Comment remotiver quelqu'un sans perdre soi-même la volonté de vivre ?
13/2/2026

Comment motiver les gens démotivés (sans perdre soi-même la volonté de vivre) ?

Ou l'art délicat de ranimer une flamme qui a décidé, en toute conscience, de s'éteindre. Il y a des défis nobles dans la vie. Gravir l'Everest. Apprendre le violon à quarante ans. Comprendre une facture de téléphone. Mais aucun — absolument aucun — n'égale en difficulté la tentative de motiver quelqu'un qui ne veut pas l'être. Car la personne démotivée n'est pas simplement « en panne ». Non. Elle a atteint un état de sagesse horizontale. Elle a compris quelque chose que vous, avec votre enthousiasme suspect, n'avez pas encore saisi. Et elle vous regarde avec la bienveillance légèrement condescendante d'un chat observant un chien rapporter une balle pour la quarantième fois.

Table des matières

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Commençons par ce qui ne marche pas — autant gagner du temps.

La première tentation, c'est la citation motivationnelle.

Vous savez, ces phrases en lettres dorées sur fond de coucher de soleil : « Chaque jour est une nouvelle chance », « Crois en toi », « Le succès commence par un premier pas ».

Le problème, c'est que la personne démotivée a déjà fait un premier pas. Vers le canapé. Et franchement, ce premier pas était remarquablement réussi. Pourquoi gâcher une si belle trajectoire ?

Lui envoyer une citation de ce type produit généralement l'un des effets suivants : un silence radio de trois jours, un emoji pouce en l'air d'une ironie glaçante, ou un « merci, je suis guéri(e) » qui devrait figurer dans le dictionnaire à l'entrée « sarcasme ».

Le discours de vestiaire

Deuxième stratégie vouée à l'échec : le speech à la mi-temps.

Vous débarquez, les yeux brillants, et vous lancez un vibrant « ALLEZ, ON SE BOUGE ! Tu es capable de TOUT ! Le monde t'ATTEND ! »

La personne démotivée vous écoute poliment. Elle hoche la tête. Elle attend que vous ayez fini. Puis elle vous demande si vous pouvez lui passer la télécommande, parce que vous êtes assis dessus.

Ce qui est fascinant, c'est que plus vous mettez d'énergie dans votre discours, plus la personne s'enfonce dans le canapé. C'est un phénomène physique encore mal compris : pour chaque décibel d'enthousiasme que vous produisez, elle gagne un centimètre d'enfoncement dans les coussins. Newton aurait adoré.

Alors, qu'est-ce qui marche ?

Voici le secret que personne ne veut entendre : rien ne marche systématiquement. Voilà. Article terminé. Merci d'être venus.

(Je plaisante. Enfin, à moitié. La vraie leçon, c'est qu'il n'existe pas de formule magique universelle — mais ça ne veut pas dire qu'il n'existe rien du tout. Bien au contraire.)

Vous voulez quand même des pistes ? Tant mieux, parce que j'en ai. Mais gardez à l'esprit que motiver quelqu'un, c'est un peu comme essayer de pousser une corde : il faut accepter que la force doit venir de l'autre côté.

1. Commencez par la rejoindre là où elle est

Plutôt que de hurler depuis le sommet de la montagne « VIENS C'EST GÉNIAL LÀ-HAUT ! », descendez vous asseoir à côté d'elle. Dites quelque chose de radical, du genre : « C'est dur en ce moment, hein ? »

Neuf fois sur dix, la personne vous regardera avec des yeux ronds, parce que personne ne lui avait encore posé la question. Tout le monde était trop occupé à lui expliquer pourquoi elle ne devrait pas se sentir comme ça.

2. Oubliez les grands objectifs, visez le ridicule

« Refais ta vie » est paralysant. « Lève-toi et ouvre les volets » est faisable.

On ne motive pas quelqu'un en lui montrant le sommet. On le motive en lui montrant le prochain pas — et en s'assurant que ce pas est si petit qu'il serait presque plus fatigant de ne pas le faire.

« Tu pourrais juste mettre tes chaussures ? Pas besoin de sortir. Juste les chaussures. »

C'est idiot ? Oui. Ça marche ? Parfois mieux que trois heures de discours inspirant.

3. Arrêtez d'être positif (oui, vous avez bien lu)

Les gens démotivés n'ont pas besoin qu'on leur dise que tout va bien.

Ils ont besoin qu'on reconnaisse que certaines choses sont effectivement nulles. Rien de plus motivant qu'un « oui, ton chef est objectivement insupportable » pour ensuite glisser un « du coup, qu'est-ce que tu veux faire avec ça ? »

La validation précède la motivation. Toujours. C'est comme les apéritifs et le dîner : essayez d'inverser l'ordre et tout le monde est mal à l'aise.

4. Utilisez le pouvoir secret de l'ennui

Méthode avancée.

Plutôt que de stimuler la personne, supprimez toute stimulation. Plus de Netflix, plus de scrolling, plus rien. L'ennui est le moteur de motivation le plus puissant jamais inventé par l'humanité. Personne — personne — ne reste indéfiniment à fixer un plafond blanc. Au bout d'un moment, même ranger ses chaussettes devient une aventure palpitante.

(Attention : cette méthode est à manier avec précaution et beaucoup de discernement. L'ennui qui motive et l'ennui qui engloutit ne sont pas les mêmes.)

Le mot de la fin (motivant, promis)

La vérité, c'est que derrière chaque personne démotivée se cache quelqu'un qui a été, à un moment donné, tellement motivé que la déception l'a rattrapé. On ne se démotive pas quand on s'en fiche.

On se démotive quand on s'en est trop soucié.

Alors plutôt que de tirer les gens vers le haut, commençons par nous asseoir à côté d'eux. Le canapé est assez grand pour deux. Et souvent, c'est de là que repartent les plus beaux élans.

Mais pas tout de suite. D'abord, passez-moi la télécommande !

Et si la démotivation s'installe vraiment — si elle dure, si elle pèse, si elle colore tout en gris — en parler avec un professionnel n'est pas un aveu de faiblesse. C'est même le premier pas le plus intelligent qu'on puisse faire.

Et vous, quelle est votre technique infaillible pour (ne pas) motiver votre entourage ? Les commentaires sont ouverts — si vous trouvez la motivation de les rédiger.

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Questions fréquentes sur la démotivation

Quels sont les signes d'une personne démotivée ?

La démotivation ne s'annonce pas toujours avec fracas.

Elle avance souvent masquée, à travers des signaux discrets : un repli progressif, une fatigue qui ne passe plus, une irritabilité inhabituelle, ou cette impression diffuse que plus rien n'a de saveur. Sur le plan émotionnel, on observe parfois une forme d'indifférence — comme si le monde tournait derrière une vitre. Quand ces signes psychologiques s'installent dans la durée et s'accompagnent de troubles du sommeil, de difficultés de concentration ou d'un mal-être persistant, il ne s'agit plus d'un simple coup de mou. C'est le signal que quelque chose de plus profond demande à être entendu.

Pourquoi je n'arrive pas à me motiver malgré ma volonté ?

Parce que la motivation n'est pas un acte de volonté — c'est un état psychique.

On peut vouloir très fort avancer et rester cloué sur place, exactement comme on peut vouloir dormir et fixer le plafond jusqu'à trois heures du matin. La volonté et la motivation empruntent des circuits différents. Souvent, ce blocage cache une peur (de l'échec, du jugement, du changement), une fatigue émotionnelle accumulée, ou une perte de sens plus profonde. Ce n'est pas un défaut de caractère. C'est parfois le signe que le psychisme protège quelque chose qu'un accompagnement thérapeutique peut aider à identifier — en douceur, et sans forcer.

Quelle est la différence entre démotivation et dépression ?

La frontière est parfois floue, et c'est justement pour cela qu'il est important de ne pas la minimiser.

La démotivation est souvent circonstancielle : elle est liée à un contexte précis (un travail qui ne convient plus, une relation épuisante, un objectif qui a perdu son sens). La dépression, elle, est un trouble psychologique plus global qui colore l'ensemble de la vie — humeur, énergie, estime de soi, appétit, sommeil — et qui nécessite une prise en charge adaptée. Un psychologue ou un psychiatre peut poser un diagnostic et orienter vers les approches thérapeutiques les plus appropriées. Un praticien formé saura distinguer ce qui relève d'un passage difficile de ce qui appelle un soin plus structuré.

Comment aider quelqu'un de démotivé sans le braquer ?

C'est tout l'art de l'accompagnement — et c'est d'ailleurs ce que tout bon thérapeute apprend en premier : on ne tire pas quelqu'un vers le haut, on va le rejoindre là où il est.

Concrètement, cela signifie écouter sans chercher à résoudre immédiatement, valider ce que la personne ressent plutôt que de le minimiser, et proposer sans imposer. Évitez les « secoue-toi » et les « il suffit de vouloir » — ces injonctions produisent l'effet inverse. Une approche plus humaniste, centrée sur l'empathie et le respect du rythme de l'autre, a bien plus de chances de desserrer le nœud. Et parfois, la chose la plus aidante qu'on puisse faire, c'est simplement de dire : « Je suis là. »

La démotivation peut-elle avoir des causes physiques ?

Absolument.

Le corps et l'esprit ne fonctionnent pas en vases clos. Une carence en fer ou en vitamine D, un dérèglement thyroïdien, un manque de sommeil chronique, ou même certains traitements médicamenteux peuvent provoquer une fatigue profonde et une perte d'élan qui ressemblent trait pour trait à une démotivation psychique. C'est pourquoi un bilan médical est parfois un excellent point de départ. Les souffrances du corps et celles de l'esprit se nourrissent mutuellement — une approche intégrative, qui tient compte de la personne dans sa globalité, permet souvent de démêler ce qui relève du somatique et ce qui appelle un travail plus psychothérapeutique.

Est-ce qu'une thérapie peut aider à retrouver la motivation ?

Oui, et de plusieurs manières.

Non pas en vous « remontant le moral » — ce n'est pas le rôle d'un thérapeute — mais en vous aidant à comprendre ce qui bloque en profondeur. Selon la situation, différentes psychothérapies peuvent être mobilisées : une approche psychanalytique pour explorer les racines inconscientes de cette perte d'élan, une thérapie brève ou comportementale (TCC) pour travailler sur les schémas de pensée qui entretiennent le blocage, ou encore une thérapie systémique si la démotivation s'inscrit dans une dynamique familiale ou relationnelle. L'essentiel, c'est de trouver le praticien et l'approche thérapeutique qui vous correspondent — car ce qui remotivera l'un n'aura aucun effet sur l'autre. Et c'est bien normal.

Démotivation au travail : quand faut-il s'inquiéter ?

Quand elle dure.

Quand elle déborde sur le reste de la vie. Quand le dimanche soir devient un moment de souffrances anticipées. Quand on commence à douter non plus seulement de son travail, mais de soi-même. La démotivation professionnelle prolongée est un facteur de risque sérieux pour l'équilibre psychique : elle peut glisser vers un burn-out, un bore-out, ou un état dépressif. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, il n'est pas trop tôt pour consulter — un psychologue, un psychothérapeute, un praticien formé à ces problématiques saura vous aider à clarifier ce qui se joue et à retrouver un chemin qui fait sens. L'ici et maintenant est parfois le seul endroit d'où l'on peut repartir.

Démotivation ou anxiété : comment faire la différence ?

C'est une question plus subtile qu'il n'y paraît, car les deux se chevauchent souvent.

Un état anxieux chronique peut vider littéralement l'énergie disponible : à force de tout anticiper, de tout redouter, le psychisme finit par disjoncter — et ce qui ressemble à de la démotivation est en réalité un épuisement nerveux. Inversement, une démotivation prolongée peut générer de l'anxiété, notamment la peur de ne « jamais s'en sortir ». Les troubles du comportement qui accompagnent ces états (évitement, procrastination, irritabilité, repli) se ressemblent beaucoup vus de l'extérieur. Seul un clinicien formé — psychanalyste, psychologue et psychothérapeute, ou psychiatre — peut démêler ce qui relève d'un trouble anxieux, d'un symptôme dépressif, ou d'une perte de sens plus existentielle. Et cette distinction change tout dans l'orientation du soin.

Peut-on être démotivé à cause d'un traumatisme passé ?

Oui, et c'est bien plus fréquent qu'on ne le croit.

Un événement traumatique — qu'il soit brutal ou répété, récent ou ancien — peut laisser des traces profondes sur la capacité à se projeter, à désirer, à s'engager. Le stress post-traumatique ne se manifeste pas toujours par des flashbacks spectaculaires : il peut prendre la forme discrète d'un engourdissement émotionnel, d'un sentiment d'irréalité, ou d'une démotivation qui semble inexplicable. Le psychisme, pour se protéger, met parfois la vie en sourdine. C'est un mécanisme de survie, pas une faiblesse. Des approches psychothérapeutiques spécialisées — comme l'EMDR, l'hypnose ericksonienne, ou certaines formes de thérapie neuro-émotionnelle — permettent de travailler sur ces traces sans retraumatiser, et de retrouver progressivement un élan que le trauma avait gelé.

Quelles formes de thérapie sont efficaces contre la démotivation ?

Il n'existe pas d'approche unique, et c'est plutôt une bonne nouvelle : cela signifie qu'il y a plusieurs portes d'entrée possibles.

Parmi les formes de thérapie les plus mobilisées face à la démotivation, on trouve la thérapie comportementale et cognitive (TCC), particulièrement utile pour déconstruire les schémas de pensée qui entretiennent l'inaction ; les approches psychanalytiques ou analytiques, qui explorent les racines profondes et souvent inconscientes du blocage ; la Gestalt, centrée sur le vécu dans l'ici et maintenant ; l'analyse transactionnelle, qui éclaire les jeux relationnels dans lesquels on s'enferme ; ou encore les approches systémiques, précieuses quand la démotivation s'inscrit dans une dynamique familiale ou de couple. Certains psychothérapeutes travaillent aussi en intégrant l'hypnose ericksonienne pour mobiliser les ressources intérieures de façon plus créative. L'important, c'est que l'approche fasse sens pour vous.

Comment savoir si j'ai besoin d'une thérapie ou juste d'un coup de pouce ?

Bonne question — et le simple fait de se la poser est déjà un signe d'intelligence psycho-émotionnelle.

Voici un repère simple : si la démotivation est passagère, liée à un événement identifiable, et que vous sentez que vos ressources habituelles (repos, entourage, changement de rythme) suffisent à vous relancer, un coup de pouce peut suffire. En revanche, si le mal-être persiste au-delà de quelques semaines, si vous commencez à éviter des situations, si la perte d'élan s'accompagne de phobies, de troubles du sommeil ou d'un sentiment de vide relationnel, c'est probablement le signe que quelque chose de plus profond demande à être exploré. Avoir commencé une thérapie n'est pas un aveu d'échec — c'est le début d'un chemin de guérison. Et non, guérir ne veut pas dire « redevenir comme avant ». Cela veut dire devenir quelqu'un qui sait quoi faire de ce qu'il a traversé.

La démotivation peut-elle cacher des troubles psychiques plus profonds ?

Oui, et c'est l'une des raisons pour lesquelles il ne faut pas la banaliser.

La démotivation peut être le symptôme visible d'un trouble plus enfoui : un épisode dépressif, un trouble anxieux généralisé, un burn-out en cours d'installation, un stress post-traumatique non traité, voire des troubles mentaux qui n'ont jamais été diagnostiqués. Ce n'est pas pour alarmer — c'est pour rappeler que derrière un « je n'ai envie de rien » se cache parfois une souffrance psychique qui mérite d'être accueillie par des thérapeutes formés. Les psychiatres et les psychothérapeutes spécialisés en psychopathologie sont les mieux placés pour évaluer ce qui se joue en profondeur et proposer des approches comportementales, relationnelles ou médicamenteuses adaptées. Prendre soin de sa santé mentale, c'est exactement aussi sérieux — et aussi légitime — que prendre soin de son corps.

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
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Psychanalyse, hypnose, coaching, supervision et thérapies brèves.

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