Psychologie des troubles alimentaires, qu'est-ce que l'hyperphagie ?
13/9/2024

Qu'est-ce que l'hyperphagie ?

Vous est-il déjà arrivé de vider un paquet de chips ou de chocolat sans vous en rendre compte, simplement parce que vous vous sentiez stressé, triste ou fatigué ? Si c’est le cas, vous n'êtes pas seul.e. Ce comportement est souvent lié à un trouble alimentaire appelé hyperphagie boulimique. Mais qu’est-ce que l’hyperphagie exactement, et pourquoi est-elle parfois difficile à identifier ?

Table des matières

Je prends rendez-vous au cabinet psy à Versailles

L’hyperphagie, c’est lorsque vous avez des épisodes récurrents où vous mangez une grande quantité de nourriture en un temps limité, généralement en moins de deux heures, tout en ayant l'impression de perdre le contrôle. Ce n'est pas seulement un excès ponctuel, mais une manière récurrente de gérer vos émotions à travers la nourriture. Contrairement à la boulimie, ces crises ne sont pas suivies de comportements compensatoires (comme se faire vomir ou faire de l'exercice intensif), ce qui peut entraîner une prise de poids importante.

Que dit le DSM sur l’hyperphagie ?

Le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) reconnaît l’hyperphagie boulimique comme un trouble alimentaire distinct. Ce diagnostic repose sur plusieurs critères, dont des épisodes de suralimentation où vous perdez le contrôle sur la quantité de nourriture consommée. Ces épisodes doivent se produire au moins une fois par semaine pendant trois mois.

Pendant ces crises, il est courant de manger très rapidement, jusqu’à se sentir inconfortablement plein, ou de manger seul par honte. Après, des émotions négatives comme la culpabilité ou la honte peuvent apparaître. Contrairement à la boulimie, l'hyperphagie ne s’accompagne pas de tentatives pour compenser ces excès, rendant le trouble plus difficile à identifier.

Pourquoi privilégions-nous certains aliments quand nous mangeons nos émotions ?

Avez-vous remarqué que lorsque vous mangez pour apaiser vos émotions, vous êtes attiré par des aliments spécifiques ? Ce n’est généralement pas une salade ou des légumes que vous cherchez, mais plutôt des chocolats, des chips ou de la glace.

Mais pourquoi ces aliments en particulier ?

Cela s’explique en grande partie par la réaction chimique que ces aliments provoquent dans le cerveau. Les aliments gras, sucrés ou salés activent la production de dopamine, l’hormone du plaisir, qui procure un soulagement rapide et une sensation de bien-être. C’est une réponse biologique inscrite dans notre système pour rechercher des sources de plaisir face à des émotions désagréables.

Il y a aussi une dimension psychologique et culturelle. Certains aliments sont associés à des souvenirs réconfortants ou à des moments heureux, comme les biscuits que votre grand-mère préparait ou les glaces partagées avec des amis. Ces aliments rassurants sont liés à des émotions positives, et c’est pourquoi vous les recherchez instinctivement en période de stress ou de tristesse.

Pourquoi mange-t-on souvent ses émotions en fin de journée ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vos envies de manger pour compenser vos émotions se manifestent souvent le soir ? Après une longue journée de travail ou de gestion familiale, il est fréquent de ressentir un vide. Mais pourquoi ces envies surviennent-elles précisément à ce moment de la journée ?

La fatigue joue un rôle central.

Après avoir passé la journée à résoudre des problèmes, à faire face au stress et à prendre des décisions, vos ressources mentales sont épuisées. Le soir, votre cerveau cherche un moyen rapide de relâcher la pression et de trouver du réconfort.

La nourriture devient alors une solution simple et immédiate pour apaiser cette fatigue.

C'est aussi souvent le moment où vous vous retrouvez enfin seul, sans distractions pour échapper à vos émotions refoulées pendant la journée. C’est là que le stress, l’ennui ou même la solitude peuvent déclencher une envie de manger, car c’est une réponse directe et rapide à ces sentiments inconfortables.

Quel rôle joue l'impulsivité dans l'alimentation émotionnelle ?

L’impulsivité est un élément clé dans l’alimentation émotionnelle.

Avez-vous déjà ressenti cette envie soudaine et incontrôlable de manger, comme si c’était plus fort que vous ? Mais pourquoi cette impulsivité est-elle si présente lorsque vous mangez pour apaiser vos émotions ?

L’impulsivité est souvent une réponse à une émotion intense.

Quand vous vous sentez submergé par l’anxiété, la tristesse ou la colère, votre cerveau cherche une solution rapide pour apaiser cette tension. Manger devient alors un réflexe, une manière de calmer cette vague émotionnelle sans prendre le temps de réfléchir à ce que vous ressentez vraiment.

Certains facteurs, comme le manque de sommeil ou un stress élevé, peuvent accentuer cette impulsivité. Lorsque vous êtes fatigué, votre capacité à prendre des décisions rationnelles diminue, et vous êtes plus enclin à céder à des envies de grignotage sans réfléchir aux conséquences.

Pourquoi ressent-on de la culpabilité après avoir mangé ses émotions ?

Une fois l’émotion apaisée et la nourriture consommée, il est courant de ressentir une autre émotion : la culpabilité.

Mais pourquoi ce sentiment apparaît-il après avoir mangé pour compenser ses émotions ?

La culpabilité provient généralement du décalage entre ce que vous vouliez faire et ce que vous avez effectivement fait.

Vous savez que manger pour calmer une émotion n’est pas la solution idéale, mais sur le moment, c'était votre réponse immédiate. Cette dissonance entre vos intentions et vos actions crée un sentiment de culpabilité.

Il y a aussi une pression sociale à prendre en compte.

Nous vivons dans une société où le contrôle de soi est valorisé, notamment en ce qui concerne l’alimentation. Céder à une envie impulsive peut donner l’impression d’un échec personnel, renforçant ce sentiment de culpabilité.

Que faire si vous pensez souffrir d’hyperphagie ?

Si vous pensez que l’hyperphagie fait partie de votre vie, la première étape est de ne pas vous culpabiliser.

Ce trouble ne définit pas qui vous êtes, et vous n’êtes pas seul.e à le vivre. Parler à un professionnel de santé mentale, comme un psychologue, un psychanalyste, un psychothérapeute ou un psychiatre, peut être un premier pas vers la compréhension et la guérison. Ces spécialistes sont là pour vous accompagner et vous aider à reprendre le contrôle, non pas en vous privant, mais en travaillant sur la gestion de vos émotions et sur votre relation avec la nourriture.

Des thérapies comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) se sont montrées efficaces pour traiter l’hyperphagie.

Elles permettent d’identifier les déclencheurs émotionnels et d’apprendre des stratégies pour mieux gérer ces émotions sans avoir recours à la nourriture. Il existe également des groupes de soutien, où vous pouvez partager votre expérience avec d'autres personnes vivant la même chose.

Quel rôle joue la thérapie stratégique systémique dans le traitement de l'hyperphagie ?

La thérapie stratégique systémique offre une approche intéressante pour comprendre et traiter l'hyperphagie.

Cette thérapie se concentre sur les schémas de pensée et de comportement qui maintiennent le trouble, notamment la logique de contrôle, les croyances sous-jacentes et les comportements d'évitement. Dans le cadre de l'hyperphagie, la logique de contrôle peut se traduire par une tentative de gérer des émotions difficiles ou des situations stressantes en mangeant.

Les croyances sous-jacentes, comme l'idée que la nourriture est une source de réconfort ou un moyen de combler un vide émotionnel, jouent également un rôle crucial. Ces croyances peuvent être profondément ancrées et difficiles à changer, mais la thérapie stratégique systémique vise à les déconstruire progressivement. En utilisant des interventions spécifiques et ciblées, cette approche aide à identifier et à modifier les comportements qui maintiennent le trouble, tout en abordant les mécanismes d'évitement qui empêchent la personne de faire face à ses émotions ou à ses problèmes de manière plus constructive.

Le travail sur ces aspects permet de rétablir un équilibre, en vous aidant à trouver de nouvelles stratégies pour gérer vos émotions et pensées sans recourir à la suralimentation.

Je prends rendez-vous au cabinet psy à Versailles

FAQ – Hyperphagie : vos questions les plus fréquentes

Qu’est-ce qui distingue l’hyperphagie des autres troubles de l’alimentation ?

L’hyperphagie se caractérise par des épisodes où la prise alimentaire devient excessive, rapide et marquée par une perte de contrôle.

Contrairement à l’anorexie mentale ou aux conduites boulimiques, il n’y a ni vomissements, ni laxatifs, ni restriction sévère après la crise. Beaucoup de personnes souffrant d’hyperphagie vivent un profond mal-être psychique, parfois lié à une dépression ou à des émotions anxieuses difficiles à gérer. Ce trouble du comportement alimentaire peut entraîner surpoids ou obésité, mais pas toujours. Un thérapeute peut vous aider à comprendre ce qui se joue dans l’inconscient.

L’hyperphagie apparaît-elle plus souvent à l’adolescence ou à l’âge adulte ?

L’hyperphagie peut émerger à tout âge, mais on observe une prévalence plus élevée à l’adolescence et au jeune âge adulte, période où le corps change et où les émotions nerveuses sont plus intenses. Les jeunes souffrant de TCA peuvent alterner entre restriction, conduites alimentaires désorganisées et prises alimentaires fortes. Chez l’adulte, le trouble se manifeste souvent dans un contexte de stress, de fatigue psychique ou de dépression. Dans tous les cas, il ne s’agit pas d’un manque de volonté, mais d’un trouble du comportement alimentaire qui nécessite une prise en charge thérapeutique.

Pourquoi certaines personnes hyperphagiques ressentent-elles du dégoût après une crise ?

Le dégoût survient souvent après que la tension émotionnelle retombe.

Pendant la crise, l’alimentation répond à une souffrance psychique ou à un état anxieux. Après, l’inconscient laisse remonter la honte, la culpabilité ou l’impression d’une conduite excessive. Ce dégoût concerne rarement la nourriture elle-même : il reflète plutôt le fossé entre ce qu’on aurait voulu faire et ce qui s’est produit. Comprendre ce mécanisme peut aider à guérir progressivement, notamment grâce à des approches thérapeutiques centrées sur les émotions et la pleine conscience.

L’hyperphagie entraîne-t-elle toujours un surpoids ou une obésité ?

Non, même si cela peut arriver.

Certaines personnes souffrant d’hyperphagie connaissent une prise de poids, mais d’autres maintiennent un poids stable grâce à un métabolisme particulier ou à des périodes de restriction entre les crises. L’essentiel n’est pas seulement la perte de poids, mais la souffrance psychique et les conduites alimentaires désorganisées. L’hyperphagie est un TCA reconnu, qui nécessite un accompagnement thérapeutique adapté. Que vous ayez ou non un surpoids, votre difficulté est importante et mérite d’être entendue par un thérapeute qualifié.

L’hyperphagie est-elle liée à la dépression ou à l’anxiété ?

Oui, très souvent.

Beaucoup de personnes souffrant d’hyperphagie vivent aussi des épisodes dépressifs, une anxiété nerveuse ou un mal-être profond. Les crises peuvent fonctionner comme une tentative d’apaiser une tension psychique trop forte. On parle parfois de conduite d’auto-soulagement. La thérapie aide à identifier les déclencheurs émotionnels et à comprendre les besoins inconscients derrière ces comportements. Ce n’est pas une faiblesse, mais un mécanisme de survie psychologique qui peut évoluer positivement grâce à un accompagnement thérapeutique adapté.

Les crises d’hyperphagie sont-elles dangereuses pour la santé ?

Les crises répétées peuvent avoir un impact corporel et psychique réel.

Elles favorisent parfois la fatigue, la prise de poids, l’obésité ou des troubles métaboliques. Mais l’effet le plus douloureux reste souvent la souffrance émotionnelle : honte, compulsions, obsession alimentaire, isolement. Contrairement à d’autres troubles de l’alimentation, il n’y a pas d’usage de vomissements ou de laxatifs, mais la répétition des crises rend le rapport au corps difficile. Une prise en charge thérapeutique permet de réduire les crises et d’apaiser la relation à la nourriture.

L’hyperphagie peut-elle être confondue avec la boulimie ?

Oui, car les deux troubles impliquent une perte de contrôle alimentaire.

La différence essentielle est que les personnes boulimiques adoptent ensuite des conduites compensatoires (vomissements, laxatifs, exercice excessif), ce qui n’est pas le cas dans l’hyperphagie. Les crises hyperphagiques sont plus souvent associées à une prise de poids progressive et à une souffrance émotionnelle marquée. Les deux sont des troubles du comportement alimentaire et nécessitent un accompagnement thérapeutique sérieux pour comprendre ce qui, dans l’inconscient, pousse à ces conduites.

Peut-on vraiment guérir de l’hyperphagie ?

Oui, l’hyperphagie peut s’atténuer et même disparaître avec un suivi thérapeutique adapté.

Les approches les plus efficaces travaillent à la fois sur la souffrance psychique, les émotions anxieuses, les conduites alimentaires et le rapport corporel. La pleine conscience, les thérapies psycho-corporelles, la thérapie stratégique ou l’approche analytique peuvent aider à retrouver une relation plus apaisée à la nourriture. On ne guérit pas en se forçant à « manger mieux », mais en comprenant ce qui, dans l’inconscient, appelle à ces crises. Le changement est possible, progressivement, sans violence.

Pourquoi certaines personnes développent-elles un trouble du comportement alimentaire comme l’hyperphagie ?

L’hyperphagie ne vient jamais de nulle part.

Elle peut apparaître après un stress intense, un traumatisme, une période de dépression, une adolescence marquée par des injonctions corporelles, ou simplement un mal-être psychique accumulé. Les crises sont souvent une manière de calmer ce qui déborde : émotions, tensions nerveuses, solitude, fatigue. L’hyperphagie est une réponse, pas une cause. C’est un langage corporel qui signale une surcharge intérieure. Un thérapeute peut vous aider à décoder ce message et à retrouver d’autres façons de vous apaiser.

La thérapie est-elle indispensable pour sortir de l’hyperphagie ?

On peut essayer de gérer seul ses conduites alimentaires, mais la thérapie facilite vraiment la guérison.

L’hyperphagie est un trouble du comportement alimentaire complexe, mêlant émotions, inconscient, habitudes corporelles et mécanismes psychiques. Un thérapeute peut vous aider à comprendre l’origine des crises, à travailler la pleine conscience, à apaiser l’anxiété et à reconstruire une relation moins obsessionnelle à la nourriture. Il ne s’agit pas de volonté mais d’un accompagnement thérapeutique doux, progressif et adapté aux personnes souffrant de ce trouble.

Je prends rendez-vous au cabinet psy à Versailles

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
Pour un soutien personnel ou professionnel, je vous propose un suivi adapté à vos besoins favorisant bien-être et épanouissement, à Versailles.

Psychanalyse, hypnose, coaching, supervision et thérapies brèves.

Vous pourriez être intéressé(e) par...

Vous pourriez également être curieux(se) de...