simples suffisent pour commencer.

Le tri d'Épictète : face à un stimulus stressant, se demander si la situation dépend de nous. Le bilan du soir, hérité de Sénèque : repasser sa journée avec bienveillance. La prémeditatio malorum : anticiper les difficultés pour désamorcer la sidération le jour venu. Ces pratiques, proches de la relaxation et de la gestion du stress enseignées en psychologie, gagnent en efficacité lorsqu'elles sont régulières plutôt qu'occasionnelles.

Qui sont les philosophes stoïciens les plus connus ?

Trois figures dominent l'école stoïcienne romaine : Épictète, Sénèque et Marc Aurèle.

Épictète, ancien esclave devenu maître de philosophie, théorise la dichotomie du contrôle. Sénèque, précepteur politique, développe une réflexion sur le temps et la mort dans ses Lettres à Lucilius. Marc Aurèle, empereur romain, rédige ses Pensées pour lui-même comme un carnet intime de discipline personnelle. Trois vies très différentes, une même quête : rester libre intérieurement quand les circonstances échappent à notre volonté.

Le stoïcisme est-il compatible avec la psychanalyse ?

En partie seulement, les deux approches se complètent plus qu'elles ne se recouvrent.

Le stoïcisme travaille la représentation consciente d'un événement, quand l'approche psychanalytique explore ce qui échappe à la conscience : l'inconscient, le refoulé, le symptôme, le traumatisme parfois ancien. Un patient peut appliquer une technique cognitive rationnelle et continuer à reproduire, malgré lui, un scénario relationnel douloureux. L'une agit sur le jugement, l'autre sur ce qui structure le psychisme en profondeur, hors de portée de la volonté consciente.

Peut-on être stoïcien et ressentir de l'amour ou de la tristesse ?

Oui, sans aucune contradiction avec la philosophie stoïcienne.

Les stoïciens distinguaient les passions irrationnelles, qui submergent le jugement, des sentiments justes, fondés sur une évaluation correcte de la situation. Marc Aurèle aimait profondément son épouse, Sénèque écrivait avec tendresse sur l'amitié. Être stoïcien ne signifie pas être froid ou coupé de sa vie affective, mais chercher des émotions ajustées à la réalité plutôt que gouvernées par la peur, la dépendance ou l'anxiété.

Faut-il consulter un psychothérapeute plutôt que de pratiquer seul ?

Les deux ne s'excluent pas, ils répondent à des besoins différents.

Le stoïcisme, en autodidacte, peut aider à traverser des contrariétés ordinaires ou à mieux gérer le stress au quotidien. Mais dès que la souffrance psychologique s'installe, qu'un traumatisme resurgit ou qu'un trouble mental interfère avec la vie quotidienne, l'accompagnement par un praticien, psychologue, psychothérapeute ou psychiatre, devient nécessaire. Un thérapeute formé aux approches intégratives saura articuler outils cognitifs, dimension corporelle et travail psychanalytique selon ce que la situation demande vraiment.

Le stoïcisme peut-il aider à surmonter une phobie ?

Il peut accompagner une prise de recul, mais la phobie nécessite une prise en charge spécifique.

La dichotomie stoïcienne aide à repérer qu'une peur irrationnelle naît souvent d'un jugement automatique face à un stimulus précis, plutôt que du danger réel. Les neurosciences confirment d'ailleurs que la réaction phobique s'enracine dans des circuits neuro rapides, antérieurs à toute réflexion consciente. C'est pourquoi une phobie installée relève avant tout des thérapies comportementales et cognitives, avec exposition progressive aux stimuli redoutés, idéalement accompagnée par un thérapeute formé à ces protocoles spécifiques.

Quelle est la différence entre stoïcisme et approches systémiques ou intégratives en thérapie ?

Le stoïcisme cible la pensée individuelle, les approches systémiques élargissent le regard à l'entourage et au contexte.

Là où le stoïcisme travaille le rapport de la personne à ses propres jugements, la thérapie systémique s'intéresse aux interactions familiales, conjugales ou professionnelles qui entretiennent une souffrance. Une approche intégrative en psychothérapie combine souvent ces angles : le cognitif, le corporel, le systémique et parfois l'analytique, selon la psychopathologie rencontrée. Un praticien formé à l'intégratif peut ainsi travailler l'ici et maintenant du patient tout en tenant compte de ce qui se joue autour de lui.

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
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