Nos articles sur le sujet : Eveillez votre conscience !

Penser autrement ce que l'on croyait savoir

Il existe des évidences qui ne le sont pas.

Des certitudes héritées, jamais questionnées, que l'on promène de relation en relation, de situation en situation, comme si elles allaient de soi.

L'amour maternel est toujours là. Le consentement se réduit à un oui ou un non. La psychiatrie soigne. Un homme ne peut pas être victime. La folie, c'est pour les autres.

Ces idées-là méritent d'être interrogées — non pas pour le plaisir de déranger, mais parce que tant qu'elles restent dans l'angle mort de la conscience, elles continuent d'organiser nos jugements, nos silences et nos souffrances à notre insu.

La conscience comme acte

Éveiller sa conscience, ce n'est pas accumuler des informations.

C'est accepter de regarder là où l'on évitait de regarder. C'est consentir à ce que Lacan appelait la parole pleine — celle qui ne remplit pas le vide mais le traverse, celle qui surprend celui qui la prononce parce qu'elle dit quelque chose de vrai qui n'avait pas encore été dit. Cette parole-là ne se décrète pas. Elle émerge dans les espaces où l'on se permet enfin de penser librement, sans la pression du jugement social ou de la norme.

Car c'est bien là que réside l'enjeu de cette rubrique : créer un espace de pensée décalée, exigeante, parfois inconfortable — mais nécessaire. Un espace où les tabous peuvent être nommés, où les souffrances invisibles peuvent être vues, où les évidences peuvent être déconstruites.

Des sujets qui dérangent l'ordre établi

Certains thèmes abordés ici heurtent quelque chose.

Peut-on ne pas aimer sa mère sans être un monstre d'ingratitude ? La psychiatrie, dans sa dérive gestionnaire et normalisante, est-elle encore au service du sujet — ou sert-elle à le faire taire plus efficacement ? Le consentement est-il vraiment libre quand il se construit dans un contexte de peur, de séduction ou de rapport de pouvoir asymétrique ? Un homme battu a-t-il le droit d'exister dans notre représentation collective de la violence conjugale ?

Ces questions ne sont pas rhétoriques. Elles sont cliniques. Elles émergent dans les cabinets, portées par des personnes réelles qui souffrent précisément de ne pas trouver de place dans les récits dominants — parce que leur douleur ne correspond pas au script attendu, parce que leur histoire ne rentre dans aucune case disponible, parce que la société préfère parfois le silence à la complexité.

Penser contre soi-même pour mieux se comprendre

L'éveil de la conscience demande une certaine forme de courage intellectuel : celui de remettre en question ses propres représentations avant même de questionner celles des autres.

Pourquoi certaines souffrances nous touchent-elles davantage que d'autres ? Pourquoi certains récits de victimisation nous semblent-ils plus légitimes ? Quelles loyautés invisibles nous empêchent de voir ce qui est pourtant là, sous nos yeux ?

Ces questions ne visent pas à culpabiliser. Elles visent à élargir — à ouvrir un champ de conscience plus large, plus généreux, plus juste. Parce que comprendre autrement, c'est aussi soigner autrement : avec moins de préjugés, plus de présence, et une capacité accrue à entendre ce qui ne se dit pas encore tout à fait.

Les articles de cette rubrique sont des invitations à penser — librement, rigoureusement, sans conclure trop vite. Si ce mouvement vous intéresse et que vous souhaitez l'approfondir dans un espace thérapeutique, le cabinet vous accueille à Versailles.