Thérapie de couple : "Ai-je vraiment tout essayé ?"
12/3/2026

Thérapie de couple : "Ai-je vraiment tout essayé ?"

Il y a des séances comme ça. On est là, tous les deux, on a fait l'effort de venir. On parle. On répond. Et pourtant quelque chose dans la pièce reste immobile — comme si les mots tournaient sans jamais vraiment atterrir. Le thérapeute observe deux personnes qui occupent l'espace sans vraiment l'habiter ensemble. La thérapie tourne en rond, et chacun rentre chez soi avec le même poids qu'à l'arrivée, peut-être un peu plus lourd.Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas la preuve que ça ne marchera pas. C'est souvent le signe qu'on est au bord de quelque chose — au bord d'une question qu'on n'a pas encore osé se poser vraiment. Pas à l'autre. À soi.

Table des matières

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Depuis le début des années 2010, 425 000 séparations conjugales ont lieu en moyenne chaque année en France DREES — divorces, ruptures de PACS et unions libres confondus. Environ 379 000 enfants mineurs expérimentent chaque année la rupture de l'union des adultes qui en ont la charge. DREES Ce ne sont pas des chiffres abstraits. Derrière chaque séparation, il y a presque toujours une période où quelque chose aurait pu être tenté — et ne l'a pas été.

« Les couples attendent en moyenne six ans avant de consulter un thérapeute. Six ans. Deux mille cent quatre-vingt-dix jours avant d'appeler les secours. » — John Gottman, fondateur du Gottman Institute, à partir de l'observation de plus de 3 500 couples sur 45 ans.

Six ans de problèmes enkystés, de rancœurs accumulées, de distance qui s'est installée si doucement qu'on a fini par la confondre avec la normalité. Et quand on arrive enfin en thérapie de couple, on arrive souvent épuisé, méfiant, et convaincu que c'est l'autre qui doit changer.

Quand la thérapie tourne en rond

Toute thérapie de couple traverse des phases de résistance.

Il serait naïf de croire que le simple fait de s'asseoir ensemble dans un cabinet suffit à dénouer ce qui a mis des années à se nouer.

Mais il y a une résistance ordinaire, celle qui fait partie du travail, et il y a quelque chose de plus figé — une stagnation qui s'installe, dans laquelle les séances deviennent une répétition à peine déguisée des scènes qui se jouent à la maison. On rejoue devant le psychothérapeute ce qu'on rejoue chez soi, avec la conviction implicite que cette fois-ci, peut-être, le verdict tombera en notre faveur.

Ce qui se joue dans ces moments de stagnation est cliniquement très riche. On y voit à l'œuvre la logique du couple comme système : chacun attend que l'autre change en premier, chacun se positionne comme celui qui a déjà fait des efforts, qui a déjà cédé, qui a déjà souffert. La comptabilité affective tourne à plein régime. Et le psychothérapeute, s'il n'y prend garde, risque d'être aspiré dans cette dynamique — interpellé comme arbitre, sommé de trancher, de valider, de cautionner.

C'est dans cet espace de stagnation que la question devrait pouvoir naître — non pas comme sentence, mais comme retournement du regard. Tant qu'elle ne se pose pas, ou qu'elle se pose uniquement à l'endroit de l'autre, la thérapie reste suspendue à un mouvement qui ne vient pas. Et si ce mouvement, justement, ne peut venir que de soi ?

La tentation de l'attente

Il ne suffit pas d'être là comme un corps chaud dans la pièce.

Il existe dans la dynamique conjugale un phénomène qu'on pourrait appeler la grève du premier pas.

Chacun reconnaît — parfois — qu'il a sa part de responsabilité dans ce qui ne va pas.

Mais chacun attend que l'autre commence. Cette attente n'est pas de la mauvaise volonté ; elle est souvent sincère, et s'appuie sur une logique qui a sa cohérence interne : « J'ai déjà fait des efforts qui n'ont pas été reconnus. Si je refais le premier pas sans que rien ait changé de son côté, je me retrouve à nouveau exposé, à nouveau vulnérable, sans garantie que ça servira à quelque chose. »

Cette logique est compréhensible. Elle est même, d'une certaine manière, protectrice. Mais elle est aussi, dans le contexte d'une thérapie de couple qui n'avance plus, profondément paralysante. Car l'autre tient exactement le même raisonnement. Et pendant ce temps, la relation s'érode — non pas dans des conflits spectaculaires, mais dans cette usure silencieuse de deux personnes qui gardent leurs distances en attendant un signal qui ne vient pas.

Ce que la thérapie peut faire dans ces moments-là — ce qu'elle devrait faire — c'est nommer cette dynamique sans désigner de coupable. Dire simplement : nous sommes dans une impasse. Et une impasse, par définition, ne se résout pas en attendant que l'autre recule. Elle se résout quand quelqu'un accepte de regarder sa propre façon d'y tenir.

Ce que la question dérange réellement

« Ai-je fait tout ce que j'aurais dû ? » — dans le contexte d'une psychothérapie en cours, cette question a une résistance particulière.

Elle dérange parce qu'elle suppose de lâcher, provisoirement, le dossier à charge qu'on a constitué contre l'autre.

De suspendre le récit bien rodé de ce qu'on a subi, de ce qu'on a tenté, de ce qui n'a pas été reconnu. Et de se demander honnêtement : dans tout ce que j'ai mis en œuvre, est-ce que j'ai mis en œuvre ce qui compte vraiment pour l'autre — ou ce qui compte pour moi ?

C'est là que la question devient véritablement féconde. Car l'un des malentendus les plus fréquents dans les couples en difficulté est l'asymétrie des langages affectifs. On peut être sincèrement convaincu d'avoir fait des efforts considérables — et les avoir faits dans des registres que l'autre ne reçoit pas comme des signes d'amour. On peut avoir multiplié les gestes pratiques en croyant montrer de la présence, quand l'autre attendait des mots. Avoir dit des mots en croyant rassurer, quand l'autre avait besoin de silence et de proximité physique.

Les efforts, oui. Mais adressés à qui ?

La thérapie de couple est, entre autres choses, un travail de traduction. Elle essaie de rendre audible ce que chacun émet sur des fréquences que l'autre ne capte plus — ou n'a peut-être jamais vraiment captées. Et pour que cette traduction soit possible, il faut que chacun accepte de ne pas être seulement l'émetteur lésé, mais aussi le récepteur insuffisant. Ce déplacement-là est souvent le moment où quelque chose commence à bouger.

C'est là qu'une deuxième question peut surgir, plus concrète et parfois plus dérangeante encore : « Qu'est-ce que je fais — ou ne fais pas — qui nourrit et renforce ce qui ne va pas ? » Non plus le bilan des efforts consentis, mais le regard posé sur sa propre contribution active au problème. Ce qu'on fait quand l'autre parle et qu'on n'entend plus vraiment. Ce qu'on a cessé de faire, sans l'avoir décidé. Ce petit retrait, ce silence de trop, cette phrase qui coupe court — ces gestes devenus automatiques qui reconstruisent exactement ce qu'on prétend vouloir défaire. La co-construction d'une impasse n'est jamais que l'affaire de l'autre.

La part aveugle de nos efforts

Même les meilleurs mariages peuvent traverser des années terribles.

Trois couples sur quatre qui s'engagent en thérapie constatent une amélioration réelle de leur relation et beaucoup témoignent qu'après avoir traversé la crise, ils se sont sentis plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été. Mais ce chiffre cache une réalité moins confortable : l'efficacité de la thérapie dépend moins de la technique du thérapeute que de la capacité de chacun à regarder sa propre part.

Il y a quelque chose de douloureux à découvrir que les efforts qu'on a fournis n'ont pas été les bons — ou pas les bons au bon moment, ou pas dans la bonne forme. Cette découverte peut d'abord ressembler à une injustice supplémentaire : j'ai fait des efforts, et en plus ce n'était pas les bons ? Mais si on accepte de rester dans cet inconfort un peu plus longtemps, quelque chose se dessine : pourquoi ai-je fait ces efforts-là, et pas d'autres ? Qu'est-ce que j'aurais eu à affronter si j'avais essayé autrement ?

Ce qu'on évite de faire dans une relation — même en psychothérapie, même avec la meilleure volonté déclarée — dit souvent quelque chose de précieux sur ce qui nous est difficile, sur ce que notre propre histoire nous a rendu coûteux. Certains ne savent pas demander pardon parce qu'ils ont grandi dans des milieux où reconnaître une faute équivalait à perdre sa place. D'autres ne savent pas recevoir la tendresse sans se raidir, parce que la tendresse a toujours été, dans leur histoire, précédée ou suivie d'une déception. D'autres encore ne savent pas exprimer leur vulnérabilité parce qu'ils ont appris très tôt qu'elle serait utilisée contre eux.

Ces impossibilités-là ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des cicatrices qui parlent.

Et la thérapie — qu'elle soit de couple ou individuelle, menée en parallèle — est l'un des rares espaces où ces cicatrices peuvent être nommées sans que l'autre en fasse immédiatement une arme. C'est pourquoi la question « ai-je fait tout ce que j'aurais dû ? » est parfois inséparable d'une autre, plus douce et plus difficile à la fois : « ai-je pu faire tout ce que j'aurais voulu — et si non, pourquoi ? »

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Ce n'est pas une question symétrique

Les échecs font partie du processus. Mais ils font souffrir.

John Gottman a identifié quatre comportements qu'il nomme les « quatre cavaliers de l'Apocalypse » — la critique, le mépris, l'attitude défensive et le retrait — capables à eux seuls de prédire la rupture avec une précision troublante. Ce qui frappe dans ce modèle, c'est que ces comportements ne sont pas des défaillances de caractère : ce sont des réponses, souvent automatiques, à une douleur relationnelle non traitée. Des façons de se protéger qui finissent par faire exactement ce qu'on voulait éviter.

Une précision s'impose ici, cliniquement nécessaire : se poser la question « ai-je fait tout ce que j'aurais dû ? » ne signifie pas que les deux partenaires ont des parts égales dans ce qui ne fonctionne pas. L'équité psychique n'est pas la symétrie des responsabilités. Il existe des situations où l'un des deux a largement plus contribué à la dégradation de la relation — par des comportements blessants, par une absence chronique, par une violence qui peut être subtile mais bien réelle.

Dans ces cas-là, demander à la personne qui souffre de se questionner sur ce qu'elle aurait dû faire serait une forme de violence supplémentaire.

Ce que la psychothérapie de couple explore avec soin, c'est la différence entre la co-construction d'une dynamique difficile — où chacun a effectivement sa part — et les situations où cette notion de co-construction est instrumentalisée pour diluer des responsabilités très inégalement réparties. La question ne s'adresse donc pas de la même façon aux deux. Elle s'adresse à chacun selon ce qu'il peut entendre, à quel moment du travail thérapeutique, et avec quel étayage. Ce n'est pas une injonction. C'est une invitation — faite au bon moment, avec soin — à se regarder honnêtement dans une zone où la complaisance et l'auto-accusation sont toutes deux des écrans.

Le moment où quelque chose bascule

Il arrive, dans certaines thérapies de couple qui semblaient figées, qu'une séance change de texture.

Pas nécessairement parce qu'une révélation a eu lieu, pas nécessairement parce qu'une réconciliation est en vue.

Mais parce que l'un des deux — parfois les deux, dans un même mouvement — a accepté de se retourner vers lui-même avec une question sincère plutôt que de continuer à tenir le dossier de l'autre.

Ce moment est souvent précédé d'un épuisement. L'épuisement de maintenir la position, de surveiller l'autre, de comptabiliser. Il y a un seuil au-delà duquel cette vigilance coûte plus qu'elle ne protège. Et c'est souvent à ce seuil-là — pas avant — que la question peut vraiment se poser, parce que c'est là qu'on n'a plus l'énergie de la repousser vers l'autre.

Quand ce moment arrive en séance, il est reconnaissable. Il y a un changement dans le ton, une légère suspension du discours habituel. Quelqu'un cesse, le temps d'une phrase, de plaider sa cause. Et dans cet espace — bref, fragile, précieux — quelque chose d'autre devient possible. Pas forcément la réconciliation. Parfois simplement la vérité : cette relation a eu des ratés qui m'appartiennent, que je peux regarder sans m'effondrer, et que regarder ne m'oblige pas à rester ni à partir — mais à être un peu plus lucide sur ce que je veux et sur ce que je suis capable de donner.

Non comme accusation, mais comme levier

La thérapie de couple qui n'avance plus n'est pas nécessairement une thérapie qui a échoué.

Elle est souvent une thérapie qui attend. Qui attend que quelqu'un pose une question différente — non plus « pourquoi l'autre ne change-t-il pas ? » mais « qu'est-ce que moi je n'ai pas encore vraiment tenté ? »

« Ai-je fait tout ce que j'aurais dû ? » n'est pas une question pour se flageller. Elle n'est pas non plus une question rhétorique destinée à se rassurer. C'est une question de travail — peut-être la plus honnête qu'on puisse se poser quand la relation souffre et que la thérapie piétine. Elle suppose une honnêteté qui n'est possible que dans un espace suffisamment sécurisant pour que la réponse — quelle qu'elle soit — ne soit ni une condamnation ni une absolution, mais simplement un appui. Quelque chose depuis lequel on peut recommencer à se mouvoir.

Ce n'est pas toujours suffisant pour sauver une relation. Mais c'est presque toujours suffisant pour ne pas en sortir — que ce soit de la thérapie ou de la relation elle-même — dans le même état qu'on y est entré.

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FAQ — Thérapie de couple : les questions les plus posées

Pourquoi la thérapie de couple tourne-t-elle en rond ?

C'est l'une des situations les plus courantes et les moins nommées dans le cadre de la thérapie :

les séances ont lieu, les deux partenaires sont présents, et pourtant rien ne bouge. La raison est souvent la même — chacun attend que l'autre change en premier. Cette dynamique, qu'on pourrait appeler la grève du premier pas, est compréhensible : on a déjà fait des efforts, on a déjà souffert, on ne veut pas s'exposer à nouveau sans garantie. Mais tant que les deux partenaires restent dans cette posture d'attente, le travail psychothérapeutique reste suspendu. Le premier déplacement nécessaire est souvent de retourner la question vers soi plutôt que vers l'autre.

Est-ce normal de souffrir pendant une thérapie de couple ?

Non seulement c'est normal — c'est parfois le signe que le travail est en train de toucher quelque chose de réel.

Une séance difficile, une parole qui rouvre une vieille blessure psychique, un silence qui pèse — tout cela fait partie du processus thérapeutique. La souffrance dans le cadre de la thérapie n'est pas un dysfonctionnement. Elle signale souvent qu'on a quitté la surface des conflits répétés pour atteindre quelque chose de plus profond. Ce qui est douloureux à traverser ensemble peut devenir, avec le temps, ce qui soude davantage que tout ce qui était facile.

Comment savoir si je fais vraiment ma part dans la thérapie de couple ?

C'est précisément la question que cet article invite à se poser — et elle est plus difficile qu'il n'y paraît.

Faire sa part ne se mesure pas au nombre d'efforts consentis, mais à leur nature. On peut multiplier les gestes sans jamais adresser ce qui compte vraiment pour l'autre. Une façon concrète de se l'interroger : qu'est-ce que je fais, ou ne fais pas, qui nourrit ce qui ne va pas ? Ce petit retrait au moment où l'autre s'ouvre, ce soupir qui coupe court, cette façon de répondre avant d'avoir vraiment écouté — ces comportements automatiques, souvent inconscients, reconstruisent exactement ce qu'on prétend vouloir défaire. Les voir, c'est déjà commencer à travailler.

Peut-on entamer une thérapie de couple quand on n'est plus sûr de vouloir rester ?

Oui — et c'est même l'une des situations où elle peut être la plus utile.

L'ambivalence n'est pas un obstacle à entreprendre une thérapie, c'est souvent le cœur même de ce qu'il faut explorer. Un praticien formé au travail avec les couples n'a pas pour mission de décider à la place des partenaires. Il crée un espace où chacun peut clarifier ce qu'il ressent vraiment, ce qu'il veut, ce qu'il est capable de donner. Parfois, ce travail débouche sur une réconciliation. Parfois sur une séparation plus consciente, moins destructrice. Dans les deux cas, on ne repart pas dans le même état qu'à l'arrivée.

Pourquoi est-ce si difficile de se demander honnêtement ce qu'on aurait pu faire autrement ?

Parce que cette question suppose de lâcher, même provisoirement, le récit de ce qu'on a subi.

Or ce récit nous protège. Il nous donne une place claire — celle de celui qui a fait des efforts, qui a essayé, qui n'a pas été reconnu. Y renoncer, même le temps d'un regard honnête sur sa propre part, c'est accepter de ne plus avoir tout à fait raison. C'est aussi risquer de découvrir que certaines de nos impossibilités relationnelles viennent de loin — de notre histoire, de nos attachements précoces, de ce que notre propre psyché a rendu coûteux. Ce n'est pas une raison de ne pas le faire. C'est une raison de le faire dans un espace suffisamment sécurisant pour que la réponse ne soit pas une condamnation.

Qu'est-ce que la thérapie de couple peut apporter quand les efforts semblent ne servir à rien ?

Elle peut d'abord aider à comprendre pourquoi les efforts fournis n'ont pas atteint leur cible — et c'est déjà considérable.

L'asymétrie des langages affectifs est l'une des sources les plus fréquentes d'épuisement dans les couples en difficulté : on donne dans un registre que l'autre ne reçoit pas comme de l'amour. La thérapie fait ce travail de traduction — elle rend audible ce que chacun émet sur des fréquences que l'autre ne capte plus. Elle permet aussi de nommer les impossibilités de chacun sans qu'elles deviennent immédiatement des armes. Et parfois, c'est précisément à partir de ce moment — quand on cesse de comptabiliser et qu'on commence à comprendre — que quelque chose se remet à bouger.

Comment savoir si ma thérapie de couple a une chance d'aboutir ?

L'un des meilleurs indicateurs n'est pas la gravité des conflits, ni même la durée des difficultés — c'est la capacité de chacun à se retourner vers lui-même avec une question sincère plutôt que de rester dans l'attente que l'autre change.

Les couples qui traversent avec succès les phases de stagnation thérapeutique sont rarement ceux qui souffraient le moins. Ce sont ceux qui ont accepté, à un moment ou à un autre, de regarder leur propre part — non par masochisme, non pour s'absoudre, mais parce qu'ils ont compris que la co-construction d'une impasse n'est jamais que l'affaire de l'autre.

Est-ce que la thérapie de couple, c'est pour les couples qui vont vraiment mal ?

Pas uniquement.

Si beaucoup de couples décident d'entamer une thérapie en situation de crise, il est souvent plus efficace de commencer une thérapie avant que les conflits ne soient enkystés. Voir un thérapeute de couple peut aussi être une démarche préventive — apprendre à mieux communiquer, traverser une transition difficile (naissance, deuil, recomposition familiale), ou simplement consolider ce qui existe déjà. Le mal-être dans un couple n'a pas besoin d'atteindre un seuil critique pour justifier une aide psychologique.

Quelles sont les différentes approches thérapeutiques en thérapie de couple ?

Il en existe plusieurs, aux philosophies distinctes.

L'approche systémique considère le couple comme un système dont chaque membre influence l'autre — elle s'intéresse aux dynamiques relationnelles plutôt qu'aux individus isolément. L'approche comportementale travaille sur les patterns de communication et les comportements concrets qui entretiennent le conflit. L'approche psychanalytique ou analytique explore les dimensions inconscientes de la relation — ce que chacun rejoue de son histoire, de ses attachements précoces, de ses blessures psychiques non élaborées. L'approche humaniste, dont la Gestalt, met l'accent sur l'expérience présente et la responsabilité de chacun dans la relation. La thérapie brève, parfois éricksonienne, cherche des solutions rapides et ciblées. Beaucoup de thérapeutes adoptent aujourd'hui une approche intégrative, combinant plusieurs de ces outils selon les besoins du couple.

Combien de temps dure une thérapie de couple ?

Cela dépend de l'approche thérapeutique, de la nature des difficultés et de l'engagement des deux partenaires.

Une thérapie brève peut se dérouler sur dix à quinze séances. Un travail plus en profondeur — notamment lorsqu'il s'agit d'explorer des dimensions inconscientes ou des souffrances d'origine traumatique — peut s'étendre sur plusieurs mois, voire davantage. Il n'existe pas de cadre de la thérapie universel : le rythme et la durée se construisent avec le praticien, en fonction de ce qui émerge au fil du travail psychothérapeutique.

Est-ce qu'on peut suivre une thérapie de couple si l'un des deux ne veut pas vraiment y être ?

C'est l'une des situations les plus fréquentes et les plus délicates.

L'un des partenaires a souvent demandé pendant des mois, voire des années, avant que l'autre accepte d'entreprendre une thérapie. Cette ambivalence est elle-même un matériau de travail précieux : elle dit quelque chose sur les résistances de chacun, sur la peur de ce qui pourrait être découvert, sur le rapport de chacun à la vulnérabilité psychologique. Un bon thérapeute saura accueillir cette réticence sans la forcer — et parfois, c'est précisément dans cet espace que quelque chose commence à se dénouer.

La thérapie de couple peut-elle aider même si la séparation semble inévitable ?

Oui.

L'objectif d'une thérapie de couple n'est pas nécessairement de sauver la relation. Il peut s'agir de comprendre ce qui s'est passé, de traverser une séparation avec moins de violence psychique, ou de préserver la relation parentale quand des enfants sont en jeu. Faire une thérapie dans ce contexte permet souvent de ne pas répéter les mêmes dynamiques dans une relation future — en identifiant ce que chacun a contribué à construire, consciemment ou non. Les souffrances vécues dans un couple méritent d'être élaborées, pas seulement subies.

Quelle différence entre une thérapie de couple et une approche familiale ?

La thérapie de couple se concentre sur la relation entre les deux partenaires.

L'approche familiale — ou thérapie familiale systémique — élargit le cadre pour inclure d'autres membres du système familial, notamment les enfants ou les relations intergénérationnelles. Les deux peuvent se compléter : parfois, ce qui se joue dans le couple ne peut être compris qu'en tenant compte de ce qui se transmet d'une génération à l'autre, des loyautés familiales, des traumatismes non élaborés qui continuent d'agir à l'insu des partenaires. Un praticien formé à l'approche familiale systémique sera particulièrement attentif à ces dimensions.

Comment choisir le bon thérapeute de couple ?

Plusieurs critères entrent en jeu : la formation spécifique aux psychothérapies de couple, l'approche thérapeutique (systémique, psychanalytique, intégrative, comportementale…), et le sentiment de sécurité que chacun des deux partenaires ressent dès les premières séances.

Le cadre de la thérapie doit être suffisamment sécurisant pour que chacun puisse dire ce qu'il n'ose pas dire ailleurs. Il est tout à fait légitime de rencontrer plusieurs praticiens avant de s'engager dans un suivi — et de changer de thérapeute si quelque chose ne convient pas. La qualité de l'alliance thérapeutique est l'un des meilleurs prédicteurs de l'efficacité du travail psychothérapeutique.

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
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Psychanalyse, thérapies brèves, hypnose, supervision et coaching.

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