
Claudie, directrice marketing de 38 ans, a obtenu son permis à 20 ans mais n'a plus touché un volant depuis un aquaplaning violent sur l'A13 il y a huit ans. Aujourd'hui, après seulement 6 séances d'hypnose et d'EMDR à Versailles, elle conduit sereinement pour emmener ses enfants à l'école et se rendre à ses rendez-vous professionnels.
Je prends rendez-vous au cabinet de psychothérapie, hypnothérapie à Versailles
« Ce n'était pas juste la peur de conduire. C'était la honte de me sentir diminuée, incapable de faire quelque chose que tout le monde fait naturellement. »
Mais au-delà des statistiques, il y a une réalité humaine souvent invisible. L'amaxophobie fait partie des troubles anxieux spécifiques : c'est un véritable trouble anxieux qui impacte votre santé mentale et qui s'infiltre dans tous les recoins de votre existence, façonne vos choix professionnels, limite vos horizons géographiques, vous coupe progressivement du monde.
Au début, cela semble gérable. On prend les transports en commun, on demande à son conjoint, on refuse certaines opportunités professionnelles en se disant que ce n'est pas si grave.
Mais l'évitement a un prix psychologique terrible. Chaque fois que vous évitez la situation redoutée, vous renforcez dans votre cerveau l'idée que le danger est réel. Vous continuez d'avoir peur au lieu de désapprendre cette peur. La peur grandit dans l'ombre de ce que vous refusez d'affronter. Et surtout, l'évitement grignote votre estime de vous. Vous commencez à vous voir comme quelqu'un de faible, d'incapable, de diminué. Cette image de soi dégradée devient parfois plus douloureuse que la phobie elle-même.
Environ 50% des amaxophobies font suite à un événement traumatique.
Mais contrairement à ce qu'on imagine, il ne s'agit pas toujours d'un accident spectaculaire. Un aquaplaning de quelques secondes, un freinage d'urgence, une perte de contrôle sur route verglacée peuvent suffire. Ce qui compte, ce n'est pas la gravité objective de l'événement, mais l'intensité subjective de la peur ressentie, une peur excessive qui dépasse de loin le danger réel.
À ce moment-là, votre système nerveux bascule en mode survie. Le souvenir de l'événement s'imprime dans votre mémoire émotionnelle avec toute sa charge anxiogène, mais sans être vraiment "digéré" psychiquement. Il reste figé, brut, non intégré. Et chaque fois que vous envisagez de conduire, certains stimuli (la vue d'une voiture, l'odeur de l'habitacle, le bruit du moteur) réactivent automatiquement ce souvenir et déclenchent la même réaction de peur qu'au moment du traumatisme initial.
Une attaque de panique au volant, sans danger réel, peut créer une association automatique entre la conduite et l'angoisse. Le mécanisme est pernicieux : vous redoutez de refaire une crise, cette anticipation anxieuse devient pathologique et génère justement les conditions physiologiques favorables à son apparition, et le cercle vicieux s'installe.
Les personnes naturellement anxieuses, perfectionnistes, ayant un besoin élevé de contrôle sont particulièrement vulnérables. Celles qui souffrent d'anxiété généralisée présentent un terrain favorable. Elles vivent la conduite comme une situation où trop de variables échappent à leur maîtrise : comportement imprévisible des autres conducteurs, conditions météorologiques, état mécanique du véhicule. Cette impossibilité de tout contrôler devient insupportable.
Si vous avez grandi avec un parent qui exprimait constamment sa terreur de la route, qui commentait chaque trajet en voiture avec anxiété, qui vous transmettait l'idée que conduire est fondamentalement dangereux, vous avez peut-être intégré ces croyances anxiogènes à un niveau profond. Les stéréotypes de genre jouent aussi leur rôle, particulièrement pour les femmes qui ont intériorisé l'idée qu'elles seraient "naturellement" moins compétentes au volant.
Voici le paradoxe cruel de l'amaxophobie : vous savez intellectuellement que votre peur est disproportionnée. Vous connaissez les statistiques de sécurité routière, vous comprenez rationnellement que conduire n'est pas plus dangereux que de nombreuses autres activités quotidiennes. Mais cette connaissance consciente ne change rien à votre peur. Pourquoi ? Parce que la phobie ne réside pas dans votre conscience rationnelle, elle est ancrée dans les circuits automatiques de votre cerveau émotionnel.
L'état hypnotique permet de court-circuiter les défenses du mental rationnel pour accéder directement à ces réponses émotionnelles automatiques. En hypnose, nous pouvons reprogrammer vos réactions face à la conduite grâce à une restructuration cognitive profonde. Au lieu de la réponse automatique de peur, nous installons progressivement des réponses de calme, de confiance, de sentiment de sécurité.
Lorsque l'amaxophobie fait suite à un traumatisme, l'hypnose combinée à l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) permet de retraiter la mémoire traumatique de manière profonde. L'EMDR utilise des stimulations bilatérales alternées – généralement des mouvements oculaires – pour permettre au cerveau de retraiter l'information traumatique restée figée.
Le souvenir ne disparaît pas – ce n'est pas de l'amnésie – mais il perd sa charge émotionnelle paralysante.
Vous pouvez y repenser sans être submergée par l'anxiété. Le passé reste le passé, au lieu de contaminer sans cesse votre présent.
Votre cerveau ne fait pas de différence nette entre une expérience réellement vécue et une expérience imaginée de manière très vivace. En vous visualisant au volant, d'abord dans des situations simples puis progressivement plus complexes, tout en maintenant un état de calme grâce à l'hypnose, vous créez de nouvelles associations neuronales entre la conduite et la sérénité.
Cette exposition graduelle en imagination prépare le terrain pour l'exposition réelle, qui devient alors beaucoup plus accessible.
Aucune collision finale, aucun blessé, mais le choc émotionnel a été immense et les conséquences psychiques se sont déployées dans les semaines qui ont suivi.
Insomnies. Cauchemars récurrents. Et lorsqu'elle a tenté de reprendre le volant trois semaines plus tard : crise de panique immédiate dès qu'elle a mis le contact. Elle a renoncé à conduire, se disant que c'était temporaire, que ça passerait. Mais les mois puis les années ont défilé, et la peur n'a fait que croître.
Professionnellement, elle a dû refuser une promotion importante qui impliquait des déplacements réguliers en région.
Elle s'est sentie obligée d'expliquer, de se justifier, ce qui a renforcé sa honte.
Après son déménagement à Versailles pour offrir un meilleur cadre de vie à ses enfants, la situation est devenue critique. Dépendance totale à son conjoint pour tous les déplacements. Impossibilité d'emmener ses enfants à leurs activités, de rendre visite à sa famille en Normandie, de gérer les imprévus du quotidien. Elle se sentait prisonnière dans sa propre vie, diminuée, profondément honteuse de cette dépendance qu'elle vivait comme une régression.
« Je me sentais comme une adolescente qui doit demander à ses parents de la conduire partout. À 38 ans. C'était humiliant. »
Elle avait essayé "de se raisonner", lu des articles, tenté des techniques de relaxation. Rien n'avait vraiment fonctionné.
Nous avons commencé par plusieurs séances d'EMDR ciblées sur la mémoire traumatique de l'aquaplaning. Le processus a été intense émotionnellement. Claudie se reconnectait au souvenir tout en suivant mes doigts des yeux, et progressivement, séance après séance, le souvenir perdait de sa charge anxiogène. Après trois séances, elle pouvait repenser à l'événement avec un certain détachement, presque comme si c'était arrivé à quelqu'un d'autre.
En parallèle, nous avons travaillé en hypnose sur une désensibilisation progressive et sur le renforcement de sa confiance en elle. Nous avons aussi exploré les dimensions symboliques : pour Claudie, conduire représentait inconsciemment l'autonomie, et ne plus pouvoir conduire ravivait des angoisses anciennes liées à la dépendance.
Un petit tour du quartier, très lentement. Elle était anxieuse, mais elle a utilisé les techniques de respiration que nous avions travaillées. Elle a géré. Elle l'a fait.
Six mois après la fin de notre travail, Claudie conduit quotidiennement. Elle a retrouvé son autonomie. Elle ne conduit toujours pas sur autoroute par temps de pluie, et elle assume ce choix sans honte. Ce qui compte, c'est qu'elle a retrouvé sa liberté de mouvement et surtout sa confiance en elle-même.
« Ce qui a vraiment changé, c'est que je me suis réconciliée avec moi-même. Je ne me sens plus diminuée. Je me fais confiance. Et ça dépasse largement la question de la voiture. »
Pour certaines femmes, conduire représente aussi inconsciemment une affirmation d'autonomie qui peut entrer en conflit avec des loyautés familiales invisibles, surtout si elles ont grandi dans des environnements où l'indépendance féminine n'était pas valorisée.
La peur de perdre le contrôle au volant renvoie souvent à des enjeux plus larges de maîtrise dans l'existence. Le travail thérapeutique touche alors à votre capacité à tolérer l'incertitude, à accepter que tout ne peut pas être contrôlé, à faire confiance à vos ressources intérieures.
À mon cabinet, je propose une approche intégrative combinant hypnose ericksonienne, EMDR pour les traumatismes, et une écoute psychanalytique qui permet d'explorer les enjeux inconscients profonds que peut recouvrir le symptôme phobique. En tant que thérapeute, j'intègre également des éléments de thérapie comportementale lorsque cela s'avère pertinent pour renforcer l'exposition progressive.
Cette approche multimodale agit simultanément sur la mémoire traumatique, les réponses émotionnelles automatiques, les croyances limitantes et les enjeux psychiques. C'est cette vision globale qui permet d'obtenir des résultats durables, généralement en 6 à 8 séances.
Elle installe un sentiment d'impuissance et de honte qui peut contaminer d'autres domaines de votre vie.
Mais ce n'est pas une fatalité. L'hypnose, combinée à l'EMDR et à une approche psychanalytique, offre une voie thérapeutique efficace pour surmonter cette peur. Le travail ne se limite pas à traiter le symptôme : il renforce votre confiance en vous, votre capacité à faire face à l'imprévu, votre sentiment de légitimité à occuper votre place dans le monde.
Si vous souffrez d'amaxophobie, sachez qu'il est possible de s'en libérer. Les personnes souffrant de peur de conduire ne présentent pas une faiblesse de caractère : l'amaxophobie est un trouble anxieux qui se traite efficacement. Vous méritez de retrouver votre autonomie et votre liberté.
Après une attaque de panique ou crise d'angoisse, lorsqu'un traumatisme est à l'origine de la phobie, il faut compter 6 à 8 séances combinant hypnose et EMDR. Dès les premières séances, vous devriez ressentir une diminution significative de l'anxiété.
L'hypnose et l'EMDR permettent de retraiter la mémoire traumatique pour qu'elle perde sa charge émotionnelle paralysante. Le souvenir reste présent, mais il ne déclenche plus la même réaction de peur. Vous pouvez y repenser avec du recul, presque du détachement.
L'idéal est de commencer par traiter la phobie en hypnose, puis de reprendre progressivement la conduite en situation réelle, à votre rythme, sans pression.
L'hypnose est particulièrement efficace sur les phobies situationnelles spécifiques. Nous travaillerons en désensibilisation progressive ciblée sur l'autoroute, en identifiant précisément ce qui fait peur : la vitesse ? L'impossibilité de s'arrêter facilement ? La présence de poids lourds ? Les résultats sont généralement excellents.
Vous avez non seulement traité le symptôme, mais aussi renforcé votre confiance en vous et développé des outils de gestion de l'anxiété. Une petite anxiété peut réapparaître ponctuellement après un stress important, mais vous aurez les ressources pour la gérer.
L'amaxophobie peut apparaître après avoir été témoin d'un accident, après des récits traumatisants entendus dans l'enfance, après une crise de panique survenue au volant sans raison apparente, ou simplement par manque d'expérience et perte progressive de confiance. Les origines sont multiples et ne nécessitent pas toujours un traumatisme personnel direct.